COVID-19, quelles leçons à tirer pour le futur ?

30 Avr 2020

L’apparition de la pandémie du COVID-19, cette tragédie soudaine, nous a dévoilé l’impact de notre monde consumériste sur le climat. En effet, l’arrêt des activités industrielles engendré par la crise sanitaire a diminué temporairement les émissions de CO2, car la plupart des entreprises polluantes se sont retrouvées en suspens. Cet épisode que nous vivons est dramatique pour l’ensemble de l’humanité. Cependant, nous pouvons d’ores et déjà en tirer un enseignement pour penser notre monde d’après, quand la vie active reprendra.

La crise sanitaire engendrée par le COVID-19 est monstrueuse et nous amène à nous demander si l’humain est responsable de cette propagation aussi rapide. Quand cette maladie a été découverte en Chine, elle s‘est très vite répandue dans l’entièreté de notre monde. Ceci est dû à l’utilisation massive de moyen de transports peu écologiques tels que les avions qui voyagent à travers le globe. La mondialisation, impliquant de nombreux transports, nuit sensiblement à l’environnement et pousse à une consommation démesurée. De plus, les conditions de vie des ouvriers chinois sont déplorables notamment à cause d’un salaire faible et d’un traitement inacceptable de la part des chefs d’usine qui font cela uniquement dans le but d’assurer les meilleurs bénéfices à leurs entreprises, comme le montre une vidéo, diffusée sur france 2. Les entrepreneurs le savent et s’implantent donc en Chine, ce qui leur permet de payer les salariés le moins possible, mêmes si cela est néfaste pour l’environnement. D’autre part, le matériel nécessaire pour lutter contre la maladie, comme des tests de dépistage et des masques, est insuffisant dû à la centralisation des activités en Chine. Afin de développer l’autonomie de notre pays, nous devons repartir sur des activités plus locales et plus respecteuses de l’environnement et ainsi que des ouvriers.

Depuis le début du confinement chinois, nous avons pu constater (selon “Le Monde”) que la concentration en particules fines a baissé de 20 % à 30 % dans ce pays. La pollution atmosphérique y est responsable de la surmortalité d’environ 1,1 million de personnes par an, d’après l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS). Le confinement imposé par le gouvernement chinois a donc fait plus qu’endiguer la maladie, il a sauvé des vies. Néanmoins Il ne faut pas trop se réjouir de ces nouvelles car tout n’est pas acquis, le système dans lequel nous vivions avant ce confinement, basé essentiellement sur le productivisme et le néolibéralisme, est d’une cruauté monstrueuse pour notre douce planète, qui voyait ses forêts et ses océans se faire ravager. Le néolibéralisme a lui même fortifié les inégalités sociales, sachant que le COVID-19 touche d’avantage les plus précaires et les moins à l’abri. Ainsi, ce système est nuisible aussi  bien pour la nature que pour nous. Nous savons que la période de confinement est trop courte pour avoir un réel impact sur le long terme, mais celle-ci nous a montré qu’une possible diminution des activités industrielles et un bouleversement du modèle économique et sociétale en place pourraient sauver les espèces habitant sur cette planète, dont l’humanité. Après cet épisode de vie au ralenti que nous avons accepté pour protéger chacun d’entre nous, la question est : voulons-nous retourner dans un système de consommation qui vise seuleument à concentrer le maximum de richesses, détenues par une infime partie de la population, qui nous entraine petit à petit vers une extinction de masse de la vie sur Terre ?  Nous ne voulons pas d’un retour à la “normale”, car c’est cette normalité qui nous pousse à la destruction massive des êtres vivants et des écosystèmes. Alors, voyons le COVID-19 comme un point de départ pour évoluer vers un futur se basant sur la solidarité et le respect de la vie, en banissant les productions inutiles.

Le COVID-19 nous a ouvert les yeux sur les limites du capitalisme, car il a causé une importante crise économique. Le PIB de la France a chuté de 6%, ce qui annonce de grandes mesures après le confinement pour relancer notre activité économique. Nous pouvions déjà le comprendre après le discours du 13 avril 2020, où Emmanuel Macron nous a annoncé que certains travailleurs pourraient reprendre leur travail, et que les écoles réouvriront progressivement après le 11 mai, alors que nos pays voisins ne reprendront pas les cours avant septembre. En effet, les entreprises vont essayer de réduire leurs pertes sur l’année. Pour cela, elles vont produire encore plus qu’avant et faire en sorte que la population achète de plus en plus. Cette relance massive de l’économie va se sentir également au niveau de la pollution, qui va faire un bond. Nous savons que cela produirait des problèmes écologiques, comme en 2008, ou encore après la Seconde Guerre Mondiale. Il faut apprendre de nos erreurs, nous ne sommes pas restés confinés durant plusieurs mois pour repartir dans un système qui ne prend pas en compte la vie sur Terre et qui donc, la détruit petit à petit. L‘économie n’est pas le plus important et il faut revoir nos priorités : la planète et les humains avant l’argent et la croissance.

En voyant le COVID-19 ravager la Chine, de notre oeil occidental nous n’avons pas eu peur. Nous ne pensions pas que les malheurs qui se passaient à l’autre bout du globe pourraient arriver un jour jusqu’à nous. Nous avons eu tort. Quand ce virus est arrivé dans nos maisons, nous avons tout de suite changé notre point de vue et accepté de nous restreindre à certaines règles. Ce même schéma de prise de conscience peut est reproduit pour la crise climatique, nous ne nous alertons que lorsque le problème nous atteint personnellement . Même si la France et plus globalement l’Europe sont peu atteintes par le dérèglement climatique,  des régions du monde sont déjà touchées par des catastrophes naturelles amplifiées ou un réchauffement drastique, comme dans les pôles où le réchauffement est deux fois supérieur à celui que nous ressentons. Si nous attendons de lourdes conséquences du réchauffement climatique pour agir, il sera trop tard. Anticipons pour ne pas franchir le point de non retour et rappellons-nous qu’il n’y aura aucun vaccin pour cette crise.

Nous pouvons faire le lien entre le COVID-19 et l’inaction de notre pays face à la crise écologique : nous réagissons seulement lorsque nous devenons, à notre tour, victimes. Malheureusement, concernant le réchauffement climatique, au moment où nous le ressentirons réellement en Europe, il sera trop tard. La solution est donc d’apprendre à anticiper pour agir avant de ressentir les conséquences, et ainsi, de les éviter.

Lors de cette pandémie, les politiciens se sont tournés vers les scientifiques pour recevoir leurs conseils. C’est grâce aux scientifiques et au personnel hospitalier que le pire a pû être évité. Il faut agir de la même manière avec la crise climatique. Écouter les scientifiques et leurs conseils est une véritable nécessité. Seuls les scientifiques connaissent, développent et proposent des solutions efficaces pour stopper le dérèglement climatique. Les politiques doivent les écouter et suivre de près leurs instructions, comme ils l’ont fait pour la pandémie. Nous sommes menacés et les rapports scientifiques nous alertent chaque jour. C’est le moment ou jamais de prendre en compte leurs alarmes et d’appliquer leurs solutions.

Pourtant, dès le début , nous avons tous été au courant de la gravité de la situation. Chaque jour, les médias parlent uniquement du coronavirus, le nombre de décès est donné en direct, des messages de prévention du gouvernement envahissent le net et des allocutions et autres discours officiels sont donnés de façon régulière. Impossible d’y échapper : la situation est grave et tout le monde est mis dans l’urgence. “Nous sommes en guerre” a déclaré le Président de la République, soulignant la gravité de la situation dans laquelle nous nous trouvons. Il est primordial de fonctionner de la même façon avec le réchauffement climatique. Oui, le pire va arriver. Oui, il faut nous mettre dans l’urgence. Une médiatisation importante est plus que nécessaire : il faut que tout le monde soit au courant de la catastrophe dans laquelle nous allons. Une fois que cette prise de conscience sera nationale, il sera beaucoup plus simple de mettre en place des actions et des projets, car la population saura pourquoi c’est tant nécessaire.

Le COVID-19, a engendré et engendre encore de nombreux décès fort malheureux. Il met en évidence les failles de notre mode économique basé sur la surconsommation et la surproduction. Nous espérons sortir de cette crise le plus vite possible pour reconstruire ensemble un futur, écologique et social, en rupture avec les politiques menées jusque-là et instaurer de suite de nouvelles valeurs et lois nécessaires à la perduration de la vie sur Terre. La clé n’est pas le confinement mais bien une évolution du système antérieur, pour tendre vers une décroissance. Nous remercions infiniment lensemble du corps médical pour sa présence et son travail acharné ainsi que les travailleurs mis en danger, nous soutenons les victimes et leurs familles, et nous déplorons les morts dûes à cette pandémie. Ensemble, faisons changer les choses et apprenons de nos erreurs pour construire le monde de demain.

Le Temps Presse – Youth for Climate France

Youth for Climate France est le mouvement de la jeunesse et des étudiants engagés pour le climat. Depuis début 2019, nous rassemblons les différents groupes locaux en France qui répondent au mouvement “Fridays for Future”, lancé à l’appel de Greta Thunberg.

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