Procès Climatique : deux militants menés en justice par un État climaticide

Ce jeudi 16 Janvier, Antoine Piron, jeune activiste Youth for Climate de 18 ans et Amaury, activiste chez Extinction Rébellion se présenteront à une composition pénale. Un rassemblement de soutien est prévu à 16H30 à la Cité Judiciaire de Rennes. Nous dénonçons l’attaque en justice par l’État d’un jeune qui, par la désobéissance civile a tenté de revendiquer son droit à l’avenir. La désobéissance civile est aujourd’hui une nécessité, car le changement climatique n’attendra pas l’action de l’État pour agir. Alors que l’État reste enfermé dans la répression, nous passons à l’action.

Ce Jeudi 16 Janvier, Antoine Piron, jeune activiste Youth for Climate de 18 ans et Amaury, militant chez Extinction Rébellion passeront comparaîtront au Tribunal de Grande Instance de Rennes, à la suite d’actions de protestation menées en France le Vendredi 29 Novembre contre le Black Friday.

Ces opérations de « Block Friday » avaient pris forme dans le cadre d’une campagne nationale de Youth for Climate visant à dénoncer l’appel à la surconsommation dont cette journée est le paroxisme : notre système économique basé sur la croissance infinie encourage les citoyens à consommer toujours plus, et toujours de moins bonne qualité, engendrant ainsi un phénomène de surproduction et de production du besoin. Vous trouverez en cliquant sur ce lien le communiqué de presse national concernant le Block Friday.
À Rennes, cette journée s’est traduite par un blocage d’un lieu symbolique de la surproduction : les Galeries Lafayette. Les collectifs citoyens Extinction Rébellion, ANV COP21 et Youth for Climate ont appelé à une action de désobéissance civile qui visait à entraver le déroulement d’une journée comme celle-ci, qui n’est plus en phase avec les réalités écologiques et sociales.

“Il est plus que temps de changer radicalement de modèle. On ne peut plus avoir d’œillères et continuer de consommer alors que la planète meurt.”
Jeune militante présente sur les lieux du blocage.

C’est lors de ce blocage qu’Antoine Piron a été arrêté en compagnie d’Amaury. Ses chefs d’accusation, « Participation sans armes à un attroupement après sommation de la police » et « Rébellion », témoignent de son action. Il était « sans armes », respectant ainsi un principe non-violent qui ne fait que renforcer sa détermination à construire un monde pour tous, et non contre d’autres. Il se rebellait face à un système qui privilégie toujours la croissance économique qu’elle qu’en soit le prix. Qui détruit notre planète et notre société, creusant des inégalités toujours plus importantes et en créant de nouvelles. Car ce ne sont pas les riches pollueurs, qui subissent dès aujourd’hui les conséquences du réchauffement climatique. Ce sont les habitants des pays les plus pauvres qui essayent de faire face à des catastrophes naturelles toujours plus violentes avec des moyens toujours plus réduits. Aussi réduits que leur voix face au géants de la finance et aux multinationales.

Alors les deux activistes ont cherché un moyen de s’exprimer. Un moyen de réagir face à la crise sociale, écologique et démocratique à laquelle nous faisons face. Son acte, désobéissant, doit être « interprété comme le substitut nécessaire du dialogue impraticable entre le président de la République et le peuple ». Car comme l’a dit le juge en charge de l’affaire des décrochages de portrait d’E. Macron à Lyon, juste avant de prononcer la relaxe des inculpés, « le mode d’expression des citoyens en pays démocratique ne peut se réduire aux suffrages exprimés lors des échéances électorales mais doit inventer d’autres formes de participation dans le cadre d’un devoir de vigilance critique »¹.

Face à un État qui préfère la répression à l’action, nous ne nous laisserons pas faire et demandons la compréhension qu’a su avoir le juge Lyonnais le 2 Septembre dernier. La désobéissance civile est aujourd’hui nécessaire face à un État destructeur et sourd.

En soutien aux deux prévenus, un rassemblement est prévu à la Cité Judiciaire de Rennes à 16H30. Celui-ci dénoncera ce passage en justice incohérent. Nous sommes la nature qui se défend. La nature n’attendra pas l’État. Nous non plus.

Témoignage d’Antoine Piron, militant Youth for Climate :

« Vendredi, je me suis rendu compte que ma liberté m’était précieuse. Un blocage. Une manifestation pacifique pour notre planète, pour notre humanité. Des convictions. Je ne cède pas. Je me bats, sans violence pour notre avenir. On m’a souvent répété : « La liberté des uns s’arrête où celle des autres commence. » Ma liberté de défendre notre espèce, la planète, le vivant, s’arrêterait donc où la liberté des autres, celle de consommer et de produire à outrance commencerait ? Attendez, vous rendez-vous compte de l’énormité de cette phrase ? Cela ne peut pas être vrai. Il faut que ça change. L’espèce humaine est bien plus belle et plus sensée que cela. Nous nous trompons de bonheur. Réveillons-nous, unissons-nous : jeunes ou moins jeunes, riches ou pauvres, citadins ou ruraux. Nous vivons sur la même planète. Apprenons de chacun. De l’espoir, pas d’exaspération. Le système nous divise. Unissons nos forces, dans la tolérance, l’amour et la paix. »

Sources :
1 : Libération : Relaxe des décrocheurs de portraits de Macron : «Le juge a tout compris aux objectifs de nos actions»

Contacts Presse :
Damien HOT ROBIN – 07 86 45 90 64 – dadamien14@protonmail.com
Antoine PIRON – 06 95 59 10 68 – piron.antoine@outlook.fr
presse@youthforclimate.fr

 

A nos parents

Pensez à vos enfants en lisant ce mot. J’en suis. Je ne suis qu’un enfant de 17 ans. Et vous me condamnez à vivre l’enfer. Aujourd’hui, demain, et ce pour des générations. Cet été de vacances surchauffées a su nous donner un aperçu délicat de ce qui deviendra la norme bien plus vite qu’on ne le croit.

La science nous a amené jusqu’ici, elle saura nous sortir de cette impasse. C’est pour cette raison que, plutôt que de devenir physicien, boulanger, médecin ou juriste, j’ai choisi d’étudier l’environnement. Je n’ai littéralement plus le choix. Mais si la science peut nous sauver, encore faut-il accepter de l’écouter.

Qu’ils soient du CNRS, du CEA ou de Météo France, plus d’une centaine de chercheurs français ont annoncé, pour couronner l’été, que dans le pire des scénarios, celui de l’inaction totale qui nous guette, jusqu’à 7°C supplémentaires seraient envisageables d’ici 2100.

Que faut-il faire, que faut-il dire? Rappeler que 4°C nous séparent de la précédente aire glaciaire où la plage se situait à -130md’altitude ? Vous répéter que nous avons peur? Nous ne voulons pas être consolés. Que nous vous en voulons? La situation n’en serait que pire encore. Que nous cherchons les coupables? Peu nous importe. Tentons plus simplement la vérité.

Nous ne passerons pas 7°C à 7 milliards d’êtres humains. Voilà ce que personne ne veut voir. Ce que vous ne voulez pas entendre.Voilà pourquoi il faut agir. Le silence est coupable.
Il n’est plus question de progrès, plus question de confort, mais question de survie. De quel avenir rêvez-vous pour nous? Quand mon fils de 5 ans me dira, un soir: «Papa, j’ai peur d’être attaqué par un ours…», devrai-je lui répondre qu’il ne craint rien, car cette espèce aura disparu? Sûrement. Mais comment lui expliquerai-je à 11ans que son cousin Jules, de 4 ans son ainé, ne viendra plus à Noël, parce qu’il aura fait partie des milliers de victimes du passage d’un ouragan lors de son voyage en Floride? Comment lui annoncer pour ses 12 ans que le budget vacances financera les réparations des lézardes causées par la canicule de Juin?

Papa, que me murmureras-tu pour me consoler, pour rester fort, pour rester debout,quand, serrant contre moi mes enfants, leurs petites mains au creux des miennes, nous jetterons une rose sur le cercueil de leur mère, emportée par un cancer du sein? Que tu ne pouvais empêcher l’usage de pesticides?
Maman, que nous diras-tu, lorsque le 20 juillet 2048, date du 14e anniversaire de ma fille, deviendra aussi le jour où la canicule aura emporté mon père? Que 70 ans était un bel âge?

Devrons-nous adresser nos prières à la Science, à Dieu, Allah, Yahweh, à l’Etat ou seulement aux survivants, lorsqu’une série d’incendies emportera tout espoir de visiter la Provence avant de voler ma sœur et son mari à l’amour de leur fille?

Ce que vous nous offrez en héritage, ce n’est pas un monde. C’est simplement l’enfer. Nos yeux sont ouverts, grâce à cette éducation que vous nous avez offerte. Nous écoutons la science.
Chaque jour nous découvrons un peu plus que chaque seconde nous mène vers l’inévitable : des canicules, des incendies, des ouragans, des territoires qui disparaissent, des espèces que l’on n’admirera plus, une production alimentaire altérée, un air pollué, tout comme l’eau que nous buvons, pendant que nos ressources s’épuisent à mesure que leur répartition devient plus inégale. Mais il semble que seuls nos cœurs d’enfants puissent voir l’essentiel, à travers cette myriade d’évènements.

À 7 milliards, avec 7°C supplémentaires, nous connaîtrons la faim, le deuil, la maladie, les émeutes, la guerre, la misère, la folie… nous connaîtrons la mort. L’espèce invasive que nous sommes devenus payera dès demain pour sa folie. Nous payerons pour vous. Moi, ma famille, mes amis, comme tous vos enfants. Votre famille.

Aujourd’hui nous quittons nos postes, nos amphi’ ou nos salles de classe, parce que nous avons été suffisamment bien éduqués. Parce que nous écoutons la science. Je peux réciter de tête le résumé du cours d’environnement : « Nous risquons tous notre vie. Mais rassurez-vous… votre angoisse est compréhensible, face à l’ampleur des dégâts. »En même temps que nous étudions pour notre avenir, nous devons le défendre.

Nous heurterons un mur, et plus nous serons de fous, plus nous mourrons. Personne ne sera épargné. Le choc est déjà devenu inévitable. Mais il nous reste à décider du nombre de survivants.
Voilà pourquoi nous sommes aujourd’hui des millions à descendre dans la rue. Nous représentons vos enfants qui demain, seront des milliards à descendre en enfer. C’est notre ultime espoir de tout changer. Nous sommes décidés à ne pas y rester pour l’éternité.
Aujourd’hui, des millions de jeunes. Demain, des millions de morts. J’écoute simplement la science. J’étudie. Pour l’avenir.

Amael

Top 5 des applis écolos

On le sait, internet pollue. Le secteur informatique pollue d’ailleurs plus que le secteur de l´aviation. Mais tout n’est pas forcément à jeter dans la vaste masse d’informations qui nous est proposés ! Il existe des applications téléphones et ordinateurs qui ont un impact positif sur l’environnement. Voici une petite sélection à découvrir et installer !

1. Lilo ou Ecosia

Plutôt que Google ou Safari, utilise Ecosia ou Lilo comme moteur de recherche ! Le premier plante des arbres toutes les 12 recherches et le deuxième te permet de collecter des gouttes à chaque rechercher, puis de les distribuer aux associations sociales ou environnementales que tu veux. Les gouttes cumulées se transforment alors en argent.

2. Gooded

Regarder trois vidéos de vingt secondes par jour, c’est peu et pourtant, avec Gooded, cela devient beaucoup. Visionner pendant une minute des publicités va permettre de financer des projets divers et variés, autant écologiques que sociaux. Simple et efficace.

3. Forest

Si tu as du mal à lâcher ton téléphone pour te concentrer et travailler, Forest sera parfait pour toi ! Cette application bloquera pendant un temps choisi ton téléphone. Et durant cette période, tu gagneras des pièces, ensuite transformables en véritables arbres.

4. Too good to go

Cette application va sûrement sauver la vie de ton porte-monnaie ! Pour éviter de gaspiller de la nourriture, les restaurants ou magasins inscrits, en fin de journée, proposent des paniers de produits à un prix défiant toute concurrence par rapport aux pris habituels. Moins cher et moins de gaspillage donc tout le monde est content.

5. Eco life hacks

En plus de calculer ton emprunte carbone, cette application du tonnerre te donnera 1000 astuces pour la réduire toujours plus.Avec ses 6 catégories différentes : Alimentation, Consommation, Déchets, Eau, Énergie et Maison, tu pourras autant te renseigner sur quels poissons faut-il ne pas manger, que sur comment faire ta propre lessive ou encore sur les alternatives aux pesticides pour ton jardin. Même quand tu crois tout savoir, tu ne sais pas tout !

Le petit bonus : Fruits et légumes de saison. Si t’es perdu dans saison ou pas saison, cette appli t’aidera à coup sûr !
Avec tout ça, tu ne pourras plus dire que tu ne sais pas quoi faire pour sauver la planète ! Et n’oublie pas que tous les gestes comptent… Même les plus petits d’entre eux !

Julie

5 gestes écologiques à faire dans ta vie d’étudiant

  Toi qui es au collège, au lycée, ou dans un établissement d’enseignement supérieur. En ces temps où la lutte pour la protection de notre jolie planète s’intensifie, l’Éducation Nationale a décidé de mettre en place des mesures telles que l’implantation de potagers ou la mise en place d’éco-délégués dans les écoles, un effort est nécessaire de ton côté aussi.
  Voici donc une liste de 5 gestes simples à faire dans ton bahut pour faire ta part du colibri !

    1. Achète des fournitures respectueuses de l’environnement

  Chaque année, c’est la même interrogation : de quels objets aura-t-on besoin cette année?

  Tout d’abord, scrute la composition des produits. Des labels, comme le PEFC, qui indique que le papier du cahier ou des copies que tu utilises provient de forêts durablement gérées, l’Ecolabel européen, te guideront dans tes achats. 
  Procède de même pour ta colle, en préférence sans les produits chimiques que contiennent les Uhu ou autres Cléopâtre. Là-dedans, on retrouve, entre autres, des solvants tels que l’acétone et le toluène, toxiques pour ton système nerveux, ou le formaldéhyde, qui provoque des réactions allergiques. Ils sont volatiles, donc ils sont rejetés dans l’air que toi, mon cher ami, tu respires .
  Les crayons de papier à bois non-traité (qui, contrairement à ceux de certaines marques, ne contiennent pas de phtalates, perturbateurs endocriniens), stylos-bille rechargeables sont à acheter impérativement, tout comme les stylos-plumes que tes darons ont pu connaître durant leur enfance. 
  Enfin, privilégie la gomme sans latex – de type caoutchouc naturel – ou le correcteur à ruban (bien plus écolo que le correcteur liquide).
    2. Réutilise à fond!
  Une autre solution à prendre, c’est la récup’. A quoi bon acheter inutilement un surligneur si tu en possèdes un qui n’a quasiment pas servi? 
  Ainsi, fais le tri dans tes affaires, reprends ce qui peut l’être, sachant qu’une règle te durera pas mal de temps.Un stylo, s’il est déjà rechargeable, peut te durer plusieurs années si tu l’utilises correctement. Et que dire des trousses ? Elles te serviront tout au long de ta scolarité si tu en fais un bon usage.
  Tu peux aussi aller faire tes courses chez des associations qui revendent des fournitures scolaires inutilisées. Des lieux comme les ressourceries (qui proposent des invendus du commerce) ou Emmaüs de ta ville sont les meilleures adresses. 

   3. Achète du matos qui dure!

  Quand tu achètes des fournitures de marques comme Pilot ou Bic, qui sont faites le plus souvent de plastique, tu t’exposes à une durée de vie du produit moins longue, puisque le dérivé du pétrole peut être moins solide que d’autres matériaux. 
  À l’inverse, le bois qui compose les arbres, attrape-carbone naturels, qui naturellement atteint des centaines d’années, vieillira certes, mais le crayon sera toujours debout (pas dressé comme ta main en cours), puisque la dégradation du bois sec prend beaucoup de temps. Donc les produits doivent être faits de matière·s qui respectent l’environnement et durent. Je n’ai rien de plus à ajouter.

   4. Change tes habitudes pour aller en cours

  Avec le développement des transports en commun dans les villes et entre celles-ci, ainsi qu’avec un choix grandissant d’offres de mobilité, tu as à ta disposition un large panel de moyens de locomotion qui te permettront d’aller dans ton bahut.
  Ainsi, si tu habites en périphérie de la ville, privilégie le bus, le tram ou le train de banlieue pour faire le trajet. En effet, ces types de transports, et en particulier le ferroviaire, émettent moins de CO² par personne qu’une voiture (qui n’est d’ailleurs pas une très bonne solution dans certains centres-villes où les restrictions automobiles sont fortes).                    
  Attention toutefois à ne pas croire que venir en voiture électrique sera moins polluant: si à première vue l’électrique rejette moins que la diesel ou l’essence, sa production pollue en revanche bien plus (batteries contenant des composés chimiques coûteux à extraire et à importer). Et en plus, la source d’énergie a aussi une incidence sur ça: un modèle électrique aux batteries rechargées par un système fonctionnant au fioul pollue quasi-autant qu’un autre modèle à essence.


   5. Amène ta bouffe!

  Pour éviter de produire trop de déchets en utilisant des emballages en plastique, ou autres matières jetables pour la nourriture ou de jeter du plastique avec ta bouteille, amène des contenants en inox. 
  Le plastique est, comme dit plus haut, plus fragile que d’autres matières, dont le métal. Par conséquent, si tu utilises longtemps une bouteille d’eau faite ainsi, des microparticules peuvent contaminer la boisson présente à l’intérieur. Remplace-la par une gourde en inox. 
  Enfin, en ce qui concerne la nourriture, préfère la boîte en inox, voir même le contenant isotherme à un sac en papier que tu jetteras probablement vu qu’il n’est pas lavable. Et ça vaut d’autant plus si ce qui t’est proposé au self est de mauvaise qualité.
Langouet, un village sans pesticides ?

Langouet, un village sans pesticides ?

Le 11 mai dernier, Daniel Cueff, maire de Langouet (35), a pris un arrêté municipal interdisant l’utilisation des pesticides à moins de 150 mètres des habitations. 3 mois plus tard, fin août, cet arrêté a été suspendu par le tribunal administratif et depuis, le maire a reçu le soutien de citoyens et d’hommes politiques. Lundi, il était devant le tribunal administratif pour défendre son arrêté.
–    Comment vous est venu l’idée d’interdire les pesticides ? 
–    La commune est engagée depuis des années sur la transition écologique. On a fait beaucoup de choses : cantine 100% bio, école de haute qualité environnementale, on produit notre électricité et on a des logements sociaux très écologiques. De plus, une partie des agriculteurs ont fait une conversion au bio. Mais l’autre partie a fait le chemin inverse : non seulement ils ne sont pas passés au bio, mais ils ont intensifié l’utilisation de la chimie dans leurs cultures. Je me suis donc retrouvé devant un gros problème. Les habitants venaient me demander ce qu’ils pouvaient faire face aux pesticides vu qu’ils habitent à la campagne : ils ont fait des analyses qui ont donné des résultats anormaux. De l’autre côté, il y avait des agriculteurs qui me disaient qu’ils ne pouvaient pas changer car ils avaient fait des investissements. Impossible de dialoguer. J’ai donc pris un arrêté de police générale du maire comme la loi me l’autorise. J’ai créé une distance d’éloignement des pesticides de 150 mètres autour des habitations. Cela permettait de protéger les habitants et cela permettait aux agricultures de commencer à cultiver ces parcelles sans pesticides. 

–    Et comment cela a été accueilli par les agriculteurs chimiques de la commune ? 
–    Autant les agriculteurs bio ont sauté de joie, car ça protège aussi leurs enfants et leurs cultures, mais les agriculteurs conventionnels étaient très en colère.
–    Comptez-vous continuer dans ce sens, de protéger vos administrés au niveau des pesticides, des logements plus isolés bref, de faire des mesures écologiques ? 
–    Déjà, nous avons créé des logements sociaux très écologiques, qui sont faits en matériaux sains. Nous avons aussi travaillé sur l’air intérieur des maisons, car souvent quand on a des maisons bien isolées, si les gens amènent des produits toxiques, c’est catastrophique. Et là il y a des pesticides dans l’air dus à l’agriculture, les gens ne peuvent pas s’empêcher de respirer, donc ils respirent malgré eux des pesticides de synthèse, […] et trouvent ça intolérable. […] À partir du moment, où le gouvernement français et le tribunal administratif me signifient, à travers les jugements, que je ne peux pas protéger mes habitants contre les pesticides de synthèses, je ne sais plus par quel bout prendre les choses, je vais tenter de gagner les procès que me fait l’État, pour leur dire qu’ils ne respectent pas la législation européenne. Et face à cette carence, j’essaye de réagir et de mettre en place des protections pour les habitants de la commune. 
–    Et comment cela a été accueilli par les agriculteurs chimiques de la commune ? 
–    Autant les agriculteurs bio ont sauté de joie, car ça protège aussi leurs enfants et leurs cultures, les agriculteurs conventionnels étaient très en colère.

–    Comptez-vous continuer dans ce sens, de protéger vos administrés au niveau des pesticides, des logements plus isolés bref, de faire des mesures écologiques ? 

–    Déjà, nous avons créé des logements sociaux très écologiques, qui sont faits en matériaux sains. Nous avons aussi travaillé sur l’air intérieur des maisons, car souvent quand on a des maisons bien isolées, si les gens amènent des produits toxiques, c’est catastrophique. Et là il y a des pesticides dans l’air dus à l’agriculture, les gens ne peuvent pas s’empêcher de respirer, donc ils respirent malgré eux des pesticides de synthèse, […] et trouvent ça intolérable. […] À partir du moment, où le gouvernement français et le tribunal administratif me signifient, à travers les jugements, que je ne peux pas protéger mes habitants contre les pesticides de synthèses, je ne sais plus par quel bout prendre les choses, je vais tenter de gagner les procès que me fait l’État, pour leur dire qu’ils ne respectent pas la législation européenne. Et face à cette carence, j’essaye de réagir et de mettre en place des protections pour les habitants de la commune. 
–    Depuis, de nombreuses communes ont déclaré être favorables à votre arrêté municipal et se sont ralliées, dont des petites communes rurales, mais aussi de grandes communes comme Paris. Que pensez-vous de ce soutien des grandes villes ? 
–    Ce soutien est extraordinaire car il montre que notre intention commune est d’attaquer les produits qui sont toxiques, qui ne devraient pas être en vente. On refuse d’attaquer les paysans, qui sont victimes des pesticides, on les a même formés à les utiliser en écoles d’agriculture, et maintenant on leur dit de les supprimer. C’est dur pour eux. Et les grandes villes n’ont pas de paysans, ce qui démontre que notre objectif est bien de sortir des pesticides, où qu’ils se trouvent, que ce soit dans les copropriétés qui épandent encore des pesticides ou la SNCF qui utilise encore du glyphosate pour entretenir les bas-côtés des lignes de chemins de fer. 

Les logements sociaux de Langouet

–    Depuis, de nombreuses communes ont déclaré être favorables à votre arrêté municipal et se sont ralliées, dont des petites communes rurales, mais aussi de grandes communes comme Paris. Que pensez-vous de ce soutien des grandes villes ? 
–    Ce soutien est extraordinaire car il montre que notre intention commune est d’attaquer les produits qui sont toxiques, qui ne devraient pas être en vente. On refuse d’attaquer les paysans, qui sont victimes des pesticides, on les a même formés à les utiliser en écoles d’agriculture, et maintenant on leur dit de les supprimer. C’est dur pour eux. Et les grandes villes n’ont pas de paysans, ce qui démontre que notre objectif est bien de sortir des pesticides, où qu’ils se trouvent, que ce soit dans les copropriétés qui épandent encore des pesticides ou la SNCF qui utilise encore du glyphosate pour entretenir les bas-côtés des lignes de chemins de fer. 
–    Avez-vous un message à leur adresser, à toutes ces communes qui vous ont rejoint ? 
–    On est déjà en contact, on s’entraide, chacun trouve des arguments pour le moment où nous passerons devant le tribunal pour convaincre les juges que nous avons raison de protéger notre population et que c’est d’ailleurs un principe de base de la constitution française, le principe de précaution. On doit l’appliquer à tous les niveaux, y compris au niveau des communes […]
–    Vous n’êtes pas le premier maire à avoir mis en place des mesures contre les pesticides. A votre avis, pourquoi votre village en particulier a fait du bruit ? 
–    Cette question, je me la pose aussi. Pourquoi ? […] Nous sommes considérés comme un village très avancé sur le plan écologique. En tout cas nous essayons et le fait que je prenne un arrêté interdisant les pesticides dans un rayon de 150 mètres autour des habitations a été considéré […] comme quelque chose de cohérent au niveau de la politique communale. Je crois que l’énorme sympathie autour de l’arrêté a été déclenché par le message envoyé par Madame la Préfète à la presse en signifiant que si l’arrêté n’était pas enlevé, elle me traînerait devant le tribunal administratif. Et le jour d’après, j’ai reçu des centaines de messages, des milliers, des dizaines de milliers, venant de partout, de France, d’Europe et même du Canada, me disant de tenir bon, mais la commune n’a jamais fait un seul communiqué de presse pour dire que nous avions pris cet arrêté. Ce message a été jugé insupportable : comment peut-on empêcher un maire de protéger sa population ?
–    J’imagine que vous allez continuer à appliquer votre arrêté, même sous la menace de la justice et celle d’Emmanuel Macron dans son interview post-G7 
–    Non, puisqu’à ce jour le tribunal administratif a suspendu mon arrêté, je ne peux plus le mettre en place […]

Interview recueillie par Alexis S.

Youth for Climate à l’Assemblée Nationale

Youth for Climate à l’Assemblée Nationale

Le 23 Juillet 2019, Ivy Fleur-Boileau, Alicia Arquetoux, Virgile Mouquet, trois membres de Youth For Climate Angers, Lorient, et Bordeaux, ainsi que Greta Thunberg, lanceuse d’alerte Suédoise, et la vice-présidente du GIEC Valérie Masson-Delmotte, ont tenus des discours en face d’un certain nombre de députés, dans la Salle Victor Hugo de l’Assemblée Nationale.

Ils étaient invités par le député Matthieu Orphelin à s’exprimer et à prendre part aux débats avec les élus. Malgré le boycott de l’intervention de Greta Thunberg, et donc des autres jeunes et de scientifique, les questions et remerciements post-discours furent nombreux.

Après le discours de Greta Thunberg, où elle cite énormément de chiffres et de faits politiques, tout en évoquant l’urgence, le tour est venu pour les 3 jeunes français de s’exprimer. Ils ont par exemple demandé aux députés de prendre leurs responsabilités « car les citoyens vous ont élus. Prendre des décisions contraignantes est votre devoir ! Nous vous demandons de faire vos devoirs » disait Virgile. Ivy a parlé de l’angoisse douloureuse qu’elle et beaucoup d’autres ressentent. « Moi, ça me fais paniquer 2030 2040 (…) Combien d’enfants dans la rue vous faut-il pour vous faire réagir ? » a-t-elle déclaré. Enfin, Alicia Arquetoux a rappelé ladignité du combat porté par les jeunes en lançant « qu’y a t’il de plus légitime que de se battre pour sa vie ? » notamment.

Valérie Masson-Delmotte, a pris la parole juste après les jeunes pour développer les aspects scientifiques la question. Elle a notamment expliqué que "Limiter le réchauffement à 1,5 degré pourrait réduire de plusieurs centaines de millions le nombre de personnes dans le monde exposées au risque climatique et susceptibles de basculer dans la pauvreté", et le fait qu’il est encore possible d’atteindre cet objectif. Elle a rappelé que « chaque demi degré compte ».

À la suite des discours, est venu le temps des questions. Les jeunes de Youth for Climate et Greta Thunberg répondent ainsi aux députés et aux médias. Au milieu des interventions, Robin Jullian, membre de Youth for Climate, qui fait la grève tous les vendredis à Grenoble, a partagé son touchant témoignage en expliquant le choc qu’avait provoqué dans son enfance sa réalisation que son futur était menacé. Il déclare avoir « perdu foi en l’Humanité », mais que cette douleur lui a servi de moteur : « J’ai compris qu’abandonner ferait de moi un lâche ».

Photos par Louise V.