Les peuples autochtones : un exemple de relation avec la nature ?

Les peuples autochtones : un exemple de relation avec la nature ?

Les peuples autochtones sont, d’après une fiche du Haut Commissaire aux droits de l’Homme : « des descendants de ceux qui habitaient dans un pays ou une région géographique à l’époque où des groupes de populations, de cultures ou d’origines ethniques différentes y sont arrivés et sont devenus par la suite prédominants, par la conquête, l’occupation, la colonisation ou d’autres moyens». On parle souvent de peuples natifs ou premiers peuples.

Généralement, ce sont des personnes en lien direct avec la nature, par leur mode de vie différent du nôtre, plus ou moins en rupture avec notre société, mais également par leur savoir-faire et leur savoir-vivre. Souvent méprisé-es et marginalisé-es par la société, considérés comme «inférieur-es», iels se battent pour défendre leurs droits, défendre leur identité et leurs terres. Leur culture ancestrale est un pilier dans leur fonctionnement et iels sont les premier-es à défendre la nature, de par leur proximité avec elle. Le Global Witness estime que 40% des défenseurs de l’environnement qui ont perdu la vie durant l’année 2016 étaient des individus autochtones.

Beaucoup de ces peuples se battent chaque jour contre les Etats afin de défendre leurs droits ainsi que ceux de l’environnement.

Si certains acceptent d’être en contact avec nos sociétés, d’autres restent dans leurs terres, refusant tout lien, ou très peu par l’envoi de représentants. Ces peuples sont en danger et chaque jour leur territoire retrécit. Au Brésil, les peuples vivant dans la forêt amazonienne sont plus que jamais menacés par la déforestation et les feux de forêts orchestrés par l’Etat pour créer toujours plus de terres agricoles à des fins alimentaires pour le bétail. Mais le réchauffement climatique est également un danger pour leur survie, iels dépendent de la nature qui les abrite et qui les nourrit.

Ces individus méprisés par nos sociétés sont pourtant des esprits sages possédant une grande connaissance de la nature et de l’environnement. Iels possèdent une capacité à analyser un environnement qu’on appelle «TEK» pour traditional ecological knowledges.

Si nous sommes capables d’analyser un environnement grâce aux sciences et à des expériences/analyses, iels peuvent arriver à un résultat par une simple analyse visuelle et de sens. En 2018, l’association Tchendukua a invité des chamanes Kogis (peuple racine de Colombie) à rencontrer plusieurs scientifiques français dans le but de faire un diagnostic sur la Drôme au niveau écologie. Les scientifiques avec cartes, les chamanes sans. En une semaine ils ont analysé l’eau, la végétation le climat et d’autres thèmes en confrontant leurs méthodes. Deux méthodes mais une seule et même conclusion. Les chamanes sont parvenus par le simple toucher et l’analyse d’une roche à estimer que cette dernière datait de la création de la terre, ce que les scientifiques estiment à -350 millions d’années. Iels ont pu reconnaitre les espèces végétales ayant été importées ou encore, comprendre que l’eau était en danger et avait subi des modifications artificielles. (article sur cette rencontre dans le magasine Kaizen)

Si on arrive vraiment à faire ces échanges entre vous et nous, peut-être  que l’on pourra travailler et retrouver les lois de paix et d’harmonie  avec la nature. Nous pourrons alors nous entendre pour arriver à un  accord sur la façon de protéger la nature

Chamane Bernardo

explication aux scientifiques

Ces savoirs ancestraux sont plus que jamais utiles et il serait indispensable que ces peuples puissent être accueillis et respectés par nos sociétés. Beaucoup de membres de leur nouvelle génération entament des études afin de travailler avec les scientifiques, bien qu’iels aient déjà des TEK.

Cette collaboration pourrait nous permettre de changer notre rapport à la nature et parvenir à mieux la comprendre et la respecter. Ces TEK ont déjà fait l’objet d’appropriations par certains individu-es, en effet des personnes ayant eu connaissances de ces TEK se les sont appropriées dans leur métier sans mentionner les sources de ce savoir qui sont les peuples autochtones, il est donc également important de protéger ces savoirs ancestraux qu’iels partagent avec sagesse et non dans un but de profit ou de mérite.

La Convention Citoyenne pour le Climat

La Convention Citoyenne pour le Climat

Aujourd’hui, nous abordons un sujet d’actualité : la Convention Citoyenne pour le Climat (ou CCC).

Il s’agit d’une assemblée de 150 citoyen·nes français·es de plus de 16 ans qui ont été tiré·es au sort dans la population française pour être représentatif·ves de sa diversité.

Cette initiative du Président de la République a été lancée le 25 avril 2019.

L’objectif était de produire une série de mesures, qui auraient pour objectif de réduire nos émissions de gaz à effet de serre de 40% d’ici 2030, par rapport à celles de 1990. Celles-ci, sous forme de propositions législatives, seront présentées au Parlement et votées par référendum ou même directement appliquées. Elles ne seront pas rendues publiques avant la finalisation et les votes définitifs. La session 7 se tiendra les 19, 20 et 21 juin.

Ce travail a été réalisé en répartissant les 150 personnes dans 5 groupes de travail, dont chacun était orienté vers un enjeu différent tel que : se loger, se nourrir, se déplacer, consommer, et travailler et produire. De nombreux·ses intervenant·es expert·es dans les domaines traités sont intervenu.es pour permettre aux rédacteurices d’avoir toutes les données en main pour effectuer leur travail

 

Il est important d’agir pour construire demain

C’est pour cela que les citoyen·nes de la CCC ont travaillé sur l’urgence climatique et les moyens d’y répondre. Préparer le monde pour les générations futures, un futur vivable, sur une planète habitable : tel est le défi. Cela implique notamment un changement drastique des modèles économiques et sociaux actuellement en place.

D’autant plus aujourd’hui, quand d’importantes décisions de sortie de crise sont à prendre, les  membres de la CCC veulent rappeler au Gouvernement que cela ne doit pas se faire au détriment du climat, de l’humain et de la biodiversité. C’est aujourd’hui que l’on prépare l’avenir que l’on veut, plus juste socialement et écologiquement parlant.

Pour ce qui est de Youth for Climate, la décision a été prise collectivement de soutenir cette initiative.

L’indépendance et la représentativité de la Convention, ainsi que l’attention particulière portée aux questions sociales et l’impact potentiel des mesures prises sur ces questions ont été des critères déterminants dans notre choix. De plus, nous considérons que les membres de la Convention ont été suffisament informé·es et encadré·es par des expert·es scientifiques sur les questions relatives au changement climatique et aux enjeux de réduction des émissions de gaz à effet de serre, de manière à pouvoir prendre les décisions nécessaires.

Youth for Climate s’engage donc à soutenir, en y accordant sa pleine confiance, la Convention Citoyenne pour le climat, afin que les propositions soient soumises telles qu’écrites, et mises en place dans les plus brefs délais, au vu de l’urgence de plus en plus insistante.

Cela implique aussi une mobilisation de la centaine de milliers de jeunes mobilisé·es pour le climat et la justice sociale dans le cas où le gouvernement n’appliquerait pas les propositions tel qu’il s’y est engagé.

Le numérique, source de problèmes

Le numérique, source de problèmes

Avec l’arrivée du Covid-19 et la mise en place de mesures de confinement, notre vie sociale, plus que jamais, se déroule au travers des écrans. Il ne s’agit pas ici d’énumérer les points positifs que l’on accorde au numérique. Nous savons toustes, notamment dans le militantisme, la recherche, l’art, ou la culture (liste non exhaustive) qu’il est aujourd’hui un outil pratique et accessible au plus grand nombre. D’ailleurs cet article n’aurait pu se faire sans l’aide d’internet et de mon ordinateur. Néanmoins il existe des dérives qu’il serait dangereux d’ignorer et que nous nous devons de prendre en considération.

La religion du progrès nous fait parfois oublier les conséquences néfastes qu’ont nos outils électroniques sur nous mêmes et sur l’environnement. Chacun-e de nous possède un ou plusieurs écrans chez lui : une télévision, un ordinateur, un smartphone, une console de jeu… et le temps que nous leur consacrons est astronomique. Entre autres chiffres choc on estime par exemple l’usage moyen d’un-e lycéen-ne à 2400 heures d’écrans par an, ce qui représente environ 2,5 années scolaires. On en passe du temps derrière un écran… Il y a quelque chose de presque hypnotique, on est sans cesse sollicité-es par une notification, un nouveau post, une story, un like. Il y a toujours quelque chose à voir ou à faire. Et qui ne s’est jamais perdu sur internet pendant 20, 30 ou 40 minutes, avant de se rendre compte qu’iel s’était juste connecté-e pour envoyer un mail ?

Des montagnes de données s’accumulent lorsque nous partageons des vidéos, téléchargeons des musiques, ou achetons des produits sur Amazon. Ces données sont conservées dans ce qu’on appelle des data centers, de gigantesques serveurs de stockage fonctionnant 24 heures sur 24 et situés un peu partout dans le monde. On estime que la consommation d’électricité en 1 journée d’un data center équivaut, pour les plus importants d’entre eux, à celle d’une ville de 30 000 habitants. En terme de dépense électrique les data center représenterait aujourd’hui 4% de la consommation mondiale, et si l’on considère le numérique dans son ensemble on arrive au chiffre de 10 à 15 % de l’électricité mondiale.

Autre point sensible. La fabrication d’un outil électronique nécessite, entre autres, des terres rares : matières minérales essentielles à sa conception. Problème : l’extraction et le traitement de ces terres rares produit des déchets toxiques et engendre une forte pollution. Ceci étant favorisé par une surconsommation d’objets connectés engendrée pour l’écrasante majorité par notre société occidentale. D’après une étude menée par l’INSEE sur les impacts environnementaux du numérique, 17 % de la population française détenait un smartphone en 2011. Chiffre qui est passé à 75 % en 2018. Autre fait inquiétant : selon cette même étude le taux de recyclage global des métaux des téléphones portables est très faible, de l’ordre de 18 %… à ajouter à cela que l’écrasante majorité de ceux que nous achetons sont neufs et qu’on sait que « 90 % des gaz à effet de serre (GES) associés à un smartphone proviennent de la phase de fabrication ». Plus la demande augmente, plus l’offre fait de même, et plus la pollution s’accroît. Il est grand temps de stopper cette frénésie consumériste non essentielle à notre survie et à notre épanouissement ! Et Même si les émissions engendrées par le numérique (qui en 2017 comptabilisaient 3,7 % des émissions de GES mondiale) sont relativement peu élevées en comparaison à d’autres domaines, le développement exponentiel de son usage devrait sérieusement nous questionner pour l’avenir.

L’INSEE conclue dans son rapport que « la miniaturisation des équipements et l’invisibilité des infrastructures accentuent le côté « imperceptible » du numérique. La réduction de l’impact environnemental du numérique passe ainsi d’abord par un changement de perception et de comportements. »

Encore une fois on a l’impression qu’il est demandé au/à la consommateur-ice seul-e de changer ses habitudes, solution qui a ses limites. Peut être est-il sous entendu que le « changement de perception et de comportement » devrait être amené par l’éducation, la mise en place de lois et/ou de campagnes de sensibilisation, c’est à dire par l’action du monde politique ? Pas clair… Mais il serait bon que nos dirigeant-es se tournent dès à présent vers ces problématiques.

Du côté de la santé ce n’est pas mieux, et c’est même assez inquiétant. D’après de nombreuses études, que met en synthèse le livre « La fabrique du crétin digital » de Michel Desmurget, le lien entre problèmes de santé et écrans est désormais solidement établi. Dans le chapitre 7 intitulé « Santé : une agression silencieuse » l’auteur démontre que les écrans ont un impact direct sur le sommeil (avec des conséquences physique, émotionnelles et intellectuelles), sur la sédentarité et le manque d’activité physique (facteur d’obésité, de condition physique et de santé altérée…) mais aussi sur l’influence que des contenus à risques ont sur notre prise de décision dans la manière dont nous vivons (initiation au tabagisme, aux pratiques sexuelles sans protection, aux drogues, à l’alcoolisme, à la violence…).

D’autre part il ne faudrait pas oublier qui a la main mise sur l’écrasante majorité de ces outils : les GAFAM (Google, Apple, Facebook, Amazon, Microsoft). On pourrait presque qualifier cela de de colonialisme numérique tant ces géants occidentaux ont une influence décisive et jouent un rôle stratégique dans la géopolitique et les relations internationales. Des d’entreprises privées par ailleurs critiquées au sujet de leurs abus en terme de données collectées, de vie privée, de fraude fiscale, de précarisation de l’emploi, de censure… En sachant tout cela, il est possible de favoriser des moteurs de recherche plus propres et solidaires, comme Lilo, Ecosia ou Ekoru, mais surtout d’essayer de réduire notre dépendance à ces monstres du monde technologique. Malgré tout le mieux reste encore de réduire au maximum notre consommation.

Le numérique est par ailleurs un formidable outil de contrôle pour l’État. La pandémie de coronavirus est ainsi devenue le prétexte utilisé par de nombreux pays pour tester leurs nouveaux joujoux sécuritaires (y compris en France). À lire, le livre autobiographique « Mémoires vives » écrit par le lanceur d’alerte Edward Snowden, qui retrace l’histoire de la mise en place de programmes de surveillances de masse par las agences de la NSA et de la CIA. Autre conseil de lecture, l’indémodable « 1984 » écrit par George Orwell, une dystopie mettant en scène une société totalitaire se servant du numérique pour asseoir un contrôle total sur la population.

Ainsi, après la crise sanitaire que nous traversons, utilisons le numérique de manière plus raisonnable, en limitant notre usage. Cela peut se faire progressivement. Mais lorsque nous y arriverons nous n’en serons que plus éclairés. Le temps que nous passons sur les écrans libéré, tout un tas d’activités s’offrent à nous. Retrouvons notre lien avec le vivant, jouons avec nos frères, nos soeurs, retrouvons nos amis, écrivons, peignons, jouons de la musique ou bien engageons-nous dans une association, une ONG pour soutenir activement une cause ! Et bien sûr reconsidérons la lecture. Rendons-la disponible partout ! A l’image de ces initiatives de librairies partagées qui fleurissent dans nos quartiers. Le livre, quel que soit son genre, est une ressource indispensable pour construire un esprit critique, que ce soit au travers d’un roman, d’une poésie, d’un manifeste ou d’une étude.

Et si vous ne savez pas par où commencer je souhaiterais mettre en lumière une initiative prise par des membres de Youth For Climate de lancer une bibliothèque sur discord, où vous trouverez toutes sortes de références pour vous enrichir et enrichir les autres !

Sources :

  1. statistiques du numérique, INSEE environnement
COVID-19, quelles leçons à tirer pour le futur ?

COVID-19, quelles leçons à tirer pour le futur ?

L’apparition de la pandémie du COVID-19, cette tragédie soudaine, nous a dévoilé l’impact de notre monde consumériste sur le climat. En effet, l’arrêt des activités industrielles engendré par la crise sanitaire a diminué temporairement les émissions de CO2, car la plupart des entreprises polluantes se sont retrouvées en suspens. Cet épisode que nous vivons est dramatique pour l’ensemble de l’humanité. Cependant, nous pouvons d’ores et déjà en tirer un enseignement pour penser notre monde d’après, quand la vie active reprendra.

La crise sanitaire engendrée par le COVID-19 est monstrueuse et nous amène à nous demander si l’humain est responsable de cette propagation aussi rapide. Quand cette maladie a été découverte en Chine, elle s‘est très vite répandue dans l’entièreté de notre monde. Ceci est dû à l’utilisation massive de moyen de transports peu écologiques tels que les avions qui voyagent à travers le globe. La mondialisation, impliquant de nombreux transports, nuit sensiblement à l’environnement et pousse à une consommation démesurée. De plus, les conditions de vie des ouvriers chinois sont déplorables notamment à cause d’un salaire faible et d’un traitement inacceptable de la part des chefs d’usine qui font cela uniquement dans le but d’assurer les meilleurs bénéfices à leurs entreprises, comme le montre une vidéo, diffusée sur france 2. Les entrepreneurs le savent et s’implantent donc en Chine, ce qui leur permet de payer les salariés le moins possible, mêmes si cela est néfaste pour l’environnement. D’autre part, le matériel nécessaire pour lutter contre la maladie, comme des tests de dépistage et des masques, est insuffisant dû à la centralisation des activités en Chine. Afin de développer l’autonomie de notre pays, nous devons repartir sur des activités plus locales et plus respecteuses de l’environnement et ainsi que des ouvriers.

Depuis le début du confinement chinois, nous avons pu constater (selon “Le Monde”) que la concentration en particules fines a baissé de 20 % à 30 % dans ce pays. La pollution atmosphérique y est responsable de la surmortalité d’environ 1,1 million de personnes par an, d’après l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS). Le confinement imposé par le gouvernement chinois a donc fait plus qu’endiguer la maladie, il a sauvé des vies. Néanmoins Il ne faut pas trop se réjouir de ces nouvelles car tout n’est pas acquis, le système dans lequel nous vivions avant ce confinement, basé essentiellement sur le productivisme et le néolibéralisme, est d’une cruauté monstrueuse pour notre douce planète, qui voyait ses forêts et ses océans se faire ravager. Le néolibéralisme a lui même fortifié les inégalités sociales, sachant que le COVID-19 touche d’avantage les plus précaires et les moins à l’abri. Ainsi, ce système est nuisible aussi  bien pour la nature que pour nous. Nous savons que la période de confinement est trop courte pour avoir un réel impact sur le long terme, mais celle-ci nous a montré qu’une possible diminution des activités industrielles et un bouleversement du modèle économique et sociétale en place pourraient sauver les espèces habitant sur cette planète, dont l’humanité. Après cet épisode de vie au ralenti que nous avons accepté pour protéger chacun d’entre nous, la question est : voulons-nous retourner dans un système de consommation qui vise seuleument à concentrer le maximum de richesses, détenues par une infime partie de la population, qui nous entraine petit à petit vers une extinction de masse de la vie sur Terre ?  Nous ne voulons pas d’un retour à la “normale”, car c’est cette normalité qui nous pousse à la destruction massive des êtres vivants et des écosystèmes. Alors, voyons le COVID-19 comme un point de départ pour évoluer vers un futur se basant sur la solidarité et le respect de la vie, en banissant les productions inutiles.

Le COVID-19 nous a ouvert les yeux sur les limites du capitalisme, car il a causé une importante crise économique. Le PIB de la France a chuté de 6%, ce qui annonce de grandes mesures après le confinement pour relancer notre activité économique. Nous pouvions déjà le comprendre après le discours du 13 avril 2020, où Emmanuel Macron nous a annoncé que certains travailleurs pourraient reprendre leur travail, et que les écoles réouvriront progressivement après le 11 mai, alors que nos pays voisins ne reprendront pas les cours avant septembre. En effet, les entreprises vont essayer de réduire leurs pertes sur l’année. Pour cela, elles vont produire encore plus qu’avant et faire en sorte que la population achète de plus en plus. Cette relance massive de l’économie va se sentir également au niveau de la pollution, qui va faire un bond. Nous savons que cela produirait des problèmes écologiques, comme en 2008, ou encore après la Seconde Guerre Mondiale. Il faut apprendre de nos erreurs, nous ne sommes pas restés confinés durant plusieurs mois pour repartir dans un système qui ne prend pas en compte la vie sur Terre et qui donc, la détruit petit à petit. L‘économie n’est pas le plus important et il faut revoir nos priorités : la planète et les humains avant l’argent et la croissance.

En voyant le COVID-19 ravager la Chine, de notre oeil occidental nous n’avons pas eu peur. Nous ne pensions pas que les malheurs qui se passaient à l’autre bout du globe pourraient arriver un jour jusqu’à nous. Nous avons eu tort. Quand ce virus est arrivé dans nos maisons, nous avons tout de suite changé notre point de vue et accepté de nous restreindre à certaines règles. Ce même schéma de prise de conscience peut est reproduit pour la crise climatique, nous ne nous alertons que lorsque le problème nous atteint personnellement . Même si la France et plus globalement l’Europe sont peu atteintes par le dérèglement climatique,  des régions du monde sont déjà touchées par des catastrophes naturelles amplifiées ou un réchauffement drastique, comme dans les pôles où le réchauffement est deux fois supérieur à celui que nous ressentons. Si nous attendons de lourdes conséquences du réchauffement climatique pour agir, il sera trop tard. Anticipons pour ne pas franchir le point de non retour et rappellons-nous qu’il n’y aura aucun vaccin pour cette crise.

Nous pouvons faire le lien entre le COVID-19 et l’inaction de notre pays face à la crise écologique : nous réagissons seulement lorsque nous devenons, à notre tour, victimes. Malheureusement, concernant le réchauffement climatique, au moment où nous le ressentirons réellement en Europe, il sera trop tard. La solution est donc d’apprendre à anticiper pour agir avant de ressentir les conséquences, et ainsi, de les éviter.

Lors de cette pandémie, les politiciens se sont tournés vers les scientifiques pour recevoir leurs conseils. C’est grâce aux scientifiques et au personnel hospitalier que le pire a pû être évité. Il faut agir de la même manière avec la crise climatique. Écouter les scientifiques et leurs conseils est une véritable nécessité. Seuls les scientifiques connaissent, développent et proposent des solutions efficaces pour stopper le dérèglement climatique. Les politiques doivent les écouter et suivre de près leurs instructions, comme ils l’ont fait pour la pandémie. Nous sommes menacés et les rapports scientifiques nous alertent chaque jour. C’est le moment ou jamais de prendre en compte leurs alarmes et d’appliquer leurs solutions.

Pourtant, dès le début , nous avons tous été au courant de la gravité de la situation. Chaque jour, les médias parlent uniquement du coronavirus, le nombre de décès est donné en direct, des messages de prévention du gouvernement envahissent le net et des allocutions et autres discours officiels sont donnés de façon régulière. Impossible d’y échapper : la situation est grave et tout le monde est mis dans l’urgence. “Nous sommes en guerre” a déclaré le Président de la République, soulignant la gravité de la situation dans laquelle nous nous trouvons. Il est primordial de fonctionner de la même façon avec le réchauffement climatique. Oui, le pire va arriver. Oui, il faut nous mettre dans l’urgence. Une médiatisation importante est plus que nécessaire : il faut que tout le monde soit au courant de la catastrophe dans laquelle nous allons. Une fois que cette prise de conscience sera nationale, il sera beaucoup plus simple de mettre en place des actions et des projets, car la population saura pourquoi c’est tant nécessaire.

Le COVID-19, a engendré et engendre encore de nombreux décès fort malheureux. Il met en évidence les failles de notre mode économique basé sur la surconsommation et la surproduction. Nous espérons sortir de cette crise le plus vite possible pour reconstruire ensemble un futur, écologique et social, en rupture avec les politiques menées jusque-là et instaurer de suite de nouvelles valeurs et lois nécessaires à la perduration de la vie sur Terre. La clé n’est pas le confinement mais bien une évolution du système antérieur, pour tendre vers une décroissance. Nous remercions infiniment lensemble du corps médical pour sa présence et son travail acharné ainsi que les travailleurs mis en danger, nous soutenons les victimes et leurs familles, et nous déplorons les morts dûes à cette pandémie. Ensemble, faisons changer les choses et apprenons de nos erreurs pour construire le monde de demain.

Our House is on Fire

Our House is on Fire

Notre maison est en feu

Fridays for Future dévoile une vidéo choc pour alerter sur le dérèglement écologique. Nous sommes collectivement aveuglés sur les questions d’environnement, et il est temps de tirer la sonnette d’alarme.

Youth for Climate France, avec de très nombreuses ONG et associations espère que l’urgence climatique sera bien prise en compte dans cette période charnière. Les épidémies que nous vivons ne sont pas sans lien avec le dérèglement environnemental.

Serres à LED : nouveau fléau ?

Serres à LED : nouveau fléau ?

On connaissait le fléau de l’éclairage urbain à outrance par les enseignes au cœur de nos villes, qui après la destruction des habitats naturels par l’urbanisation, déséquilibre les écosystèmes alentours. Mais on découvre aujourd’hui des serres géantes de plusieurs hectares qui, de nuit, sont éclairées comme en plein jour avec des LED. On a alors affaire en pleine campagne à une source de lumière environ dix fois plus puissante qu’une zone de même taille en plein Paris. Les écosystèmes alentours se retrouvent donc chamboulés par cette technique qui se répand, aujourd’hui, à grande échelle.

La création de telles aurores boréales artificielles n’est pas anodine, une quantité de lumière aussi importante en pleine nuit a des effets néfastes sur son environnement. La première chose qu’ont pu remarquer les habitants des alentours, c’est que les oiseaux chantent comme en plein jour. C’est une conséquence parmi tant d’autres sur les êtres vivants locaux. En effet le cycle de la lumière naturelle est un des premiers repères de toutes les espèces animales et végétales et une perturbation de ce cycle peut leur être défavorable. Il faut rappeler qu’une grande partie de la vie animale n’est active que de nuit et un tel changement d’environnement peut entraîner des modifications notables du comportement des individus. Par exemple, les petits mammifères fuient ces zones par peur d’être chassés par leurs prédateurs. Cela peut aussi s’accompagner d’une baisse de leur activité et donc d’une dangereuse perte de masse. Il résulte aussi de cet éclairage des dysfonctionnements pour l’orientation de certaines espèces. Cette forte lumière peut, en effet, attirer des amas d’insectes perdus, ceci profitant à certaines espèces qui donc concurrencent déloyalement les autres espèces par des mécanismes qui sortent de l’ordinaire. La reproduction d’espèces telles que les insectes bioluminescents ou plus surprenant les amphibiens est fortement perturbée par cette pollution et cela nuit fortement à leur développement. Toutes ces conséquences désastreuses peuvent amener à la fragilisation des écosystèmes et ainsi à la non régulation des espèces invasives qui prolifèreraient alors. Il peut aussi y avoir des conséquences plus profondes ; l’horloge interne perturbée sur son cycle jour-nuit peut aussi être perturbée sur des cycles plus longs, amenant de la fatigue voire d’autres conséquences selon les espèces. Ces impacts s’avèrent désastreux en milieu urbain actuellement mais ils pourraient l’être encore plus en milieu rural, à cause de la proximité avec l’habitat de très nombreuses espèces, contrairement à la ville où les habitats possibles sont très limités. Ces effets ne sont qu’un échantillon parmi tout ceux que peuvent produire ces installations.

Ces serres ont donc des conséquences non négligeables sur les alentours mais le principe même de l’éclairage en continu des plantes peut aussi être remis en question par son impact potentiellement négatif sur les plantes elles mêmes. Dans notre cas on parle plutôt de tomates au niveau de la production à grande échelle visible. Ces dégradations sont encore mal comprises par les scientifiques et il semblerait que certaines espèces s’y accommodent plutôt bien, mais des premières observations semblent émerger après expérimentations. En effet cette technique ayant pour but d’accélérer la production entraîne une surproduction de sucres nécessaires à la vie de la plante avec une photosynthèse qui ne s’arrête pas. Cela peut entraîner un déréglage négatif de la photosynthèse voire accélérer le processus de vieillissement de la plante. Le cycle interne de la plante, bien que parfois déréglée, conserve une alternance jour nuit qui implique que la plante se protège moins de la lumière lors de sa phase nuit. Ainsi, lors d’une exposition continue, les cellules de la plante peuvent s’oxyder durant cette phase et entraîner une dégradation de la plante. Dans la nature la température aide aussi la plante à ajuster son horloge interne sur le cycle jour nuit mais dans de telles serres souvent chauffées cela est aussi perturbé. D’autres facteurs extérieurs influent sur ces possibles lésions, et les espèces réagissent différemment.

Cette technique utilisée pour accélérer la croissance des plantes est plutôt récente, les entreprises majeures de ce domaine datent des environs des années 2010, c’est donc une technique nouvelle qui regroupe aujourd’hui autour d’elle un spectre assez large allant des passioné·e·s amateur·e·s, aux grandes entreprises. L’utilisation de cette technique a commencé à plutôt petite échelle dans des chambres de croissance en intérieur qui sont destinés à des endroits avec peu d’espace, en ville par exemple. C’est pratique pour se rapprocher du consommateur mais aussi pour cultiver en intérieur de façon discrète des produits moins légaux tel que le cannabis. À plus grande échelle l’utilisation de cette technique se fait en général pour les plantations de tomates en serre, dont certaines espèces sont plutôt résistantes à ce type d’éclairage. Cette technique repose sur l’utilisation de LED pour être viable. En effet les LED permettent de produire de la lumière plus efficacement que des lampes traditionnelles, elles ont l’avantage d’avoir une consommation électrique bien moins importante et une luminosité équivalente voire supérieure. Malgré cela dans certains cas des lampes traditionnelles sont utilisés. La consommation de telles installations reste astronomique, bien qu’utilisant souvent des LED, la luminosité relevée implique une consommation électrique assez monumentale. Pour trouver ces serres en France il suffit de regarder une carte de la pollution lumineuse[1], les points les plus rouges, c’est à dire lumineux, s’avèrent être des serres. Nous avons ainsi recensé quelques serres qui semblent utiliser ces techniques et elles se trouvent toutes à l’ouest de la France. La zone la plus touchée par cette pollution regroupe un ensemble de trois exploitations dont deux du même propriétaire. Celles-ci sont fortement susceptibles d’utiliser l’éclairage LED en continu. L’une des exploitations possède au moins une serre réalisée par l’entreprise de fabrication de serres Certhon, basée au Pays-Bas. Or ce fabriquant propose la construction de serres à LED et met en avant de telles serres sur son site dont une située à cet emplacement. La généralisation de ces serres est une impasse à la fois au niveau de la biodiversité, comme on l’a vu, mais aussi énergétique : la sur-consommation d’électricité induite par cette méthode nous éloigne toujours plus des perspectives nationales de réduction de consommation d’énergie. De plus les entreprises concernées mettent en avant leur côté “écologique” et “durable” sur leurs sites internet alors même qu’elles produisent des tomates ou autres plantes avec des techniques dont la plupart n’ont pour but que de faire progresser le rendement et la productivité au détriment de la nature et de la qualité du produit vendu au consommateur. Ces producteurs ont certes une part de responsabilité mais il ne faut pas négliger la responsabilité du gouvernement qui incite par différents accords l’augmentation de la production et délaisse de ce fait les producteurs voulant garder en qualité.