Lettre ouverte au président

Lettre ouverte au président

Ensemble des groupes locaux
Mouvement national de la jeunesse
engagée pour le climat en France
contact@youthforclimate.fr
https://youthforclimate.fr/

La jeunesse écrit au président de la République son cri, sa révolte, ses revendications. Cette lettre fut envoyé en dizaines d’exemplaire à l’Élysée et à Matignon pour atteindre les plus hautes instances française. Maintenant, nous, jeunes, futur de notre monde, attendons une réponse, pas seulement par des mots mais par des actes.

Monsieur le Président de la République,

En cette période particulièrement éprouvante, nous, membres du mouvement Youth For Climate France, avons été amené·es à réfléchir au monde que nous souhaitions pour demain. En tant que futur·es citoyen·nes, nous sommes préoccupé·es par l’avenir de notre société. La France n’est pas sur la trajectoire des Accords de Paris, une trajectoire qui pourtant ne nous donne que 66% de chances de rester en dessous de 1.5°C [1]. Vous pouvez alors comprendre nos inquiétudes, nos angoisses en observant les décisions prises suite à la crise de la covid 19. Vous devez avoir conscience Monsieur le président, que celles-ci sont irréversibles. Elles pourront garantir la sauvegarde de l’humanité, ou au contraire la condamner. Les français.es veulent de plus en plus que la protection de l’environnement soit au coeur des décisions politiques [2], comme l’ont montré les résultats des dernières élections municipales. Nous sommes prêt·es. Prêt·es à bouleverser nos modes de vie pour un avenir durable. La question est, quand le serez-vous ?

Tant que nous rejetons des gaz à effet de serre dans l’atmosphère, nous renforçons les risques de pandémies, de catastrophes naturelles, de pénuries, de famines, de disparitions d’archipels entiers. Selon l’ONU, 250 millions de personnes seront contraintes de quitter leur lieu de vie en raison du dérèglement climatique en 2050 [3], sans parler des 32 000 espèces menacées d’extinction selon l’Union internationale pour la conservation de la nature [4]. L’ensemble de la communauté scientifique nous met en garde quant à la crise écologique que nous vivons. Le GIEC nous informe depuis 1988 sur la crise climatique à laquelle nous sommes déjà confronté·es notamment avec leurs cinq rapports publiés. Le Haut conseil pour le climat nous donne des recommandations pour mener une politique en adéquation avec les objectifs climatiques des Accords de Paris dont la France a voulu être l’exemple. Or, dans son rapport annuel rendu public le mercredi 8 juillet 2020, le Haut conseil pour le climat considère la réduction des émissions de gaz à effet de serre « bien trop lente et insuffisante » dans notre pays. Malgré ces connaissances, ces alertes, les décisions prises sont insuffisantes face à l’ampleur de la crise écologique.

Votre gouvernement croit en « la croissance écologique » [5]. Pourtant l’IPBES soulignait dans son rapport qu’il est « incontournable de s’écarter de l’actuel paradigme basé sur la croissance économique » pour faire face à l’effondrement de la biodiversité [6]. La croissance économique définie par l’augmentation du PIB n’est pas indispensable au bien-être de la population [7], [8]. Il est temps de bâtir une économie qui intègre les limites planétaires et qui contribue à la lutte contre le changement climatique. Les bouleversements vécus pendant la crise sanitaire nous ont montrés l’importance de réorganiser la société en relocalisant une partie de l’activité économique et en se tournant vers une production et une consommation plus sobres en énergies et en ressources.

Durant votre campagne et vos années de présidence, vous avez tenu des discours, fait
des promesses, pris des engagements. Cependant, certaines paroles ne sont pas toujours suivies d’actes. Le plan de transformation agricole de 5 milliards d’euros réservé entre autres à « des projets de modernisation des exploitations ayant un impact positif sur l’environnement et le bien-être animal », ne permettra pas de rendre obligatoire la vidéosurveillance dans les abattoirs, ni de préciser la présence d’organismes génétiquement modifiés dans l’alimentation et le traitement par des pesticides. La castration à vif des porcelets, le broyage des poussins mâles, et les « fermes-usines » ne seront pas interdit·es. Dans le secteur énergétique, vous aviez déclaré le 27 novembre 2018 lors du discours d’installation du Haut conseil pour le climat : « Nous devons sortir de ce qu’on appelle les énergies fossiles ». Pourquoi alors en 2019, la France a-t-elle subventionné les énergies fossiles à hauteur d’au moins 11 milliards d’euros [9] ? De même, pourquoi assurer qu’« il faut stopper le processus de déforestation industrialisée maintenant » alors que des accords commerciaux entraînent toujours l’importation de 700 000 tonnes de soja brésilien chaque année ? Monsieur le Président, il est temps que vous preniez vos responsabilités et respectiez vos engagements.

Nous, Youth For Climate France, souhaitons que des leçons soient tirées du passé. Le moment est venu d’instaurer une justice sociale et climatique, pour le bien des êtres humains et de la biodiversité. Ainsi, nous souhaitons que la politique soit scrupuleusement alignée sur les recommandations du Haut conseil pour le climat, ainsi que sur les rapports de l’IPBES et du GIEC afin de garantir l’adéquation entre les décisions prises et l’urgence environnementale. Ensuite, nous vous demandons de tenir parole, en mettant en place les mesures votées démocratiquement par la Convention citoyenne pour le climat,
représentative et informée, que nous soutenons vivement. Cette initiative exceptionnelle doit aboutir, et pourrait même être reproduite de manière à intégrer plus de citoyen·nes dans la gestion de la transition qui serait ainsi consentie et non subie. Elle permettrait à la France de réaliser rapidement sa transition écologique. De nombreux autres projets aboutis visant à la création d’une société durable existent déjà, tels que le plan du Shift Project, qui propose une transformation de l’économie sans se baser sur l’hypothèse de la croissance économique du PIB. Vous avez la responsabilité d’agir en conséquence, Monsieur le Président, afin que nous réussissions en coopération avec tous·tes les membres de la société, à suivre une trajectoire compatible avec les Accords de Paris et notre survie.

Ainsi, il est primordial de prendre en considération les limites des ressources planétaires dans l’élaboration des projets futurs. L’investissement dans l’exploitation des ressources fossiles doit être entièrement réinvesti dans la sobriété énergétique et les énergies décarbonées et renouvelables. L’agriculture moins dépendante de l’agrobusiness et locale doit impérativement être revalorisée afin de viser l’auto-suffisance. De la même façon, l’industrie et l’artisanat français·es doivent être avantagé·es par rapport aux produits importés afin que les échanges marchands internationaux et polluants diminuent drastiquement. Les investissements dédiés à l’aéronautique devront s’orienter vers le développement des réseaux ferroviaires et de modes de déplacements propres. Enfin, il faudrait que des moyens financiers importants soient attribués aux secteurs de première nécessité, comme le secteur primaire, la santé ou l’éducation. Cela n’implique évidemment pas seulement l’État français, nos relations avec l’international seront nécessairement affectées. Ce ne sera pas facile, ce n’est en réalité jamais aisé de rompre avec le modèle dominant. Les habitudes de chaque citoyen·ne en seront impactées, c’est tout un pan de notre culture et de notre imaginaire que nous appelons à modifier. Mais cela est indispensable à l’avenir de l’humanité, nous devrons tôt ou tard nous engager dans le « monde d’après ». Plus tôt nous effectuerons ces changements, moins ils seront brutaux.

Les mesures à mettre en place d’urgence sont multiples, elles peuvent paraître radicales, mais l’urgence de la situation ne nous laisse pas le choix. Voici quelques exemples concrets. La publicité, qui crée des besoins absurdes et incite à la surconsommation, doit être réduite drastiquement. Elle est totalement incompatible avec la lutte contre la crise climatique en cours. L’éducation des futur·es citoyen·nes étant primordiale, nous demandons l’ajout d’un cours hebdomadaire consacré à l’écologie, afin que chaque élève puisse développer sa conscience écologique tout au long du cursus scolaire. Il faut par ailleurs en finir avec l’idée d’une croissance infinie, qui n’est ni réaliste ni soutenable, et par conséquent cesser, entre autres, de se fier au PIB pour évaluer le succès du pays, en se dirigeant vers un indicateur prenant en compte la qualité de vie des individu·es. Bien qu’ils semblent délicats, ces changements sont à effectuer au plus vite. Certains ont déjà été opérés par quelques pays. Le Bouthan, par exemple, mesure la réussite du pays non pas à l’aide du PIB, mais selon le Bonheur National Brut, qui quantifie le bien-être de ses habitant·es. La Finlande conditionne sa relance économique à son objectif de neutralité carbone, fixé pour 2035, et Amsterdam s’appuie sur l’économie circulaire pour sortir de la crise de la covid 19.

Monsieur le Président, la France a changé. Les jeunes demandent massivement depuis plus d’un an des changements en profondeur de notre modèle économique et sociétal pour nous assurer des garanties d’avenir. Sachez alors que si le monde d’après ressemble au monde d’avant, irrespectueux des droits humains et de l’environnement, nous, jeunes, nous mobiliserons en conséquence, animé·es par notre volonté de vivre.

Nous vous prions d’agréer, Monsieur le Président de la
République, l’expression de notre respectueuse considération,

Les membres de Youth For Climate France

Références

[1] GIEC, Global Warming of 1.5°C, chapitre 2, table 2.2, p. 108, https://www.ipcc.ch/sr15/chapter/ chapter-2/, 2018.

[2] Étude menée par Harris Interactive pour le Haut conseil pour le climat entre le 19 et 21 mai 2020 sur un échantillon de 1028 personnes, https://www.hautconseilclimat.fr/wp-content/uploads/2020/ 07/les-francais-et-la-transition-climatique-presentation-harris-interactive.pdf

[3] D’après le Haut commissaire adjoint de l’ONU pour les réfugiés, L. Craig Johnstone, lors de la Conférence des Nations unies sur les changements climatiques qui se déroulait à Poznan en Pologne, en décembre 2008, https://news.un.org/fr/story/2008/12/145732-climat-250-millions-de-nouveaux- deplaces-dici-2050-selon-le-hcr. D’après l’Organisation internationale pour les migrations dans un rapport intitulé Migration and Climate Change, n. 31, de 2008, c’est 200 millions de personnes qui seraient contraintes de se déplacer à cause du changement climatique. Le GIEC, dans son rapport intitulé Special Report on the Ocean and Cryosphere in a Changing Climate publié en 2019 souligne qu’en 2010 près de 11% de la population mondiale vivait dans des zones côtières dont l’élévation était inférieure à 10 m au-dessus du niveau de la mer, un nombre croissant de personnes risque d’être affecté par l’élévation du niveau des océans dans les décennies à venir, https://www.ipcc.ch/site/assets/uploads/sites/3/2019/11/08_SROCC_Ch04_FINAL.pdf 3

[4] UICN Commité Français, la liste rouge mondiale des espèces menacées : https://uicn.fr/liste- rouge-mondiale/

[5] Tribune du Premier ministre Jean Castex dans Ouest France : « Tous écologistes ! », juillet 2020, https://www.ouest-france.fr/environnement/ecologie/point-de-vue-jean-castex-l-ecologie-a- laquelle-je-crois-6918977

[6] Global Assessment Report on Biodiversity and Ecosystem Services, 2019, IPBES, Résumé pour décideur·euses, paragraphe D10, citation exacte : « L’évolution des systèmes financiers et économiques mondiaux en vue de la création d’une économie mondiale durable s’écartant de l’actuel paradigme, limité, de la croissance économique est un élément incontournable du développement durable. » https: //ipbes.net/sites/default/files/ipbes_7_10_add.1_fr.pdf.

[7] Doh C. Shin. Does rapid economic growth improve the human lot ? Some empirical evidence. Social Indicators Research, volume 8, pages 199–221, 1980.

[8] Nations and Households in Economic Growth, Essays in Honor of Moses Abramovitz. Editeur·trices : Paul A. David Melvin W. Reder. Does Economic Growth Improve the Human Lot ? Some Empirical Evidence, Richard A. Easterlin, Université de Pennsylvanie, janvier 1974.

[9] Annexe au projet de loi de finances pour 2019, évaluation des voies et moyens, tome II, dépenses fiscales. Les calculs ont été effectués par le Réseau Action Climat, cf. https://reseauactionclimat.org/ subventions-energies-fossiles-ou-sont-passes-11-milliards-euros/.

Si toi aussi tu veux participer à cette initiative il te suffit :

  • d’imprimer la lettre (format pdf ci-dessous)
  • de la mettre dans une enveloppe (pas besoin de timbre)
  • de l’envoyer à cette adresse :

Monsieur le président de la République, Palais de l’Élysée, 55 rue du Faubourg-Saint-Honoré 75008 Paris, France

La Convention Citoyenne pour le Climat

La Convention Citoyenne pour le Climat

Aujourd’hui, nous abordons un sujet d’actualité : la Convention Citoyenne pour le Climat (ou CCC).

Il s’agit d’une assemblée de 150 citoyen·nes français·es de plus de 16 ans qui ont été tiré·es au sort dans la population française pour être représentatif·ves de sa diversité.

Cette initiative du Président de la République a été lancée le 25 avril 2019.

L’objectif était de produire une série de mesures, qui auraient pour objectif de réduire nos émissions de gaz à effet de serre de 40% d’ici 2030, par rapport à celles de 1990. Celles-ci, sous forme de propositions législatives, seront présentées au Parlement et votées par référendum ou même directement appliquées. Elles ne seront pas rendues publiques avant la finalisation et les votes définitifs. La session 7 se tiendra les 19, 20 et 21 juin.

Ce travail a été réalisé en répartissant les 150 personnes dans 5 groupes de travail, dont chacun était orienté vers un enjeu différent tel que : se loger, se nourrir, se déplacer, consommer, et travailler et produire. De nombreux·ses intervenant·es expert·es dans les domaines traités sont intervenu.es pour permettre aux rédacteurices d’avoir toutes les données en main pour effectuer leur travail

 

Il est important d’agir pour construire demain

C’est pour cela que les citoyen·nes de la CCC ont travaillé sur l’urgence climatique et les moyens d’y répondre. Préparer le monde pour les générations futures, un futur vivable, sur une planète habitable : tel est le défi. Cela implique notamment un changement drastique des modèles économiques et sociaux actuellement en place.

D’autant plus aujourd’hui, quand d’importantes décisions de sortie de crise sont à prendre, les  membres de la CCC veulent rappeler au Gouvernement que cela ne doit pas se faire au détriment du climat, de l’humain et de la biodiversité. C’est aujourd’hui que l’on prépare l’avenir que l’on veut, plus juste socialement et écologiquement parlant.

Pour ce qui est de Youth for Climate, la décision a été prise collectivement de soutenir cette initiative.

L’indépendance et la représentativité de la Convention, ainsi que l’attention particulière portée aux questions sociales et l’impact potentiel des mesures prises sur ces questions ont été des critères déterminants dans notre choix. De plus, nous considérons que les membres de la Convention ont été suffisament informé·es et encadré·es par des expert·es scientifiques sur les questions relatives au changement climatique et aux enjeux de réduction des émissions de gaz à effet de serre, de manière à pouvoir prendre les décisions nécessaires.

Youth for Climate s’engage donc à soutenir, en y accordant sa pleine confiance, la Convention Citoyenne pour le climat, afin que les propositions soient soumises telles qu’écrites, et mises en place dans les plus brefs délais, au vu de l’urgence de plus en plus insistante.

Cela implique aussi une mobilisation de la centaine de milliers de jeunes mobilisé·es pour le climat et la justice sociale dans le cas où le gouvernement n’appliquerait pas les propositions tel qu’il s’y est engagé.

Artivisme

Artivisme

Le compte instagram @youthforclimatefr a proposé à ses abonné·es un concours d’artivisme, voici quelques-unes des oeuvres qui ont été faites.

Cette année j’ai eu dix huit ans.
Je n’ai pas fait la fête.
Je me suis dit que ça fait presque autant de temps,
Que les scientifiques vous alertent.

J’ai pas eu le temps de naître
Que vous avez tout jeté par la fenêtre
Et je n’aurai pas le temps de vivre
Qu’il faudra déjà survivre.

Et si nous sommes doués pour inventer,
Nous le sommes tout autant pour massacrer.
Faucher les forêts
Et par la même occasion,
L’oxygène que nous respirons.

Je ne suis qu’un adolescent
Mais j’n’ai pas envie de dire à mes enfants
Je suis désolé,
Il n’y a plus rien à manger
Nous n’avons rien fait.

Je n’ai ni l’ambition
Ni la prétention
De laisser une trace dans ce monde
Ni l’espoir
Encore moins le pouvoir
De changer les choses ne serait-ce qu’une seconde

Mais comme Betty Reese disait :
“Si vous pensez que vous êtes trop petit pour changer quoique ce soit,
Essayez donc de dormir avec un moustique dans votre chambre.”
Nous verrons bien qui empêche l’autre de dormir.

@flo_uta

Lorsque j’étais enfant, je ne voyais pas le monde de cette façon. Et en grandissant, j’ai appris à l’aimer, plus que je ne l’aurai pu imaginer. La terre est belle, elle nous offre des paysages à couper le souffle, et nous fermons les yeux. La terre nous appelle, nous lance des S.O.S, nous hurle qu’elle a besoin d’aide, et nous faisons les sourds. La terre meurt chaque misérables secondes qui s’écoulent, et nous préférons l’ignorer. Qu’a-t-elle demander pour subir des actes aussi abominables ? N’entends-tu pas sa forte respiration ? N’entends-tu pas les cris qu’elle nous adresse lorsque les volcans grondent ? N’entends-tu pas ses pleurs au fond de l’océan ? Ne la vois-tu pas t’offrir tout ce qu’elle n’as pas ? Ne la vois-tu pas continuer de se battre ? Ne sens-tu pas ses battements incessants sous tes pieds ? N’entends-tu pas ses fredonnements qu’elle te glisse à l’oreille ? C’est fou.
Te rends-tu compte qu’un sourd pourrait l’entendre ? Qu’un aveugle pourrait le voir ? Et que même les plus démunis pourraient ressentir ses émotions ? Ou est-ce que tu te situe toi ? Dans quel camp est-ce que tu es ? T’es tu déjà remis en question ? Arrête toi pendant un temps. Écoute là d’une oreille attentive. Offre lui un moment de répits, juste un instant. Prends conscience de la souffrance qu’elle endure constamment. Parce qu’elle ne t’en veux pas. Parce qu’il n’est pas trop tard. Parce qu’un seul geste pourrait tout changer pour elle. N’as tu jamais remarquer la beauté du ciel le matin ? Ose-tu au moins lever les yeux pour regarder le monde qui t’entoure ? Prends-tu conscience, de la cacophonie mélancolique qui résonne autour de toi ?
Ferme les yeux, et imagine toi, au beau milieu d’une terre déserte, sans eau. Comment te sentirais-tu ? Imagine encore une fois, être présent au beau milieu d’une foule, lever les yeux vers l’horizon, et voir que tout s’enflamme, que la terre brûle sous tes yeux, et que ses sanglots désespérés se ramènent jusqu’à toi. Elle te supplie de t’arrêter, et tu n’en fait rien. La terre nous a offert tellement de chose en si peu de temps, et toi que lui as-tu donner en retour ? Au lieu de lui donner de l’eau pour ne pas qu’elle meurt de soif, tu l’as ramène juste pour l’anéantir dans des flammes. Qu’est-ce que tu fais ? Pourquoi tu ne veux pas ouvrir les yeux ? Pourquoi tu fais semblant que tout vas bien ? Alors que toi-même tu meurs avec elle.
D’après toi, pourquoi le niveau des océans monte ? Pourquoi alterne-t-elle entre le chaud et le froid en faisant descendre et monter ses températures ? C’est parce qu’elle n’en peux plus. Elle t’a offert toute la beauté qu’elle avait en elle, et tu l’as détruit encore. Elle t’a offert tout ce dont tu avais besoin, en t’abreuvant. Elle a donner vie, et tu lui arraches tout. Pourquoi ? Réponds à ma question. Pourquoi est-ce que tu ne t’arrêtes pas ?Observe là. Admire là. Guéris là. L’humanité est le remède. L’humanité est la seule solution que tu es a porter de main. Il te suffit d’un geste, d’un seul mot, d’une infime goutte d’espoir, et d’un peu de persévérance. Sauve là et tu te sauveras aussi.

@daisy_midfire

L’auteur dit “Voici un poème intitulé poussières ayant pour but par une fable de faire réfléchir à notre condition et notre rapport à la Terre. A noter que les poussières désignent les hommes. Voici donc le texte :”

Poussières

Poussières de rochers elles sont que si peu
Encor moins diriez vous elles sont même plus
Danse de continuer les mouvements s’enlacent
Rivières de casser en galets bleus il plut
Bouches souffleuses de sourire pire il peut

Leurs cadavres semés des graines de pavot
Fleuriront un jour haut pour atteindre le ciel
Montés par le parjure et l’oubli l’un se lasse
Ensevelis du corps mort sur un lit de miel
Mais germes ne sont fleurs souvenirs du prévôt

Vous voyez au dedans un macabre extérieur
Un navire avançant votre regard s’arrête
A la poupe tranchante et aux filles sans place
Dans les airs étrangers immaculés d’abstraites
Pour dormir et tuer la chaleur du rieur
suite : Malgré Feu consumant sous leurs yeux sans alerte
Malgré cris d’agonie et les cris de souffrance
La tragédie perçue vous ne dites qu’hélas
Malgré Terre meurtrie chantant sa propre errance
Malgré les tout prophètes ils allèrent à leur perte

Ainsi les crissements ne furent plus de sons
Les rochers érigés redevinrent poussières
Et la vie profanée rayée de l’atlas
Quitta elle aussi leur égoïsme de lierre
Puissiez vous des poussières apprendre la leçon

@florentinviel

 

J’ai tellement peur de l’avenir, de ce qui va se passer et dont on ignore encore l’existance,
Les conséquences,
De ce qu’on ne se doute absolument pas…
Oui j’ai peur de l’avenir car le monde dans lequel je vis tombe en ruine,
Autour de moi tout s’écroule et j’ai peur je veux reconstruire le mur, recoller les briques de ma vie une à une, mais c’est moi qui ai creusé les failles pendant que d’autres en détruisais les fondations,
Car c’est aussi ma faute tout ce qu’il se passe,
Et aujourd’hui le mur va bientôt s’écrouler et il n’y aura plus personne pour ramasser les morceaux,
Oui j’ai peut de tout ça, peur que toute ma misérable existence, ma routine, sois tout à coup bousculée
Car derrière les façades et les faux souries se cachent le désert et les hantises,
Derrière les faux semblants il y a tous ce que je n’extériorise
J’ai tellement envie de crier au monde qu’il faut que tout s’arrête
Il est grand temps de changer
De tout changer
De prendre un tournant si violent que l’on appelerai ça une révolution
Il est temps de basculer nos trains de vie si l’ont veut un jour arriver à la gare.
2020 je t’attends
T’as déjà bien commencé.

@romane.grimonet

Le monde d’aujourd’hui

Internet n’est pas une seconde planète
Mais ça te fait perdre la tête
Les températures ne font qu’augmenter
Un, deux, trois, quatre degrés
Les glaciers sont énervés
Ils fondent toue la journée
L’élevage intensif c’est pas chic
Encore pire avec des antibiotiques
Les arbres sont détruits
Et moi j’ai plus de respi
Les baleines ont plus de répit
À vrai dire trop de plastique
Mais les militants de la planète sont là
Et eux ils ne font pas de faux pas

@elsa.jcq

Rêver l’utopie
Donner du sens pour
La voir accomplie

@freeandbold_

Ouvre les yeux réalise
L’étendue du désastre
Prends conscience et trouve le sens
Deviens le remède

@freeandbold_

Nos rêves ne sont pas condamnés à ne jamais pouvoir exister.
Nous pouvons changer le monde
Créons cette irrésistible onde.

@freeandbold_

Récapitulatif 13 mars

Récapitulatif 13 mars

Aujourd’hui Le temps presse vous propose de revenir ensemble, en images et à travers les voix de YFC, sur le 13 mars, dans toute la France.

Beaucoup de groupes locaux se sont rassemblés dans la rue pour marcher et crier leurs revendications, voir plus encore.

“Encore une fois nous sommes dans la rue. Encore une fois nous crions l’urgence climatique et l’effondrement de la biodiversité. Encore une fois nous séchons nos cours parce que la situation est affolante. Et cela fait un an, un an à présent que nous sommes ici, un an que nous luttons”. C’est sur ces mots que débute la marche de Lyon, 800 personnes réunies pour défendre leurs valeurs antifasciste, anticapitaliste, décoloniale, féministe et LGBTQIA+ friendly. Avant la marche, différentes actions ont été menées : un blocage au campus de l’université Lyon 2 Bron et des actions de sensibilisation dans les lycées. Tao du Lycée Saint-Exupéry nous raconte sa matinée : lui et d’autres du mouvement ont d’abord tracté à l’entrée de leur lycée puis ont organisé un atelier pancarte et sont passé·es dans les classes. C’est tou·tes ensemble qu’iels ont ensuite rejoint le lieu de départ de la manifestation.

À Avignon, la marche a pris la forme d’une balade pour les 80 personnes présentes dans la rue. Matthias, Laurie et Margaux nous parlent de la bonne ambiance provençale et communicative qui y régnait. Iels n’étaient pas forcément nombreu·x·ses mais les plus motivé·es étaient au rendez-vous. Cela a permis de faire un die in sur les marches de la mairie avant de continuer la marche. Malgré quelques problèmes avec la police rue de la république, tout s’est terminé dans le calme.

Un tour par le “temple de la consommation à Saint-Nazaire”, un passage par une galerie marchande et des mots d’espoir une fois la marche terminée, face à la mairie : c’est comme ça qu’Hadrien, élève de Terminale à Saint-Nazaire, nous résume la mobilisation du 13 mars. Nos jeunes militant·e·s, après un long mois de préparation, ont donc pu manifester une nouvelle fois, en affirmant les valeurs anticapitalistes de notre mouvement, notamment à travers un discours prononcé… la marche. Finalement, Hadrien semble satisfait du travail effectué, comme il le résume : “On a eu une superbe ambiance pour l’organisation, tout le monde s’amusait lors des ateliers banderoles. Tout le monde était content du résultat. Bref, une marche bien organisée.”

Dans la capitale de l’Isère qu’est Grenoble la mobilisation fut différente que tout ce qu’avaient pu imaginer les organisateurices. L’idée première était une grande marche inter-organisations en présence de Greta Thunberg, mais suite à des problèmes familiaux sa venue a été annulée. Puis, le matin même de la manifestation le préfet a préféré par précaution pour cause de coronavirus, annuler la marche prévue. Nos activistes se sont donc rassemblé·es avec d’autres collectifs devant la gare pour un temps de débat avant que le reste des présent·es partent en manifestation non déclarée à environ 200 dans les rues de Grenoble.  Mathys, 17 ans, étudiant de la ville nous raconte sa déception face à cette mobilisation qui selon lui aurait pu signifier un “renouveau pour le mouvement après un an, mais avec le contexte actuel les chiffres ne sont pas au rendez-vous pour cette date clé”.

Après un pique-nique, zéro déchets bien sûr, la mobilisation à Rennes commence par une assemblée générale, nous explique Albane, 19 ans, engagée depuis 1 an dans le mouvement. Le débat s’oriente sur l’utilité de nos modes d’actions et le ressenti sur les mobilisations climats  depuis le 15 mars 2019. Malgré cette belle initiative la discussion “tourne un peu en rond”, selon elle. S’en suit une marche dans le centre-ville qui ne manque pas de marquer le coup en passant dans des centres commerciaux et en laissant une trace avec des tags. Les militant·e·s se dirigent ensuite sur la place de la mairie où iels font un die-in pour marquer les esprits avant les élections. Un discours est aussi prononcé par plusieurs militant·es. Après un peu de dispersion, une rue est bloquée avec les quelques militant·es restant·es. Albane nous explique ensuite que ce GL se réunissait sur le “discord local toutes les semaines à peu près pour réfléchir à rythmer la mob”, ainsi qu’avec les autres organisations écolos. Albane note malgré, une com et une organisation qu’elle juge satisfaisantes, quelques déceptions relatives à cette mobilisation, toutes leurs attentes ne sont, en effet, pas satisfaites, par exemple la couverture médiatique est quasi inexistante. Il faudrait, selon elle, mieux s’organiser pour attirer plus de monde et ainsi pouvoir proposer plus de choses par la suite. Elle se sent aussi malheureusement dans le flou pour la suite du mouvement et fatiguée par l’organisation.

Bien que perturbé·es par le début de l’épidémie du Covid-19 en France, nos courageux militant·es de YFC Bordeaux ont maintenu leur mobilisation ! En effet, iels ont dû changer leur programme de dernière minute suite aux conséquences du virus sur le nombre de personnes présentes.. Mais cela n’a pas empêché plus d’une centaine de motivé·es de défiler durant une heure dans les rues de Bordeaux, comme nous l’explique Jean et Simon, deux militants bordelais. À l’issue de cette marche, une discussion d’environ une heure s’est tenue entre militant·es et sympathisant·es, pour terminer en beauté cette belle mobilisation du 13 Mars 2020 !

Malgré de nombreuses annulations, une manifestation non déclarée s’est déroulée a Angers le 13 mars où près de 300 personnes ont défilé dans la ville avec de nombreuses actions en parallèle. Il y a eu notamment des collages féministes, des empreintes de main ensanglantées qui ont été mises un peu partout, des tags et la mise en place d’une grande banderole sur le balcon de la mairie. Ces actions qui avaient pour but de faire passer un gros message politique deux jours avant les municipales ont été réprimées par quelques coups portés sur les manifestants, des contrôles d’identités abusifs et une interpellation. Une réponse policière à laquelle les militant·es d’Angers ne sont pas habitué·es. Phacochère avait avant la marche un doute sur le nombre mais il est finalement satisfait de cette manifestation et de la diversité des tactiques qui y a été mise en place. En effet, selon elle les marches simples n’ont plus vraiment un grand intérêt car peu de conséquences directes mais elle est contente de voir que de plus en plus de gentes radicalisé·es remettent en question le système actuel. Elle espère donc pouvoir diversifier les valeurs de son groupe local afin de lutter contre toute formes d’oppressions et essayer de créer des liens avec d’autres groupes locaux. Barnabé est déçu du nombre mais est content de la nouvelle image qu’iels donnent de leur groupe local. Filiz ressent une baisse de motivation car le “phénomène de mode” des marches pour le climat est passé, mais elle reste positive et veut essayer de sensibiliser un maximum les personnes présentes lors des marches et aussi renforcer l’accessibilité du groupe local en étant “plus actif·ves dans les milieux défavorisés”. Anya veut aussi renforcer la sensibilisation afin de légitimer leurs actions et de montrer une autre facette des “jeunes pacifiques” pour le climat et ainsi pouvoir continuer à agir.

Elix nous raconte qu’un peu plus d’une trentaine de personnes motivées se sont rassemblées à Bourges en fin de matinée afin de dénoncer le mode de consommation mondial actuel et le fonctionnement du système. Quelques prises de paroles ont été faites par le mouvement des coquelicots par exemple ou par Elix qui a appelé à des changements collectifs de notre mode de consommation. Un peu de musique a été jouée pour clôturer cette matinée ! Elix espère un regain de mobilisation et plus de monde dans la rue la prochaine fois !

Du renouveau : c’est ce que voulait le groupe local de Marseille. On s’éloigne des sentiers battus et des marches traditionnelles pour créer quelque chose que l’on avait encore jamais vu dans le mouvement : le festiv’action. L’idée est d’allier l’écologie, le social et le cadre démocratique à seulement deux jours des municipales, pour toucher, sensibiliser et éduquer un maximum de monde. Il y a tout d’abord eu un repas partagé fait à partir d’invendus, ensuite le festival s’est constitué avec différentes parties. Dans les 40 associations partenaires de l’action, certain·es tenaient des stands avec des débats en hémicycle, au centre du festival, les tables étaient réparties par thématiques sur des sujets locaux tel que le logement ou la biodiversité. Andréa, activiste de 16 ans parle de la mobilisation en disant “l’objectif est de reprendre en main le local sur la base des revendications pour s’imposer”. En effet, à la fin de la journée après un concert très applaudi sont ressorties 12 revendications locales : pour la question du logement, la réquisition des logements vides, l’obligation de restaurer les logements vétustes et insalubres. Sur la question de la nature : créer des espaces verts protégés reliés entre eux, mettre en place une taxe pollution sur les entreprises. Par rapport aux déchets de la ville, la mise en place de compost collectifs et de  recycleries de quartier. Il y a aussi des demandes au niveau des transports, que ceux-ci soient gratuits et un centre ville sans voitures, à vélo. Les questions alimentaires ont été abordées et il en est ressorti la demande de cultiver les espaces disponibles en ville, et en périphérie, d’un plan de gestion de l’eau et des sols et surtout une alimentation majoritairement bio et locale. Pour finir, sur le plan de l’argent public et de la citoyenneté il y a une demande d’assemblées décisionnaires par quartier et arrondissement.

Chambéry innove aussi pour cette mobilisation. Comme le groupe local donnait rendez vous à Grenoble l’après midi, pas de marche au programme : l’heure est à la fête et la volonté est de se rassembler pour partager un moment convivial. C’est devant le palais de justice de la ville que les militant·es se sont retrouvé·es après que les membres d’yfc aient fait le tour de la ville à vélo pour récupérer pancarte et sono, nous décrit Salomé en riant. Ce sera un rassemblement d’entre 30 et 50 personnes commençant par un discours qui rappelle les raisons de leur présence “Nous avons besoin de ce temps pour reprendre notre souffle, célébrer le vivant, remettre en cause nos modes d’action, appeler à la révolte”. Ensuite, toujours en musique, les manifestant·es présent·es se dispersent pour redécorer la place, écrire sur le sol leurs revendications, leurs peurs et leurs espoirs, des groupes de débats se forment sur les sujets suivants : en tant que citoyen·ne, quel est notre responsabilité face au changement climatique ? Chambéry : quels changements seraient efficaces au niveau local ? Comment interpeller les politiques de manière pacifique ? Quels modes d’action adopter après les marches et le silence des élu·es, des médias ? Les chiffres de mobilisation baissent, comment retrouver le dynamisme de la jeunesse ? Une idée générale en ressort : les marches ne suffisent plus si elles ne réunissent pas assez et d’autres modes d’action doivent être employés. Le bilan est positif : “c’était un moment convivial pour resserrer les liens avec celleux qui nous suivent et on a pu présenter le mouvement sous un autre angle”.

Clean Walk, action anti-pub, sensibilisation sur l’industrie textile, marche sauvage et die-in: c’est un programme riche et varié pour toucher le plus de monde possible que les militant·es de YFC Annecy ont organisé ! Une trentaine d’activistes se sont donc retrouvé·es dès 9h et se sont réparti·es dans 3 groupes différents : clean walk, fast fashion et anti-pub. Nos 2 militants interviewés, Sacha et Mathéo, faisaient partie du dernier groupe : ils se disent déçus du contrôle de police abusif qui a empêché 8 de nos militant·es d’agir. À 11h, les 30 actif·ves se sont retrouvé·es pour partir en marche sauvage, direction la gare, où s’est déroulé un discours de sensibilisation, accompagné d’un die-in. L’après-midi, 3 militant·es sont partis en GAV pour avoir sensibilisé sur la pollution des SUV, alors qu’une autre partie des jeunes s’est rendue à Grenoble.

Malgré une organisation mouvementée, la mobilisation d’Orléans a bel et bien eu lieu, nous raconte Lena, 14 ans membre de YFC depuis mai 2019. En effet il n’y avait pas de marche initialement prévue, mais finalement décision fut prise d’en organiser une en 2 semaines seulement. De plus les liens avec l’interorga étant détériorés, iels ont dû organiser cela seul·es. Malgré cela, iels ont redoublé d’efforts et ont réalisé de nombreuses actions : en plus de la traditionnelle marche iels ont collé des affiches et fait des dessins à la craie pour préparer le jour-J. Ces militant·es ont ensuite fait un die-in sur les rails du tram, pour finir par une assemblée générale. Lena trouve difficile de trouver “une utilité à ce qui a été fait” ; c’était un bon moment mais pas de réel impact ou de directif derrière. C’est une “forme d’aliénation de la lutte, surtout à peu” nous explique-t-elle. Elle trouve difficile d’organiser, d’avancer et de massifier, mais espère un “regain d’énergie après le confinement” et une “bonne dynamique qui se lance” pour la lutte.

À Toulon malheureusement il n’y pas eu de mobilisation à proprement parler, mais nous avons tout de même tenu à relayer le témoignage d’Elisa, 17 ans, dans le mouvement depuis aout. En effet cette militante s’est beaucoup investie dans l’organisation de la venue de Greta Thunberg à Grenoble. Elle a aussi beaucoup donné pour sensibiliser les gens autour d’elle en participant à des actions de collages dans Toulon, et en utilisant des pancartes dans son lycée. Pour plus de proximité, Elisa a discuté avec des gen·tes. Malgré une déception concernant la taille de la mobilisation en raison du covid-19, elle reste motivée pour mobiliser les jeunes et rebondir sur la crise actuelle pour changer les choses plus profondément. Il faudrait ainsi “trouver une autre forme au mouvement pour que tout le monde se sente utile et soit capable de faire des choses”, selon ses dires ; elle a su, malgré l’absence d’action dans le groupe local, être inventive pour participer à sa manière.

Pour finir en beauté ce récapitulatif de notre dernière journée de mobilisation, voici des photos de tout les autres groupes locaux mobilisés que nous n’avons pas forcément  pu contacter pour des interviews.

Douai

Brest

Dijon

Pays Basque

Rouen

Digne

Valence

Albi

Pau

Laval

Lorient

Mende

Poitiers

St-Brieuc

Pontcharra

Vitrolles

St-Étienne

Procès Climatique : deux militants menés en justice par un État climaticide

Ce jeudi 16 Janvier, Antoine Piron, jeune activiste Youth for Climate de 18 ans et Amaury, activiste chez Extinction Rébellion se présenteront à une composition pénale. Un rassemblement de soutien est prévu à 16H30 à la Cité Judiciaire de Rennes. Nous dénonçons l’attaque en justice par l’État d’un jeune qui, par la désobéissance civile a tenté de revendiquer son droit à l’avenir. La désobéissance civile est aujourd’hui une nécessité, car le changement climatique n’attendra pas l’action de l’État pour agir. Alors que l’État reste enfermé dans la répression, nous passons à l’action.

Ce Jeudi 16 Janvier, Antoine Piron, jeune activiste Youth for Climate de 18 ans et Amaury, militant chez Extinction Rébellion passeront comparaîtront au Tribunal de Grande Instance de Rennes, à la suite d’actions de protestation menées en France le Vendredi 29 Novembre contre le Black Friday.

Ces opérations de « Block Friday » avaient pris forme dans le cadre d’une campagne nationale de Youth for Climate visant à dénoncer l’appel à la surconsommation dont cette journée est le paroxisme : notre système économique basé sur la croissance infinie encourage les citoyens à consommer toujours plus, et toujours de moins bonne qualité, engendrant ainsi un phénomène de surproduction et de production du besoin. Vous trouverez en cliquant sur ce lien le communiqué de presse national concernant le Block Friday.
À Rennes, cette journée s’est traduite par un blocage d’un lieu symbolique de la surproduction : les Galeries Lafayette. Les collectifs citoyens Extinction Rébellion, ANV COP21 et Youth for Climate ont appelé à une action de désobéissance civile qui visait à entraver le déroulement d’une journée comme celle-ci, qui n’est plus en phase avec les réalités écologiques et sociales.

“Il est plus que temps de changer radicalement de modèle. On ne peut plus avoir d’œillères et continuer de consommer alors que la planète meurt.”
Jeune militante présente sur les lieux du blocage.

C’est lors de ce blocage qu’Antoine Piron a été arrêté en compagnie d’Amaury. Ses chefs d’accusation, « Participation sans armes à un attroupement après sommation de la police » et « Rébellion », témoignent de son action. Il était « sans armes », respectant ainsi un principe non-violent qui ne fait que renforcer sa détermination à construire un monde pour tous, et non contre d’autres. Il se rebellait face à un système qui privilégie toujours la croissance économique qu’elle qu’en soit le prix. Qui détruit notre planète et notre société, creusant des inégalités toujours plus importantes et en créant de nouvelles. Car ce ne sont pas les riches pollueurs, qui subissent dès aujourd’hui les conséquences du réchauffement climatique. Ce sont les habitants des pays les plus pauvres qui essayent de faire face à des catastrophes naturelles toujours plus violentes avec des moyens toujours plus réduits. Aussi réduits que leur voix face au géants de la finance et aux multinationales.

Alors les deux activistes ont cherché un moyen de s’exprimer. Un moyen de réagir face à la crise sociale, écologique et démocratique à laquelle nous faisons face. Son acte, désobéissant, doit être « interprété comme le substitut nécessaire du dialogue impraticable entre le président de la République et le peuple ». Car comme l’a dit le juge en charge de l’affaire des décrochages de portrait d’E. Macron à Lyon, juste avant de prononcer la relaxe des inculpés, « le mode d’expression des citoyens en pays démocratique ne peut se réduire aux suffrages exprimés lors des échéances électorales mais doit inventer d’autres formes de participation dans le cadre d’un devoir de vigilance critique »¹.

Face à un État qui préfère la répression à l’action, nous ne nous laisserons pas faire et demandons la compréhension qu’a su avoir le juge Lyonnais le 2 Septembre dernier. La désobéissance civile est aujourd’hui nécessaire face à un État destructeur et sourd.

En soutien aux deux prévenus, un rassemblement est prévu à la Cité Judiciaire de Rennes à 16H30. Celui-ci dénoncera ce passage en justice incohérent. Nous sommes la nature qui se défend. La nature n’attendra pas l’État. Nous non plus.

Témoignage d’Antoine Piron, militant Youth for Climate :

« Vendredi, je me suis rendu compte que ma liberté m’était précieuse. Un blocage. Une manifestation pacifique pour notre planète, pour notre humanité. Des convictions. Je ne cède pas. Je me bats, sans violence pour notre avenir. On m’a souvent répété : « La liberté des uns s’arrête où celle des autres commence. » Ma liberté de défendre notre espèce, la planète, le vivant, s’arrêterait donc où la liberté des autres, celle de consommer et de produire à outrance commencerait ? Attendez, vous rendez-vous compte de l’énormité de cette phrase ? Cela ne peut pas être vrai. Il faut que ça change. L’espèce humaine est bien plus belle et plus sensée que cela. Nous nous trompons de bonheur. Réveillons-nous, unissons-nous : jeunes ou moins jeunes, riches ou pauvres, citadins ou ruraux. Nous vivons sur la même planète. Apprenons de chacun. De l’espoir, pas d’exaspération. Le système nous divise. Unissons nos forces, dans la tolérance, l’amour et la paix. »

Sources :
1 : Libération : Relaxe des décrocheurs de portraits de Macron : «Le juge a tout compris aux objectifs de nos actions»

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