L’IVG en Pologne

L’IVG en Pologne

En Europe, la Pologne est depuis des années un des pays les plus restrictif sur le sujet de l’avortement. Récemment la loi a été revue. Faisons d’abord un petit point histoire :

 La libéralisation du droit à l’avortement a eu lieu durant la période communiste, plus précisément le 27 avril 1956. À ce moment-là, un avortement était autorisé dans 3 cas :
 – une grossesse mettant la santé de la mère en danger
 – une malformation du fœtus
 – une grossesse résultant d’un viol ou d’inceste
 Puis a été institué ensuite un 4ème cas tenant compte des conditions socio-économiques difficiles telles qu’une famille monoparentale, pas ou peu de revenus, une situation de pauvreté générale.

 

En 1989 le régime communiste prend fin en Pologne. Quelques années après, en 1993 le droit à l’avortement régresse. Les conditions socio-économiques ne sont plus un critère suffisant pour accéder à l’avortement et les trois autres conditions sont durcies afin d’en limiter l’accès

 

C’est en 2016 que la question du droit à l’avortement revient au cœur des débats : le projet de réforme souhaite que le droit à l’avortement ne concerne que les femmes qui sont mises en danger par leur grossesse et punir les autres cas où il y pratique de l’avortement de 5 ans de prison. D’intenses protestations empêchent la loi de passer.

 

En 2018, une nouvelle réforme tente de supprimer le motif légal pour grave malformation du fœtus mais c’est aussi un échec.

 

En 2020, le conseil constitutionnel polonais émet, sous l’égide du parti ultra catholique au pouvoir « Droit et justice » ou PiS, un arrêt stipulant que les IVG, même dans le cas d’une malformation grave et irréversible du fœtus, d’une maladie incurable ou potentiellement mortelle, sont inconstitutionnelles.

C’est le début d’une grande vague de manifestations en Pologne. Des centaines de milliers de personnes défilent dans les rues. Il s’agit des mobilisations les plus importantes depuis la chute du communisme.

Cette loi est vue comme une déclaration de guerre, une nouvelle possibilité pour le gouvernement de faire régner la terreur en Pologne.

Pour les manifestant·es il ne s’agit pas seulement d’une lutte pour l’avortement mais d’une lutte pour la liberté. La liberté de faire ses choix pour son corps. Des symboles très forts sont utilisés dans ces manifestations : « Mon corps, mon choix », « Every woman is a riot » (chaque femme est une révolte), ou encore « j’aimerais avorter de mon gouvernement ». L’éclair rouge brandi par les féministes incarne la lutte pour l’avortement

Par ailleurs, les militant·es, en réaction à l’église catholique très puissante en Pologne et un des acteurs principaux dans la lutte du gouvernement pour la suppression du droit à l’avortement, n’hésitent pas à recourir à l’apostasie. Cet acte consiste au reniement public de sa foi catholique en annulant son baptême afin d’être supprimé·e définitivement des registres de l’église catholique.

Autre élément symbolique : le cintre, alors utilisé par certaines femmes pour mettre un terme à leur grossesse de manière clandestine par manque de moyens financiers ou par souci de discrétion, les restrictions étant déjà très fortes. Des femmes choisissent également de se rendre à l’étranger dans les pays limitrophes comme l’Allemagne ou la Slovaquie. D’autres encore se procurent des pilules abortives par internet ou sur le marché noir.
 En Pologne certaines cliniques privées proposent des avortements illégaux. Ces pratiques clandestines, en plus des dangers judiciaires, comportent de grands dangers médicaux.

En 2013, une étude montre que 80 000 à 150 000 femmes polonaise choisissent de mettre un terme à leur avortement tous les ans, tandis que les chiffres officiels tournent autour de 1000 avortements légaux pratiqué par an. De plus, en 2019, 98% des avortements légaux étaient liés à une malformation du fœtus, la condition vouée à être supprimée dans les nouveaux textes.

Après les manifestations d’octobre, le décret est retiré… mais pour peu de temps : il est de nouveau appliqué le 27 janvier, réduisant définitivement les possibilités d’avortement aux cas de viol, d’inceste et de danger mortel pour la santé de la mère.
 La présidence polonaise a exprimé sa satisfaction quant au jugement prononcé. Les mobilisations reviennent. Les femmes sont moins nombreuses dans la rue mais tout aussi déterminées.

Ce qui ressort le plus dans les propos des militant·es recueillis par Euronews est la douleur de se battre non seulement pour les droits des femmes mais surtout pour « les droits de tous ».

Une manifestante déclare ainsi :

« Il y a presque quarante ans, nos parents et grands-parents ont manifesté dans ces mêmes rues et se sont battus pour la liberté et c’est très douloureux que notre génération doive faire la même chose, après tant d’années »

Magdalena Schejbal

actrice et manifestante

Les manifestations ont dépassé les frontières polonaises et suscité des réactions, émotions, au niveau international. La présidente d’Amnesty International Polska s’exprime dans un communiqué : « Tenter de passer ces lois dangereusement régressives à n’importe quel moment serait une honte, mais d’en précipiter l’examen sous couvert de la crise liée au Covid-19 est impensable. Elles vont non seulement menacer la santé et la vie de femmes et de filles, mais aussi empêcher les jeunes d’accéder à l’information dont ils ont besoin pour avoir des relations sexuelles saines. »

 

À l’échelle de Youth for Climate France, nous nous indignons qu’une telle loi soit appliquée dans un pays de l’Union Européenne sans qu’aucune mesure ne soit prise à son encontre. Ce silence, cette absence de réaction sont un laisser-passer vers un bafouement croissant des droits de l’Homme et vers une montée du conservatisme. Nous demandons instamment à l’Union Européenne, la Cour Européenne des droits de l’Homme de faire respecter la convention ratifiée par ses membres, ses signataires dont la Pologne fait partie. Pour finir, il est de notre devoir de nous rappeler, comme le plaidait Simone Veil en 1974 devant l’Assemblée Nationale française, qu’“Aucune femme ne recourt de gaieté de cœur à l’avortement (…). C’est toujours un drame et cela restera toujours un drame. ”

Podcast : I am Greta, un portrait en immersion

Podcast : I am Greta, un portrait en immersion

Affiche du film "I am Greta" : un portrait en immersion

Elle est un phénomène. 

Devenue en quelques mois l’icône d’une génération, elle est peu à peu devenue la porte-parole de milliers de jeunes à travers le monde, tous engagés pour un futur meilleur.

Mais, derrière le personnage public, qui est Greta Thunberg

Comment le cinéma peut-il aborder la question climatique et ses conséquences ?

Comment filmer l’enfance militante ?

Les peuples autochtones : un exemple de relation avec la nature ?

Les peuples autochtones : un exemple de relation avec la nature ?

Les peuples autochtones sont, d’après une fiche du Haut Commissaire aux droits de l’Homme : « des descendants de ceux qui habitaient dans un pays ou une région géographique à l’époque où des groupes de populations, de cultures ou d’origines ethniques différentes y sont arrivés et sont devenus par la suite prédominants, par la conquête, l’occupation, la colonisation ou d’autres moyens». On parle souvent de peuples natifs ou premiers peuples.

Généralement, ce sont des personnes en lien direct avec la nature, par leur mode de vie différent du nôtre, plus ou moins en rupture avec notre société, mais également par leur savoir-faire et leur savoir-vivre. Souvent méprisé-es et marginalisé-es par la société, considérés comme «inférieur-es», iels se battent pour défendre leurs droits, défendre leur identité et leurs terres. Leur culture ancestrale est un pilier dans leur fonctionnement et iels sont les premier-es à défendre la nature, de par leur proximité avec elle. Le Global Witness estime que 40% des défenseurs de l’environnement qui ont perdu la vie durant l’année 2016 étaient des individus autochtones.

Beaucoup de ces peuples se battent chaque jour contre les Etats afin de défendre leurs droits ainsi que ceux de l’environnement.

Si certains acceptent d’être en contact avec nos sociétés, d’autres restent dans leurs terres, refusant tout lien, ou très peu par l’envoi de représentants. Ces peuples sont en danger et chaque jour leur territoire retrécit. Au Brésil, les peuples vivant dans la forêt amazonienne sont plus que jamais menacés par la déforestation et les feux de forêts orchestrés par l’Etat pour créer toujours plus de terres agricoles à des fins alimentaires pour le bétail. Mais le réchauffement climatique est également un danger pour leur survie, iels dépendent de la nature qui les abrite et qui les nourrit.

Ces individus méprisés par nos sociétés sont pourtant des esprits sages possédant une grande connaissance de la nature et de l’environnement. Iels possèdent une capacité à analyser un environnement qu’on appelle «TEK» pour traditional ecological knowledges.

Si nous sommes capables d’analyser un environnement grâce aux sciences et à des expériences/analyses, iels peuvent arriver à un résultat par une simple analyse visuelle et de sens. En 2018, l’association Tchendukua a invité des chamanes Kogis (peuple racine de Colombie) à rencontrer plusieurs scientifiques français dans le but de faire un diagnostic sur la Drôme au niveau écologie. Les scientifiques avec cartes, les chamanes sans. En une semaine ils ont analysé l’eau, la végétation le climat et d’autres thèmes en confrontant leurs méthodes. Deux méthodes mais une seule et même conclusion. Les chamanes sont parvenus par le simple toucher et l’analyse d’une roche à estimer que cette dernière datait de la création de la terre, ce que les scientifiques estiment à -350 millions d’années. Iels ont pu reconnaitre les espèces végétales ayant été importées ou encore, comprendre que l’eau était en danger et avait subi des modifications artificielles. (article sur cette rencontre dans le magasine Kaizen)

Si on arrive vraiment à faire ces échanges entre vous et nous, peut-être  que l’on pourra travailler et retrouver les lois de paix et d’harmonie  avec la nature. Nous pourrons alors nous entendre pour arriver à un  accord sur la façon de protéger la nature

Chamane Bernardo

explication aux scientifiques

Ces savoirs ancestraux sont plus que jamais utiles et il serait indispensable que ces peuples puissent être accueillis et respectés par nos sociétés. Beaucoup de membres de leur nouvelle génération entament des études afin de travailler avec les scientifiques, bien qu’iels aient déjà des TEK.

Cette collaboration pourrait nous permettre de changer notre rapport à la nature et parvenir à mieux la comprendre et la respecter. Ces TEK ont déjà fait l’objet d’appropriations par certains individu-es, en effet des personnes ayant eu connaissances de ces TEK se les sont appropriées dans leur métier sans mentionner les sources de ce savoir qui sont les peuples autochtones, il est donc également important de protéger ces savoirs ancestraux qu’iels partagent avec sagesse et non dans un but de profit ou de mérite.

La Convention Citoyenne pour le Climat

La Convention Citoyenne pour le Climat

Aujourd’hui, nous abordons un sujet d’actualité : la Convention Citoyenne pour le Climat (ou CCC).

Il s’agit d’une assemblée de 150 citoyen·nes français·es de plus de 16 ans qui ont été tiré·es au sort dans la population française pour être représentatif·ves de sa diversité.

Cette initiative du Président de la République a été lancée le 25 avril 2019.

L’objectif était de produire une série de mesures, qui auraient pour objectif de réduire nos émissions de gaz à effet de serre de 40% d’ici 2030, par rapport à celles de 1990. Celles-ci, sous forme de propositions législatives, seront présentées au Parlement et votées par référendum ou même directement appliquées. Elles ne seront pas rendues publiques avant la finalisation et les votes définitifs. La session 7 se tiendra les 19, 20 et 21 juin.

Ce travail a été réalisé en répartissant les 150 personnes dans 5 groupes de travail, dont chacun était orienté vers un enjeu différent tel que : se loger, se nourrir, se déplacer, consommer, et travailler et produire. De nombreux·ses intervenant·es expert·es dans les domaines traités sont intervenu.es pour permettre aux rédacteurices d’avoir toutes les données en main pour effectuer leur travail

 

Il est important d’agir pour construire demain

C’est pour cela que les citoyen·nes de la CCC ont travaillé sur l’urgence climatique et les moyens d’y répondre. Préparer le monde pour les générations futures, un futur vivable, sur une planète habitable : tel est le défi. Cela implique notamment un changement drastique des modèles économiques et sociaux actuellement en place.

D’autant plus aujourd’hui, quand d’importantes décisions de sortie de crise sont à prendre, les  membres de la CCC veulent rappeler au Gouvernement que cela ne doit pas se faire au détriment du climat, de l’humain et de la biodiversité. C’est aujourd’hui que l’on prépare l’avenir que l’on veut, plus juste socialement et écologiquement parlant.

Pour ce qui est de Youth for Climate, la décision a été prise collectivement de soutenir cette initiative.

L’indépendance et la représentativité de la Convention, ainsi que l’attention particulière portée aux questions sociales et l’impact potentiel des mesures prises sur ces questions ont été des critères déterminants dans notre choix. De plus, nous considérons que les membres de la Convention ont été suffisament informé·es et encadré·es par des expert·es scientifiques sur les questions relatives au changement climatique et aux enjeux de réduction des émissions de gaz à effet de serre, de manière à pouvoir prendre les décisions nécessaires.

Youth for Climate s’engage donc à soutenir, en y accordant sa pleine confiance, la Convention Citoyenne pour le climat, afin que les propositions soient soumises telles qu’écrites, et mises en place dans les plus brefs délais, au vu de l’urgence de plus en plus insistante.

Cela implique aussi une mobilisation de la centaine de milliers de jeunes mobilisé·es pour le climat et la justice sociale dans le cas où le gouvernement n’appliquerait pas les propositions tel qu’il s’y est engagé.

Le numérique, source de problèmes

Le numérique, source de problèmes

Avec l’arrivée du Covid-19 et la mise en place de mesures de confinement, notre vie sociale, plus que jamais, se déroule au travers des écrans. Il ne s’agit pas ici d’énumérer les points positifs que l’on accorde au numérique. Nous savons toustes, notamment dans le militantisme, la recherche, l’art, ou la culture (liste non exhaustive) qu’il est aujourd’hui un outil pratique et accessible au plus grand nombre. D’ailleurs cet article n’aurait pu se faire sans l’aide d’internet et de mon ordinateur. Néanmoins il existe des dérives qu’il serait dangereux d’ignorer et que nous nous devons de prendre en considération.

La religion du progrès nous fait parfois oublier les conséquences néfastes qu’ont nos outils électroniques sur nous mêmes et sur l’environnement. Chacun-e de nous possède un ou plusieurs écrans chez lui : une télévision, un ordinateur, un smartphone, une console de jeu… et le temps que nous leur consacrons est astronomique. Entre autres chiffres choc on estime par exemple l’usage moyen d’un-e lycéen-ne à 2400 heures d’écrans par an, ce qui représente environ 2,5 années scolaires. On en passe du temps derrière un écran… Il y a quelque chose de presque hypnotique, on est sans cesse sollicité-es par une notification, un nouveau post, une story, un like. Il y a toujours quelque chose à voir ou à faire. Et qui ne s’est jamais perdu sur internet pendant 20, 30 ou 40 minutes, avant de se rendre compte qu’iel s’était juste connecté-e pour envoyer un mail ?

Des montagnes de données s’accumulent lorsque nous partageons des vidéos, téléchargeons des musiques, ou achetons des produits sur Amazon. Ces données sont conservées dans ce qu’on appelle des data centers, de gigantesques serveurs de stockage fonctionnant 24 heures sur 24 et situés un peu partout dans le monde. On estime que la consommation d’électricité en 1 journée d’un data center équivaut, pour les plus importants d’entre eux, à celle d’une ville de 30 000 habitants. En terme de dépense électrique les data center représenterait aujourd’hui 4% de la consommation mondiale, et si l’on considère le numérique dans son ensemble on arrive au chiffre de 10 à 15 % de l’électricité mondiale.

Autre point sensible. La fabrication d’un outil électronique nécessite, entre autres, des terres rares : matières minérales essentielles à sa conception. Problème : l’extraction et le traitement de ces terres rares produit des déchets toxiques et engendre une forte pollution. Ceci étant favorisé par une surconsommation d’objets connectés engendrée pour l’écrasante majorité par notre société occidentale. D’après une étude menée par l’INSEE sur les impacts environnementaux du numérique, 17 % de la population française détenait un smartphone en 2011. Chiffre qui est passé à 75 % en 2018. Autre fait inquiétant : selon cette même étude le taux de recyclage global des métaux des téléphones portables est très faible, de l’ordre de 18 %… à ajouter à cela que l’écrasante majorité de ceux que nous achetons sont neufs et qu’on sait que « 90 % des gaz à effet de serre (GES) associés à un smartphone proviennent de la phase de fabrication ». Plus la demande augmente, plus l’offre fait de même, et plus la pollution s’accroît. Il est grand temps de stopper cette frénésie consumériste non essentielle à notre survie et à notre épanouissement ! Et Même si les émissions engendrées par le numérique (qui en 2017 comptabilisaient 3,7 % des émissions de GES mondiale) sont relativement peu élevées en comparaison à d’autres domaines, le développement exponentiel de son usage devrait sérieusement nous questionner pour l’avenir.

L’INSEE conclue dans son rapport que « la miniaturisation des équipements et l’invisibilité des infrastructures accentuent le côté « imperceptible » du numérique. La réduction de l’impact environnemental du numérique passe ainsi d’abord par un changement de perception et de comportements. »

Encore une fois on a l’impression qu’il est demandé au/à la consommateur-ice seul-e de changer ses habitudes, solution qui a ses limites. Peut être est-il sous entendu que le « changement de perception et de comportement » devrait être amené par l’éducation, la mise en place de lois et/ou de campagnes de sensibilisation, c’est à dire par l’action du monde politique ? Pas clair… Mais il serait bon que nos dirigeant-es se tournent dès à présent vers ces problématiques.

Du côté de la santé ce n’est pas mieux, et c’est même assez inquiétant. D’après de nombreuses études, que met en synthèse le livre « La fabrique du crétin digital » de Michel Desmurget, le lien entre problèmes de santé et écrans est désormais solidement établi. Dans le chapitre 7 intitulé « Santé : une agression silencieuse » l’auteur démontre que les écrans ont un impact direct sur le sommeil (avec des conséquences physique, émotionnelles et intellectuelles), sur la sédentarité et le manque d’activité physique (facteur d’obésité, de condition physique et de santé altérée…) mais aussi sur l’influence que des contenus à risques ont sur notre prise de décision dans la manière dont nous vivons (initiation au tabagisme, aux pratiques sexuelles sans protection, aux drogues, à l’alcoolisme, à la violence…).

D’autre part il ne faudrait pas oublier qui a la main mise sur l’écrasante majorité de ces outils : les GAFAM (Google, Apple, Facebook, Amazon, Microsoft). On pourrait presque qualifier cela de de colonialisme numérique tant ces géants occidentaux ont une influence décisive et jouent un rôle stratégique dans la géopolitique et les relations internationales. Des d’entreprises privées par ailleurs critiquées au sujet de leurs abus en terme de données collectées, de vie privée, de fraude fiscale, de précarisation de l’emploi, de censure… En sachant tout cela, il est possible de favoriser des moteurs de recherche plus propres et solidaires, comme Lilo, Ecosia ou Ekoru, mais surtout d’essayer de réduire notre dépendance à ces monstres du monde technologique. Malgré tout le mieux reste encore de réduire au maximum notre consommation.

Le numérique est par ailleurs un formidable outil de contrôle pour l’État. La pandémie de coronavirus est ainsi devenue le prétexte utilisé par de nombreux pays pour tester leurs nouveaux joujoux sécuritaires (y compris en France). À lire, le livre autobiographique « Mémoires vives » écrit par le lanceur d’alerte Edward Snowden, qui retrace l’histoire de la mise en place de programmes de surveillances de masse par las agences de la NSA et de la CIA. Autre conseil de lecture, l’indémodable « 1984 » écrit par George Orwell, une dystopie mettant en scène une société totalitaire se servant du numérique pour asseoir un contrôle total sur la population.

Ainsi, après la crise sanitaire que nous traversons, utilisons le numérique de manière plus raisonnable, en limitant notre usage. Cela peut se faire progressivement. Mais lorsque nous y arriverons nous n’en serons que plus éclairés. Le temps que nous passons sur les écrans libéré, tout un tas d’activités s’offrent à nous. Retrouvons notre lien avec le vivant, jouons avec nos frères, nos soeurs, retrouvons nos amis, écrivons, peignons, jouons de la musique ou bien engageons-nous dans une association, une ONG pour soutenir activement une cause ! Et bien sûr reconsidérons la lecture. Rendons-la disponible partout ! A l’image de ces initiatives de librairies partagées qui fleurissent dans nos quartiers. Le livre, quel que soit son genre, est une ressource indispensable pour construire un esprit critique, que ce soit au travers d’un roman, d’une poésie, d’un manifeste ou d’une étude.

Et si vous ne savez pas par où commencer je souhaiterais mettre en lumière une initiative prise par des membres de Youth For Climate de lancer une bibliothèque sur discord, où vous trouverez toutes sortes de références pour vous enrichir et enrichir les autres !

Sources :

  1. statistiques du numérique, INSEE environnement
COVID-19, quelles leçons à tirer pour le futur ?

COVID-19, quelles leçons à tirer pour le futur ?

L’apparition de la pandémie du COVID-19, cette tragédie soudaine, nous a dévoilé l’impact de notre monde consumériste sur le climat. En effet, l’arrêt des activités industrielles engendré par la crise sanitaire a diminué temporairement les émissions de CO2, car la plupart des entreprises polluantes se sont retrouvées en suspens. Cet épisode que nous vivons est dramatique pour l’ensemble de l’humanité. Cependant, nous pouvons d’ores et déjà en tirer un enseignement pour penser notre monde d’après, quand la vie active reprendra.

La crise sanitaire engendrée par le COVID-19 est monstrueuse et nous amène à nous demander si l’humain est responsable de cette propagation aussi rapide. Quand cette maladie a été découverte en Chine, elle s‘est très vite répandue dans l’entièreté de notre monde. Ceci est dû à l’utilisation massive de moyen de transports peu écologiques tels que les avions qui voyagent à travers le globe. La mondialisation, impliquant de nombreux transports, nuit sensiblement à l’environnement et pousse à une consommation démesurée. De plus, les conditions de vie des ouvriers chinois sont déplorables notamment à cause d’un salaire faible et d’un traitement inacceptable de la part des chefs d’usine qui font cela uniquement dans le but d’assurer les meilleurs bénéfices à leurs entreprises, comme le montre une vidéo, diffusée sur france 2. Les entrepreneurs le savent et s’implantent donc en Chine, ce qui leur permet de payer les salariés le moins possible, mêmes si cela est néfaste pour l’environnement. D’autre part, le matériel nécessaire pour lutter contre la maladie, comme des tests de dépistage et des masques, est insuffisant dû à la centralisation des activités en Chine. Afin de développer l’autonomie de notre pays, nous devons repartir sur des activités plus locales et plus respecteuses de l’environnement et ainsi que des ouvriers.

Depuis le début du confinement chinois, nous avons pu constater (selon “Le Monde”) que la concentration en particules fines a baissé de 20 % à 30 % dans ce pays. La pollution atmosphérique y est responsable de la surmortalité d’environ 1,1 million de personnes par an, d’après l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS). Le confinement imposé par le gouvernement chinois a donc fait plus qu’endiguer la maladie, il a sauvé des vies. Néanmoins Il ne faut pas trop se réjouir de ces nouvelles car tout n’est pas acquis, le système dans lequel nous vivions avant ce confinement, basé essentiellement sur le productivisme et le néolibéralisme, est d’une cruauté monstrueuse pour notre douce planète, qui voyait ses forêts et ses océans se faire ravager. Le néolibéralisme a lui même fortifié les inégalités sociales, sachant que le COVID-19 touche d’avantage les plus précaires et les moins à l’abri. Ainsi, ce système est nuisible aussi  bien pour la nature que pour nous. Nous savons que la période de confinement est trop courte pour avoir un réel impact sur le long terme, mais celle-ci nous a montré qu’une possible diminution des activités industrielles et un bouleversement du modèle économique et sociétale en place pourraient sauver les espèces habitant sur cette planète, dont l’humanité. Après cet épisode de vie au ralenti que nous avons accepté pour protéger chacun d’entre nous, la question est : voulons-nous retourner dans un système de consommation qui vise seuleument à concentrer le maximum de richesses, détenues par une infime partie de la population, qui nous entraine petit à petit vers une extinction de masse de la vie sur Terre ?  Nous ne voulons pas d’un retour à la “normale”, car c’est cette normalité qui nous pousse à la destruction massive des êtres vivants et des écosystèmes. Alors, voyons le COVID-19 comme un point de départ pour évoluer vers un futur se basant sur la solidarité et le respect de la vie, en banissant les productions inutiles.

Le COVID-19 nous a ouvert les yeux sur les limites du capitalisme, car il a causé une importante crise économique. Le PIB de la France a chuté de 6%, ce qui annonce de grandes mesures après le confinement pour relancer notre activité économique. Nous pouvions déjà le comprendre après le discours du 13 avril 2020, où Emmanuel Macron nous a annoncé que certains travailleurs pourraient reprendre leur travail, et que les écoles réouvriront progressivement après le 11 mai, alors que nos pays voisins ne reprendront pas les cours avant septembre. En effet, les entreprises vont essayer de réduire leurs pertes sur l’année. Pour cela, elles vont produire encore plus qu’avant et faire en sorte que la population achète de plus en plus. Cette relance massive de l’économie va se sentir également au niveau de la pollution, qui va faire un bond. Nous savons que cela produirait des problèmes écologiques, comme en 2008, ou encore après la Seconde Guerre Mondiale. Il faut apprendre de nos erreurs, nous ne sommes pas restés confinés durant plusieurs mois pour repartir dans un système qui ne prend pas en compte la vie sur Terre et qui donc, la détruit petit à petit. L‘économie n’est pas le plus important et il faut revoir nos priorités : la planète et les humains avant l’argent et la croissance.

En voyant le COVID-19 ravager la Chine, de notre oeil occidental nous n’avons pas eu peur. Nous ne pensions pas que les malheurs qui se passaient à l’autre bout du globe pourraient arriver un jour jusqu’à nous. Nous avons eu tort. Quand ce virus est arrivé dans nos maisons, nous avons tout de suite changé notre point de vue et accepté de nous restreindre à certaines règles. Ce même schéma de prise de conscience peut est reproduit pour la crise climatique, nous ne nous alertons que lorsque le problème nous atteint personnellement . Même si la France et plus globalement l’Europe sont peu atteintes par le dérèglement climatique,  des régions du monde sont déjà touchées par des catastrophes naturelles amplifiées ou un réchauffement drastique, comme dans les pôles où le réchauffement est deux fois supérieur à celui que nous ressentons. Si nous attendons de lourdes conséquences du réchauffement climatique pour agir, il sera trop tard. Anticipons pour ne pas franchir le point de non retour et rappellons-nous qu’il n’y aura aucun vaccin pour cette crise.

Nous pouvons faire le lien entre le COVID-19 et l’inaction de notre pays face à la crise écologique : nous réagissons seulement lorsque nous devenons, à notre tour, victimes. Malheureusement, concernant le réchauffement climatique, au moment où nous le ressentirons réellement en Europe, il sera trop tard. La solution est donc d’apprendre à anticiper pour agir avant de ressentir les conséquences, et ainsi, de les éviter.

Lors de cette pandémie, les politiciens se sont tournés vers les scientifiques pour recevoir leurs conseils. C’est grâce aux scientifiques et au personnel hospitalier que le pire a pû être évité. Il faut agir de la même manière avec la crise climatique. Écouter les scientifiques et leurs conseils est une véritable nécessité. Seuls les scientifiques connaissent, développent et proposent des solutions efficaces pour stopper le dérèglement climatique. Les politiques doivent les écouter et suivre de près leurs instructions, comme ils l’ont fait pour la pandémie. Nous sommes menacés et les rapports scientifiques nous alertent chaque jour. C’est le moment ou jamais de prendre en compte leurs alarmes et d’appliquer leurs solutions.

Pourtant, dès le début , nous avons tous été au courant de la gravité de la situation. Chaque jour, les médias parlent uniquement du coronavirus, le nombre de décès est donné en direct, des messages de prévention du gouvernement envahissent le net et des allocutions et autres discours officiels sont donnés de façon régulière. Impossible d’y échapper : la situation est grave et tout le monde est mis dans l’urgence. “Nous sommes en guerre” a déclaré le Président de la République, soulignant la gravité de la situation dans laquelle nous nous trouvons. Il est primordial de fonctionner de la même façon avec le réchauffement climatique. Oui, le pire va arriver. Oui, il faut nous mettre dans l’urgence. Une médiatisation importante est plus que nécessaire : il faut que tout le monde soit au courant de la catastrophe dans laquelle nous allons. Une fois que cette prise de conscience sera nationale, il sera beaucoup plus simple de mettre en place des actions et des projets, car la population saura pourquoi c’est tant nécessaire.

Le COVID-19, a engendré et engendre encore de nombreux décès fort malheureux. Il met en évidence les failles de notre mode économique basé sur la surconsommation et la surproduction. Nous espérons sortir de cette crise le plus vite possible pour reconstruire ensemble un futur, écologique et social, en rupture avec les politiques menées jusque-là et instaurer de suite de nouvelles valeurs et lois nécessaires à la perduration de la vie sur Terre. La clé n’est pas le confinement mais bien une évolution du système antérieur, pour tendre vers une décroissance. Nous remercions infiniment lensemble du corps médical pour sa présence et son travail acharné ainsi que les travailleurs mis en danger, nous soutenons les victimes et leurs familles, et nous déplorons les morts dûes à cette pandémie. Ensemble, faisons changer les choses et apprenons de nos erreurs pour construire le monde de demain.