Lettre ouverte au président

Ensemble des groupes locaux
Mouvement national de la jeunesse
engagée pour le climat en France
contact@youthforclimate.fr
https://youthforclimate.fr/

La jeunesse écrit au président de la République son cri, sa révolte, ses revendications. Cette lettre fut envoyé en dizaines d’exemplaire à l’Élysée et à Matignon pour atteindre les plus hautes instances française. Maintenant, nous, jeunes, futur de notre monde, attendons une réponse, pas seulement par des mots mais par des actes.

Monsieur le Président de la République,

En cette période particulièrement éprouvante, nous, membres du mouvement Youth For Climate France, avons été amené·es à réfléchir au monde que nous souhaitions pour demain. En tant que futur·es citoyen·nes, nous sommes préoccupé·es par l’avenir de notre société. La France n’est pas sur la trajectoire des Accords de Paris, une trajectoire qui pourtant ne nous donne que 66% de chances de rester en dessous de 1.5°C [1]. Vous pouvez alors comprendre nos inquiétudes, nos angoisses en observant les décisions prises suite à la crise de la covid 19. Vous devez avoir conscience Monsieur le président, que celles-ci sont irréversibles. Elles pourront garantir la sauvegarde de l’humanité, ou au contraire la condamner. Les français.es veulent de plus en plus que la protection de l’environnement soit au coeur des décisions politiques [2], comme l’ont montré les résultats des dernières élections municipales. Nous sommes prêt·es. Prêt·es à bouleverser nos modes de vie pour un avenir durable. La question est, quand le serez-vous ?

Tant que nous rejetons des gaz à effet de serre dans l’atmosphère, nous renforçons les risques de pandémies, de catastrophes naturelles, de pénuries, de famines, de disparitions d’archipels entiers. Selon l’ONU, 250 millions de personnes seront contraintes de quitter leur lieu de vie en raison du dérèglement climatique en 2050 [3], sans parler des 32 000 espèces menacées d’extinction selon l’Union internationale pour la conservation de la nature [4]. L’ensemble de la communauté scientifique nous met en garde quant à la crise écologique que nous vivons. Le GIEC nous informe depuis 1988 sur la crise climatique à laquelle nous sommes déjà confronté·es notamment avec leurs cinq rapports publiés. Le Haut conseil pour le climat nous donne des recommandations pour mener une politique en adéquation avec les objectifs climatiques des Accords de Paris dont la France a voulu être l’exemple. Or, dans son rapport annuel rendu public le mercredi 8 juillet 2020, le Haut conseil pour le climat considère la réduction des émissions de gaz à effet de serre « bien trop lente et insuffisante » dans notre pays. Malgré ces connaissances, ces alertes, les décisions prises sont insuffisantes face à l’ampleur de la crise écologique.

Votre gouvernement croit en « la croissance écologique » [5]. Pourtant l’IPBES soulignait dans son rapport qu’il est « incontournable de s’écarter de l’actuel paradigme basé sur la croissance économique » pour faire face à l’effondrement de la biodiversité [6]. La croissance économique définie par l’augmentation du PIB n’est pas indispensable au bien-être de la population [7], [8]. Il est temps de bâtir une économie qui intègre les limites planétaires et qui contribue à la lutte contre le changement climatique. Les bouleversements vécus pendant la crise sanitaire nous ont montrés l’importance de réorganiser la société en relocalisant une partie de l’activité économique et en se tournant vers une production et une consommation plus sobres en énergies et en ressources.

Durant votre campagne et vos années de présidence, vous avez tenu des discours, fait
des promesses, pris des engagements. Cependant, certaines paroles ne sont pas toujours suivies d’actes. Le plan de transformation agricole de 5 milliards d’euros réservé entre autres à « des projets de modernisation des exploitations ayant un impact positif sur l’environnement et le bien-être animal », ne permettra pas de rendre obligatoire la vidéosurveillance dans les abattoirs, ni de préciser la présence d’organismes génétiquement modifiés dans l’alimentation et le traitement par des pesticides. La castration à vif des porcelets, le broyage des poussins mâles, et les « fermes-usines » ne seront pas interdit·es. Dans le secteur énergétique, vous aviez déclaré le 27 novembre 2018 lors du discours d’installation du Haut conseil pour le climat : « Nous devons sortir de ce qu’on appelle les énergies fossiles ». Pourquoi alors en 2019, la France a-t-elle subventionné les énergies fossiles à hauteur d’au moins 11 milliards d’euros [9] ? De même, pourquoi assurer qu’« il faut stopper le processus de déforestation industrialisée maintenant » alors que des accords commerciaux entraînent toujours l’importation de 700 000 tonnes de soja brésilien chaque année ? Monsieur le Président, il est temps que vous preniez vos responsabilités et respectiez vos engagements.

Nous, Youth For Climate France, souhaitons que des leçons soient tirées du passé. Le moment est venu d’instaurer une justice sociale et climatique, pour le bien des êtres humains et de la biodiversité. Ainsi, nous souhaitons que la politique soit scrupuleusement alignée sur les recommandations du Haut conseil pour le climat, ainsi que sur les rapports de l’IPBES et du GIEC afin de garantir l’adéquation entre les décisions prises et l’urgence environnementale. Ensuite, nous vous demandons de tenir parole, en mettant en place les mesures votées démocratiquement par la Convention citoyenne pour le climat,
représentative et informée, que nous soutenons vivement. Cette initiative exceptionnelle doit aboutir, et pourrait même être reproduite de manière à intégrer plus de citoyen·nes dans la gestion de la transition qui serait ainsi consentie et non subie. Elle permettrait à la France de réaliser rapidement sa transition écologique. De nombreux autres projets aboutis visant à la création d’une société durable existent déjà, tels que le plan du Shift Project, qui propose une transformation de l’économie sans se baser sur l’hypothèse de la croissance économique du PIB. Vous avez la responsabilité d’agir en conséquence, Monsieur le Président, afin que nous réussissions en coopération avec tous·tes les membres de la société, à suivre une trajectoire compatible avec les Accords de Paris et notre survie.

Ainsi, il est primordial de prendre en considération les limites des ressources planétaires dans l’élaboration des projets futurs. L’investissement dans l’exploitation des ressources fossiles doit être entièrement réinvesti dans la sobriété énergétique et les énergies décarbonées et renouvelables. L’agriculture moins dépendante de l’agrobusiness et locale doit impérativement être revalorisée afin de viser l’auto-suffisance. De la même façon, l’industrie et l’artisanat français·es doivent être avantagé·es par rapport aux produits importés afin que les échanges marchands internationaux et polluants diminuent drastiquement. Les investissements dédiés à l’aéronautique devront s’orienter vers le développement des réseaux ferroviaires et de modes de déplacements propres. Enfin, il faudrait que des moyens financiers importants soient attribués aux secteurs de première nécessité, comme le secteur primaire, la santé ou l’éducation. Cela n’implique évidemment pas seulement l’État français, nos relations avec l’international seront nécessairement affectées. Ce ne sera pas facile, ce n’est en réalité jamais aisé de rompre avec le modèle dominant. Les habitudes de chaque citoyen·ne en seront impactées, c’est tout un pan de notre culture et de notre imaginaire que nous appelons à modifier. Mais cela est indispensable à l’avenir de l’humanité, nous devrons tôt ou tard nous engager dans le « monde d’après ». Plus tôt nous effectuerons ces changements, moins ils seront brutaux.

Les mesures à mettre en place d’urgence sont multiples, elles peuvent paraître radicales, mais l’urgence de la situation ne nous laisse pas le choix. Voici quelques exemples concrets. La publicité, qui crée des besoins absurdes et incite à la surconsommation, doit être réduite drastiquement. Elle est totalement incompatible avec la lutte contre la crise climatique en cours. L’éducation des futur·es citoyen·nes étant primordiale, nous demandons l’ajout d’un cours hebdomadaire consacré à l’écologie, afin que chaque élève puisse développer sa conscience écologique tout au long du cursus scolaire. Il faut par ailleurs en finir avec l’idée d’une croissance infinie, qui n’est ni réaliste ni soutenable, et par conséquent cesser, entre autres, de se fier au PIB pour évaluer le succès du pays, en se dirigeant vers un indicateur prenant en compte la qualité de vie des individu·es. Bien qu’ils semblent délicats, ces changements sont à effectuer au plus vite. Certains ont déjà été opérés par quelques pays. Le Bouthan, par exemple, mesure la réussite du pays non pas à l’aide du PIB, mais selon le Bonheur National Brut, qui quantifie le bien-être de ses habitant·es. La Finlande conditionne sa relance économique à son objectif de neutralité carbone, fixé pour 2035, et Amsterdam s’appuie sur l’économie circulaire pour sortir de la crise de la covid 19.

Monsieur le Président, la France a changé. Les jeunes demandent massivement depuis plus d’un an des changements en profondeur de notre modèle économique et sociétal pour nous assurer des garanties d’avenir. Sachez alors que si le monde d’après ressemble au monde d’avant, irrespectueux des droits humains et de l’environnement, nous, jeunes, nous mobiliserons en conséquence, animé·es par notre volonté de vivre.

Nous vous prions d’agréer, Monsieur le Président de la
République, l’expression de notre respectueuse considération,

Les membres de Youth For Climate France

Références

[1] GIEC, Global Warming of 1.5°C, chapitre 2, table 2.2, p. 108, https://www.ipcc.ch/sr15/chapter/ chapter-2/, 2018.

[2] Étude menée par Harris Interactive pour le Haut conseil pour le climat entre le 19 et 21 mai 2020 sur un échantillon de 1028 personnes, https://www.hautconseilclimat.fr/wp-content/uploads/2020/ 07/les-francais-et-la-transition-climatique-presentation-harris-interactive.pdf

[3] D’après le Haut commissaire adjoint de l’ONU pour les réfugiés, L. Craig Johnstone, lors de la Conférence des Nations unies sur les changements climatiques qui se déroulait à Poznan en Pologne, en décembre 2008, https://news.un.org/fr/story/2008/12/145732-climat-250-millions-de-nouveaux- deplaces-dici-2050-selon-le-hcr. D’après l’Organisation internationale pour les migrations dans un rapport intitulé Migration and Climate Change, n. 31, de 2008, c’est 200 millions de personnes qui seraient contraintes de se déplacer à cause du changement climatique. Le GIEC, dans son rapport intitulé Special Report on the Ocean and Cryosphere in a Changing Climate publié en 2019 souligne qu’en 2010 près de 11% de la population mondiale vivait dans des zones côtières dont l’élévation était inférieure à 10 m au-dessus du niveau de la mer, un nombre croissant de personnes risque d’être affecté par l’élévation du niveau des océans dans les décennies à venir, https://www.ipcc.ch/site/assets/uploads/sites/3/2019/11/08_SROCC_Ch04_FINAL.pdf 3

[4] UICN Commité Français, la liste rouge mondiale des espèces menacées : https://uicn.fr/liste- rouge-mondiale/

[5] Tribune du Premier ministre Jean Castex dans Ouest France : « Tous écologistes ! », juillet 2020, https://www.ouest-france.fr/environnement/ecologie/point-de-vue-jean-castex-l-ecologie-a- laquelle-je-crois-6918977

[6] Global Assessment Report on Biodiversity and Ecosystem Services, 2019, IPBES, Résumé pour décideur·euses, paragraphe D10, citation exacte : « L’évolution des systèmes financiers et économiques mondiaux en vue de la création d’une économie mondiale durable s’écartant de l’actuel paradigme, limité, de la croissance économique est un élément incontournable du développement durable. » https: //ipbes.net/sites/default/files/ipbes_7_10_add.1_fr.pdf.

[7] Doh C. Shin. Does rapid economic growth improve the human lot ? Some empirical evidence. Social Indicators Research, volume 8, pages 199–221, 1980.

[8] Nations and Households in Economic Growth, Essays in Honor of Moses Abramovitz. Editeur·trices : Paul A. David Melvin W. Reder. Does Economic Growth Improve the Human Lot ? Some Empirical Evidence, Richard A. Easterlin, Université de Pennsylvanie, janvier 1974.

[9] Annexe au projet de loi de finances pour 2019, évaluation des voies et moyens, tome II, dépenses fiscales. Les calculs ont été effectués par le Réseau Action Climat, cf. https://reseauactionclimat.org/ subventions-energies-fossiles-ou-sont-passes-11-milliards-euros/.

Si toi aussi tu veux participer à cette initiative il te suffit :

  • d’imprimer la lettre (format pdf ci-dessous)
  • de la mettre dans une enveloppe (pas besoin de timbre)
  • de l’envoyer à cette adresse :

Monsieur le président de la République, Palais de l’Élysée, 55 rue du Faubourg-Saint-Honoré 75008 Paris, France

Les peuples autochtones : un exemple de relation avec la nature ?

Les peuples autochtones sont, d’après une fiche du Haut Commissaire aux droits de l’Homme : « des descendants de ceux qui habitaient dans un pays ou une région géographique à l’époque où des groupes de populations, de cultures ou d’origines ethniques différentes y sont arrivés et sont devenus par la suite prédominants, par la conquête, l’occupation, la colonisation ou d’autres moyens». On parle souvent de peuples natifs ou premiers peuples.

Généralement, ce sont des personnes en lien direct avec la nature, par leur mode de vie différent du nôtre, plus ou moins en rupture avec notre société, mais également par leur savoir-faire et leur savoir-vivre. Souvent méprisé-es et marginalisé-es par la société, considérés comme «inférieur-es», iels se battent pour défendre leurs droits, défendre leur identité et leurs terres. Leur culture ancestrale est un pilier dans leur fonctionnement et iels sont les premier-es à défendre la nature, de par leur proximité avec elle. Le Global Witness estime que 40% des défenseurs de l’environnement qui ont perdu la vie durant l’année 2016 étaient des individus autochtones.

Beaucoup de ces peuples se battent chaque jour contre les Etats afin de défendre leurs droits ainsi que ceux de l’environnement.

Si certains acceptent d’être en contact avec nos sociétés, d’autres restent dans leurs terres, refusant tout lien, ou très peu par l’envoi de représentants. Ces peuples sont en danger et chaque jour leur territoire retrécit. Au Brésil, les peuples vivant dans la forêt amazonienne sont plus que jamais menacés par la déforestation et les feux de forêts orchestrés par l’Etat pour créer toujours plus de terres agricoles à des fins alimentaires pour le bétail. Mais le réchauffement climatique est également un danger pour leur survie, iels dépendent de la nature qui les abrite et qui les nourrit.

Ces individus méprisés par nos sociétés sont pourtant des esprits sages possédant une grande connaissance de la nature et de l’environnement. Iels possèdent une capacité à analyser un environnement qu’on appelle «TEK» pour traditional ecological knowledges.

Si nous sommes capables d’analyser un environnement grâce aux sciences et à des expériences/analyses, iels peuvent arriver à un résultat par une simple analyse visuelle et de sens. En 2018, l’association Tchendukua a invité des chamanes Kogis (peuple racine de Colombie) à rencontrer plusieurs scientifiques français dans le but de faire un diagnostic sur la Drôme au niveau écologie. Les scientifiques avec cartes, les chamanes sans. En une semaine ils ont analysé l’eau, la végétation le climat et d’autres thèmes en confrontant leurs méthodes. Deux méthodes mais une seule et même conclusion. Les chamanes sont parvenus par le simple toucher et l’analyse d’une roche à estimer que cette dernière datait de la création de la terre, ce que les scientifiques estiment à -350 millions d’années. Iels ont pu reconnaitre les espèces végétales ayant été importées ou encore, comprendre que l’eau était en danger et avait subi des modifications artificielles. (article sur cette rencontre dans le magasine Kaizen)

Si on arrive vraiment à faire ces échanges entre vous et nous, peut-être  que l’on pourra travailler et retrouver les lois de paix et d’harmonie  avec la nature. Nous pourrons alors nous entendre pour arriver à un  accord sur la façon de protéger la nature

Chamane Bernardo

explication aux scientifiques

Ces savoirs ancestraux sont plus que jamais utiles et il serait indispensable que ces peuples puissent être accueillis et respectés par nos sociétés. Beaucoup de membres de leur nouvelle génération entament des études afin de travailler avec les scientifiques, bien qu’iels aient déjà des TEK.

Cette collaboration pourrait nous permettre de changer notre rapport à la nature et parvenir à mieux la comprendre et la respecter. Ces TEK ont déjà fait l’objet d’appropriations par certains individu-es, en effet des personnes ayant eu connaissances de ces TEK se les sont appropriées dans leur métier sans mentionner les sources de ce savoir qui sont les peuples autochtones, il est donc également important de protéger ces savoirs ancestraux qu’iels partagent avec sagesse et non dans un but de profit ou de mérite.

La Convention Citoyenne pour le Climat

Aujourd’hui, nous abordons un sujet d’actualité : la Convention Citoyenne pour le Climat (ou CCC).

Il s’agit d’une assemblée de 150 citoyen·nes français·es de plus de 16 ans qui ont été tiré·es au sort dans la population française pour être représentatif·ves de sa diversité.

Cette initiative du Président de la République a été lancée le 25 avril 2019.

L’objectif était de produire une série de mesures, qui auraient pour objectif de réduire nos émissions de gaz à effet de serre de 40% d’ici 2030, par rapport à celles de 1990. Celles-ci, sous forme de propositions législatives, seront présentées au Parlement et votées par référendum ou même directement appliquées. Elles ne seront pas rendues publiques avant la finalisation et les votes définitifs. La session 7 se tiendra les 19, 20 et 21 juin.

Ce travail a été réalisé en répartissant les 150 personnes dans 5 groupes de travail, dont chacun était orienté vers un enjeu différent tel que : se loger, se nourrir, se déplacer, consommer, et travailler et produire. De nombreux·ses intervenant·es expert·es dans les domaines traités sont intervenu.es pour permettre aux rédacteurices d’avoir toutes les données en main pour effectuer leur travail

 

Il est important d’agir pour construire demain

C’est pour cela que les citoyen·nes de la CCC ont travaillé sur l’urgence climatique et les moyens d’y répondre. Préparer le monde pour les générations futures, un futur vivable, sur une planète habitable : tel est le défi. Cela implique notamment un changement drastique des modèles économiques et sociaux actuellement en place.

D’autant plus aujourd’hui, quand d’importantes décisions de sortie de crise sont à prendre, les  membres de la CCC veulent rappeler au Gouvernement que cela ne doit pas se faire au détriment du climat, de l’humain et de la biodiversité. C’est aujourd’hui que l’on prépare l’avenir que l’on veut, plus juste socialement et écologiquement parlant.

Pour ce qui est de Youth for Climate, la décision a été prise collectivement de soutenir cette initiative.

L’indépendance et la représentativité de la Convention, ainsi que l’attention particulière portée aux questions sociales et l’impact potentiel des mesures prises sur ces questions ont été des critères déterminants dans notre choix. De plus, nous considérons que les membres de la Convention ont été suffisament informé·es et encadré·es par des expert·es scientifiques sur les questions relatives au changement climatique et aux enjeux de réduction des émissions de gaz à effet de serre, de manière à pouvoir prendre les décisions nécessaires.

Youth for Climate s’engage donc à soutenir, en y accordant sa pleine confiance, la Convention Citoyenne pour le climat, afin que les propositions soient soumises telles qu’écrites, et mises en place dans les plus brefs délais, au vu de l’urgence de plus en plus insistante.

Cela implique aussi une mobilisation de la centaine de milliers de jeunes mobilisé·es pour le climat et la justice sociale dans le cas où le gouvernement n’appliquerait pas les propositions tel qu’il s’y est engagé.

Le numérique, source de problèmes

Avec l’arrivée du Covid-19 et la mise en place de mesures de confinement, notre vie sociale, plus que jamais, se déroule au travers des écrans. Il ne s’agit pas ici d’énumérer les points positifs que l’on accorde au numérique. Nous savons toustes, notamment dans le militantisme, la recherche, l’art, ou la culture (liste non exhaustive) qu’il est aujourd’hui un outil pratique et accessible au plus grand nombre. D’ailleurs cet article n’aurait pu se faire sans l’aide d’internet et de mon ordinateur. Néanmoins il existe des dérives qu’il serait dangereux d’ignorer et que nous nous devons de prendre en considération.

La religion du progrès nous fait parfois oublier les conséquences néfastes qu’ont nos outils électroniques sur nous mêmes et sur l’environnement. Chacun-e de nous possède un ou plusieurs écrans chez lui : une télévision, un ordinateur, un smartphone, une console de jeu… et le temps que nous leur consacrons est astronomique. Entre autres chiffres choc on estime par exemple l’usage moyen d’un-e lycéen-ne à 2400 heures d’écrans par an, ce qui représente environ 2,5 années scolaires. On en passe du temps derrière un écran… Il y a quelque chose de presque hypnotique, on est sans cesse sollicité-es par une notification, un nouveau post, une story, un like. Il y a toujours quelque chose à voir ou à faire. Et qui ne s’est jamais perdu sur internet pendant 20, 30 ou 40 minutes, avant de se rendre compte qu’iel s’était juste connecté-e pour envoyer un mail ?

Des montagnes de données s’accumulent lorsque nous partageons des vidéos, téléchargeons des musiques, ou achetons des produits sur Amazon. Ces données sont conservées dans ce qu’on appelle des data centers, de gigantesques serveurs de stockage fonctionnant 24 heures sur 24 et situés un peu partout dans le monde. On estime que la consommation d’électricité en 1 journée d’un data center équivaut, pour les plus importants d’entre eux, à celle d’une ville de 30 000 habitants. En terme de dépense électrique les data center représenterait aujourd’hui 4% de la consommation mondiale, et si l’on considère le numérique dans son ensemble on arrive au chiffre de 10 à 15 % de l’électricité mondiale.

Autre point sensible. La fabrication d’un outil électronique nécessite, entre autres, des terres rares : matières minérales essentielles à sa conception. Problème : l’extraction et le traitement de ces terres rares produit des déchets toxiques et engendre une forte pollution. Ceci étant favorisé par une surconsommation d’objets connectés engendrée pour l’écrasante majorité par notre société occidentale. D’après une étude menée par l’INSEE sur les impacts environnementaux du numérique, 17 % de la population française détenait un smartphone en 2011. Chiffre qui est passé à 75 % en 2018. Autre fait inquiétant : selon cette même étude le taux de recyclage global des métaux des téléphones portables est très faible, de l’ordre de 18 %… à ajouter à cela que l’écrasante majorité de ceux que nous achetons sont neufs et qu’on sait que « 90 % des gaz à effet de serre (GES) associés à un smartphone proviennent de la phase de fabrication ». Plus la demande augmente, plus l’offre fait de même, et plus la pollution s’accroît. Il est grand temps de stopper cette frénésie consumériste non essentielle à notre survie et à notre épanouissement ! Et Même si les émissions engendrées par le numérique (qui en 2017 comptabilisaient 3,7 % des émissions de GES mondiale) sont relativement peu élevées en comparaison à d’autres domaines, le développement exponentiel de son usage devrait sérieusement nous questionner pour l’avenir.

L’INSEE conclue dans son rapport que « la miniaturisation des équipements et l’invisibilité des infrastructures accentuent le côté « imperceptible » du numérique. La réduction de l’impact environnemental du numérique passe ainsi d’abord par un changement de perception et de comportements. »

Encore une fois on a l’impression qu’il est demandé au/à la consommateur-ice seul-e de changer ses habitudes, solution qui a ses limites. Peut être est-il sous entendu que le « changement de perception et de comportement » devrait être amené par l’éducation, la mise en place de lois et/ou de campagnes de sensibilisation, c’est à dire par l’action du monde politique ? Pas clair… Mais il serait bon que nos dirigeant-es se tournent dès à présent vers ces problématiques.

Du côté de la santé ce n’est pas mieux, et c’est même assez inquiétant. D’après de nombreuses études, que met en synthèse le livre « La fabrique du crétin digital » de Michel Desmurget, le lien entre problèmes de santé et écrans est désormais solidement établi. Dans le chapitre 7 intitulé « Santé : une agression silencieuse » l’auteur démontre que les écrans ont un impact direct sur le sommeil (avec des conséquences physique, émotionnelles et intellectuelles), sur la sédentarité et le manque d’activité physique (facteur d’obésité, de condition physique et de santé altérée…) mais aussi sur l’influence que des contenus à risques ont sur notre prise de décision dans la manière dont nous vivons (initiation au tabagisme, aux pratiques sexuelles sans protection, aux drogues, à l’alcoolisme, à la violence…).

D’autre part il ne faudrait pas oublier qui a la main mise sur l’écrasante majorité de ces outils : les GAFAM (Google, Apple, Facebook, Amazon, Microsoft). On pourrait presque qualifier cela de de colonialisme numérique tant ces géants occidentaux ont une influence décisive et jouent un rôle stratégique dans la géopolitique et les relations internationales. Des d’entreprises privées par ailleurs critiquées au sujet de leurs abus en terme de données collectées, de vie privée, de fraude fiscale, de précarisation de l’emploi, de censure… En sachant tout cela, il est possible de favoriser des moteurs de recherche plus propres et solidaires, comme Lilo, Ecosia ou Ekoru, mais surtout d’essayer de réduire notre dépendance à ces monstres du monde technologique. Malgré tout le mieux reste encore de réduire au maximum notre consommation.

Le numérique est par ailleurs un formidable outil de contrôle pour l’État. La pandémie de coronavirus est ainsi devenue le prétexte utilisé par de nombreux pays pour tester leurs nouveaux joujoux sécuritaires (y compris en France). À lire, le livre autobiographique « Mémoires vives » écrit par le lanceur d’alerte Edward Snowden, qui retrace l’histoire de la mise en place de programmes de surveillances de masse par las agences de la NSA et de la CIA. Autre conseil de lecture, l’indémodable « 1984 » écrit par George Orwell, une dystopie mettant en scène une société totalitaire se servant du numérique pour asseoir un contrôle total sur la population.

Ainsi, après la crise sanitaire que nous traversons, utilisons le numérique de manière plus raisonnable, en limitant notre usage. Cela peut se faire progressivement. Mais lorsque nous y arriverons nous n’en serons que plus éclairés. Le temps que nous passons sur les écrans libéré, tout un tas d’activités s’offrent à nous. Retrouvons notre lien avec le vivant, jouons avec nos frères, nos soeurs, retrouvons nos amis, écrivons, peignons, jouons de la musique ou bien engageons-nous dans une association, une ONG pour soutenir activement une cause ! Et bien sûr reconsidérons la lecture. Rendons-la disponible partout ! A l’image de ces initiatives de librairies partagées qui fleurissent dans nos quartiers. Le livre, quel que soit son genre, est une ressource indispensable pour construire un esprit critique, que ce soit au travers d’un roman, d’une poésie, d’un manifeste ou d’une étude.

Et si vous ne savez pas par où commencer je souhaiterais mettre en lumière une initiative prise par des membres de Youth For Climate de lancer une bibliothèque sur discord, où vous trouverez toutes sortes de références pour vous enrichir et enrichir les autres !

Sources :

  1. statistiques du numérique, INSEE environnement

Artivisme

Le compte instagram @youthforclimatefr a proposé à ses abonné·es un concours d’artivisme, voici quelques-unes des oeuvres qui ont été faites.

Cette année j’ai eu dix huit ans.
Je n’ai pas fait la fête.
Je me suis dit que ça fait presque autant de temps,
Que les scientifiques vous alertent.

J’ai pas eu le temps de naître
Que vous avez tout jeté par la fenêtre
Et je n’aurai pas le temps de vivre
Qu’il faudra déjà survivre.

Et si nous sommes doués pour inventer,
Nous le sommes tout autant pour massacrer.
Faucher les forêts
Et par la même occasion,
L’oxygène que nous respirons.

Je ne suis qu’un adolescent
Mais j’n’ai pas envie de dire à mes enfants
Je suis désolé,
Il n’y a plus rien à manger
Nous n’avons rien fait.

Je n’ai ni l’ambition
Ni la prétention
De laisser une trace dans ce monde
Ni l’espoir
Encore moins le pouvoir
De changer les choses ne serait-ce qu’une seconde

Mais comme Betty Reese disait :
“Si vous pensez que vous êtes trop petit pour changer quoique ce soit,
Essayez donc de dormir avec un moustique dans votre chambre.”
Nous verrons bien qui empêche l’autre de dormir.

@flo_uta

Lorsque j’étais enfant, je ne voyais pas le monde de cette façon. Et en grandissant, j’ai appris à l’aimer, plus que je ne l’aurai pu imaginer. La terre est belle, elle nous offre des paysages à couper le souffle, et nous fermons les yeux. La terre nous appelle, nous lance des S.O.S, nous hurle qu’elle a besoin d’aide, et nous faisons les sourds. La terre meurt chaque misérables secondes qui s’écoulent, et nous préférons l’ignorer. Qu’a-t-elle demander pour subir des actes aussi abominables ? N’entends-tu pas sa forte respiration ? N’entends-tu pas les cris qu’elle nous adresse lorsque les volcans grondent ? N’entends-tu pas ses pleurs au fond de l’océan ? Ne la vois-tu pas t’offrir tout ce qu’elle n’as pas ? Ne la vois-tu pas continuer de se battre ? Ne sens-tu pas ses battements incessants sous tes pieds ? N’entends-tu pas ses fredonnements qu’elle te glisse à l’oreille ? C’est fou.
Te rends-tu compte qu’un sourd pourrait l’entendre ? Qu’un aveugle pourrait le voir ? Et que même les plus démunis pourraient ressentir ses émotions ? Ou est-ce que tu te situe toi ? Dans quel camp est-ce que tu es ? T’es tu déjà remis en question ? Arrête toi pendant un temps. Écoute là d’une oreille attentive. Offre lui un moment de répits, juste un instant. Prends conscience de la souffrance qu’elle endure constamment. Parce qu’elle ne t’en veux pas. Parce qu’il n’est pas trop tard. Parce qu’un seul geste pourrait tout changer pour elle. N’as tu jamais remarquer la beauté du ciel le matin ? Ose-tu au moins lever les yeux pour regarder le monde qui t’entoure ? Prends-tu conscience, de la cacophonie mélancolique qui résonne autour de toi ?
Ferme les yeux, et imagine toi, au beau milieu d’une terre déserte, sans eau. Comment te sentirais-tu ? Imagine encore une fois, être présent au beau milieu d’une foule, lever les yeux vers l’horizon, et voir que tout s’enflamme, que la terre brûle sous tes yeux, et que ses sanglots désespérés se ramènent jusqu’à toi. Elle te supplie de t’arrêter, et tu n’en fait rien. La terre nous a offert tellement de chose en si peu de temps, et toi que lui as-tu donner en retour ? Au lieu de lui donner de l’eau pour ne pas qu’elle meurt de soif, tu l’as ramène juste pour l’anéantir dans des flammes. Qu’est-ce que tu fais ? Pourquoi tu ne veux pas ouvrir les yeux ? Pourquoi tu fais semblant que tout vas bien ? Alors que toi-même tu meurs avec elle.
D’après toi, pourquoi le niveau des océans monte ? Pourquoi alterne-t-elle entre le chaud et le froid en faisant descendre et monter ses températures ? C’est parce qu’elle n’en peux plus. Elle t’a offert toute la beauté qu’elle avait en elle, et tu l’as détruit encore. Elle t’a offert tout ce dont tu avais besoin, en t’abreuvant. Elle a donner vie, et tu lui arraches tout. Pourquoi ? Réponds à ma question. Pourquoi est-ce que tu ne t’arrêtes pas ?Observe là. Admire là. Guéris là. L’humanité est le remède. L’humanité est la seule solution que tu es a porter de main. Il te suffit d’un geste, d’un seul mot, d’une infime goutte d’espoir, et d’un peu de persévérance. Sauve là et tu te sauveras aussi.

@daisy_midfire

L’auteur dit “Voici un poème intitulé poussières ayant pour but par une fable de faire réfléchir à notre condition et notre rapport à la Terre. A noter que les poussières désignent les hommes. Voici donc le texte :”

Poussières

Poussières de rochers elles sont que si peu
Encor moins diriez vous elles sont même plus
Danse de continuer les mouvements s’enlacent
Rivières de casser en galets bleus il plut
Bouches souffleuses de sourire pire il peut

Leurs cadavres semés des graines de pavot
Fleuriront un jour haut pour atteindre le ciel
Montés par le parjure et l’oubli l’un se lasse
Ensevelis du corps mort sur un lit de miel
Mais germes ne sont fleurs souvenirs du prévôt

Vous voyez au dedans un macabre extérieur
Un navire avançant votre regard s’arrête
A la poupe tranchante et aux filles sans place
Dans les airs étrangers immaculés d’abstraites
Pour dormir et tuer la chaleur du rieur
suite : Malgré Feu consumant sous leurs yeux sans alerte
Malgré cris d’agonie et les cris de souffrance
La tragédie perçue vous ne dites qu’hélas
Malgré Terre meurtrie chantant sa propre errance
Malgré les tout prophètes ils allèrent à leur perte

Ainsi les crissements ne furent plus de sons
Les rochers érigés redevinrent poussières
Et la vie profanée rayée de l’atlas
Quitta elle aussi leur égoïsme de lierre
Puissiez vous des poussières apprendre la leçon

@florentinviel

 

J’ai tellement peur de l’avenir, de ce qui va se passer et dont on ignore encore l’existance,
Les conséquences,
De ce qu’on ne se doute absolument pas…
Oui j’ai peur de l’avenir car le monde dans lequel je vis tombe en ruine,
Autour de moi tout s’écroule et j’ai peur je veux reconstruire le mur, recoller les briques de ma vie une à une, mais c’est moi qui ai creusé les failles pendant que d’autres en détruisais les fondations,
Car c’est aussi ma faute tout ce qu’il se passe,
Et aujourd’hui le mur va bientôt s’écrouler et il n’y aura plus personne pour ramasser les morceaux,
Oui j’ai peut de tout ça, peur que toute ma misérable existence, ma routine, sois tout à coup bousculée
Car derrière les façades et les faux souries se cachent le désert et les hantises,
Derrière les faux semblants il y a tous ce que je n’extériorise
J’ai tellement envie de crier au monde qu’il faut que tout s’arrête
Il est grand temps de changer
De tout changer
De prendre un tournant si violent que l’on appelerai ça une révolution
Il est temps de basculer nos trains de vie si l’ont veut un jour arriver à la gare.
2020 je t’attends
T’as déjà bien commencé.

@romane.grimonet

Le monde d’aujourd’hui

Internet n’est pas une seconde planète
Mais ça te fait perdre la tête
Les températures ne font qu’augmenter
Un, deux, trois, quatre degrés
Les glaciers sont énervés
Ils fondent toue la journée
L’élevage intensif c’est pas chic
Encore pire avec des antibiotiques
Les arbres sont détruits
Et moi j’ai plus de respi
Les baleines ont plus de répit
À vrai dire trop de plastique
Mais les militants de la planète sont là
Et eux ils ne font pas de faux pas

@elsa.jcq

Rêver l’utopie
Donner du sens pour
La voir accomplie

@freeandbold_

Ouvre les yeux réalise
L’étendue du désastre
Prends conscience et trouve le sens
Deviens le remède

@freeandbold_

Nos rêves ne sont pas condamnés à ne jamais pouvoir exister.
Nous pouvons changer le monde
Créons cette irrésistible onde.

@freeandbold_

COVID-19, quelles leçons à tirer pour le futur ?

L’apparition de la pandémie du COVID-19, cette tragédie soudaine, nous a dévoilé l’impact de notre monde consumériste sur le climat. En effet, l’arrêt des activités industrielles engendré par la crise sanitaire a diminué temporairement les émissions de CO2, car la plupart des entreprises polluantes se sont retrouvées en suspens. Cet épisode que nous vivons est dramatique pour l’ensemble de l’humanité. Cependant, nous pouvons d’ores et déjà en tirer un enseignement pour penser notre monde d’après, quand la vie active reprendra.

La crise sanitaire engendrée par le COVID-19 est monstrueuse et nous amène à nous demander si l’humain est responsable de cette propagation aussi rapide. Quand cette maladie a été découverte en Chine, elle s‘est très vite répandue dans l’entièreté de notre monde. Ceci est dû à l’utilisation massive de moyen de transports peu écologiques tels que les avions qui voyagent à travers le globe. La mondialisation, impliquant de nombreux transports, nuit sensiblement à l’environnement et pousse à une consommation démesurée. De plus, les conditions de vie des ouvriers chinois sont déplorables notamment à cause d’un salaire faible et d’un traitement inacceptable de la part des chefs d’usine qui font cela uniquement dans le but d’assurer les meilleurs bénéfices à leurs entreprises, comme le montre une vidéo, diffusée sur france 2. Les entrepreneurs le savent et s’implantent donc en Chine, ce qui leur permet de payer les salariés le moins possible, mêmes si cela est néfaste pour l’environnement. D’autre part, le matériel nécessaire pour lutter contre la maladie, comme des tests de dépistage et des masques, est insuffisant dû à la centralisation des activités en Chine. Afin de développer l’autonomie de notre pays, nous devons repartir sur des activités plus locales et plus respecteuses de l’environnement et ainsi que des ouvriers.

Depuis le début du confinement chinois, nous avons pu constater (selon “Le Monde”) que la concentration en particules fines a baissé de 20 % à 30 % dans ce pays. La pollution atmosphérique y est responsable de la surmortalité d’environ 1,1 million de personnes par an, d’après l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS). Le confinement imposé par le gouvernement chinois a donc fait plus qu’endiguer la maladie, il a sauvé des vies. Néanmoins Il ne faut pas trop se réjouir de ces nouvelles car tout n’est pas acquis, le système dans lequel nous vivions avant ce confinement, basé essentiellement sur le productivisme et le néolibéralisme, est d’une cruauté monstrueuse pour notre douce planète, qui voyait ses forêts et ses océans se faire ravager. Le néolibéralisme a lui même fortifié les inégalités sociales, sachant que le COVID-19 touche d’avantage les plus précaires et les moins à l’abri. Ainsi, ce système est nuisible aussi  bien pour la nature que pour nous. Nous savons que la période de confinement est trop courte pour avoir un réel impact sur le long terme, mais celle-ci nous a montré qu’une possible diminution des activités industrielles et un bouleversement du modèle économique et sociétale en place pourraient sauver les espèces habitant sur cette planète, dont l’humanité. Après cet épisode de vie au ralenti que nous avons accepté pour protéger chacun d’entre nous, la question est : voulons-nous retourner dans un système de consommation qui vise seuleument à concentrer le maximum de richesses, détenues par une infime partie de la population, qui nous entraine petit à petit vers une extinction de masse de la vie sur Terre ?  Nous ne voulons pas d’un retour à la “normale”, car c’est cette normalité qui nous pousse à la destruction massive des êtres vivants et des écosystèmes. Alors, voyons le COVID-19 comme un point de départ pour évoluer vers un futur se basant sur la solidarité et le respect de la vie, en banissant les productions inutiles.

Le COVID-19 nous a ouvert les yeux sur les limites du capitalisme, car il a causé une importante crise économique. Le PIB de la France a chuté de 6%, ce qui annonce de grandes mesures après le confinement pour relancer notre activité économique. Nous pouvions déjà le comprendre après le discours du 13 avril 2020, où Emmanuel Macron nous a annoncé que certains travailleurs pourraient reprendre leur travail, et que les écoles réouvriront progressivement après le 11 mai, alors que nos pays voisins ne reprendront pas les cours avant septembre. En effet, les entreprises vont essayer de réduire leurs pertes sur l’année. Pour cela, elles vont produire encore plus qu’avant et faire en sorte que la population achète de plus en plus. Cette relance massive de l’économie va se sentir également au niveau de la pollution, qui va faire un bond. Nous savons que cela produirait des problèmes écologiques, comme en 2008, ou encore après la Seconde Guerre Mondiale. Il faut apprendre de nos erreurs, nous ne sommes pas restés confinés durant plusieurs mois pour repartir dans un système qui ne prend pas en compte la vie sur Terre et qui donc, la détruit petit à petit. L‘économie n’est pas le plus important et il faut revoir nos priorités : la planète et les humains avant l’argent et la croissance.

En voyant le COVID-19 ravager la Chine, de notre oeil occidental nous n’avons pas eu peur. Nous ne pensions pas que les malheurs qui se passaient à l’autre bout du globe pourraient arriver un jour jusqu’à nous. Nous avons eu tort. Quand ce virus est arrivé dans nos maisons, nous avons tout de suite changé notre point de vue et accepté de nous restreindre à certaines règles. Ce même schéma de prise de conscience peut est reproduit pour la crise climatique, nous ne nous alertons que lorsque le problème nous atteint personnellement . Même si la France et plus globalement l’Europe sont peu atteintes par le dérèglement climatique,  des régions du monde sont déjà touchées par des catastrophes naturelles amplifiées ou un réchauffement drastique, comme dans les pôles où le réchauffement est deux fois supérieur à celui que nous ressentons. Si nous attendons de lourdes conséquences du réchauffement climatique pour agir, il sera trop tard. Anticipons pour ne pas franchir le point de non retour et rappellons-nous qu’il n’y aura aucun vaccin pour cette crise.

Nous pouvons faire le lien entre le COVID-19 et l’inaction de notre pays face à la crise écologique : nous réagissons seulement lorsque nous devenons, à notre tour, victimes. Malheureusement, concernant le réchauffement climatique, au moment où nous le ressentirons réellement en Europe, il sera trop tard. La solution est donc d’apprendre à anticiper pour agir avant de ressentir les conséquences, et ainsi, de les éviter.

Lors de cette pandémie, les politiciens se sont tournés vers les scientifiques pour recevoir leurs conseils. C’est grâce aux scientifiques et au personnel hospitalier que le pire a pû être évité. Il faut agir de la même manière avec la crise climatique. Écouter les scientifiques et leurs conseils est une véritable nécessité. Seuls les scientifiques connaissent, développent et proposent des solutions efficaces pour stopper le dérèglement climatique. Les politiques doivent les écouter et suivre de près leurs instructions, comme ils l’ont fait pour la pandémie. Nous sommes menacés et les rapports scientifiques nous alertent chaque jour. C’est le moment ou jamais de prendre en compte leurs alarmes et d’appliquer leurs solutions.

Pourtant, dès le début , nous avons tous été au courant de la gravité de la situation. Chaque jour, les médias parlent uniquement du coronavirus, le nombre de décès est donné en direct, des messages de prévention du gouvernement envahissent le net et des allocutions et autres discours officiels sont donnés de façon régulière. Impossible d’y échapper : la situation est grave et tout le monde est mis dans l’urgence. “Nous sommes en guerre” a déclaré le Président de la République, soulignant la gravité de la situation dans laquelle nous nous trouvons. Il est primordial de fonctionner de la même façon avec le réchauffement climatique. Oui, le pire va arriver. Oui, il faut nous mettre dans l’urgence. Une médiatisation importante est plus que nécessaire : il faut que tout le monde soit au courant de la catastrophe dans laquelle nous allons. Une fois que cette prise de conscience sera nationale, il sera beaucoup plus simple de mettre en place des actions et des projets, car la population saura pourquoi c’est tant nécessaire.

Le COVID-19, a engendré et engendre encore de nombreux décès fort malheureux. Il met en évidence les failles de notre mode économique basé sur la surconsommation et la surproduction. Nous espérons sortir de cette crise le plus vite possible pour reconstruire ensemble un futur, écologique et social, en rupture avec les politiques menées jusque-là et instaurer de suite de nouvelles valeurs et lois nécessaires à la perduration de la vie sur Terre. La clé n’est pas le confinement mais bien une évolution du système antérieur, pour tendre vers une décroissance. Nous remercions infiniment lensemble du corps médical pour sa présence et son travail acharné ainsi que les travailleurs mis en danger, nous soutenons les victimes et leurs familles, et nous déplorons les morts dûes à cette pandémie. Ensemble, faisons changer les choses et apprenons de nos erreurs pour construire le monde de demain.