Langouet, un village sans pesticides ?

Langouet, un village sans pesticides ?

Le 11 mai dernier, Daniel Cueff, maire de Langouet (35), a pris un arrêté municipal interdisant l’utilisation des pesticides à moins de 150 mètres des habitations. 3 mois plus tard, fin août, cet arrêté a été suspendu par le tribunal administratif et depuis, le maire a reçu le soutien de citoyens et d’hommes politiques. Lundi, il était devant le tribunal administratif pour défendre son arrêté.
–    Comment vous est venu l’idée d’interdire les pesticides ? 
–    La commune est engagée depuis des années sur la transition écologique. On a fait beaucoup de choses : cantine 100% bio, école de haute qualité environnementale, on produit notre électricité et on a des logements sociaux très écologiques. De plus, une partie des agriculteurs ont fait une conversion au bio. Mais l’autre partie a fait le chemin inverse : non seulement ils ne sont pas passés au bio, mais ils ont intensifié l’utilisation de la chimie dans leurs cultures. Je me suis donc retrouvé devant un gros problème. Les habitants venaient me demander ce qu’ils pouvaient faire face aux pesticides vu qu’ils habitent à la campagne : ils ont fait des analyses qui ont donné des résultats anormaux. De l’autre côté, il y avait des agriculteurs qui me disaient qu’ils ne pouvaient pas changer car ils avaient fait des investissements. Impossible de dialoguer. J’ai donc pris un arrêté de police générale du maire comme la loi me l’autorise. J’ai créé une distance d’éloignement des pesticides de 150 mètres autour des habitations. Cela permettait de protéger les habitants et cela permettait aux agricultures de commencer à cultiver ces parcelles sans pesticides. 

–    Et comment cela a été accueilli par les agriculteurs chimiques de la commune ? 
–    Autant les agriculteurs bio ont sauté de joie, car ça protège aussi leurs enfants et leurs cultures, mais les agriculteurs conventionnels étaient très en colère.
–    Comptez-vous continuer dans ce sens, de protéger vos administrés au niveau des pesticides, des logements plus isolés bref, de faire des mesures écologiques ? 
–    Déjà, nous avons créé des logements sociaux très écologiques, qui sont faits en matériaux sains. Nous avons aussi travaillé sur l’air intérieur des maisons, car souvent quand on a des maisons bien isolées, si les gens amènent des produits toxiques, c’est catastrophique. Et là il y a des pesticides dans l’air dus à l’agriculture, les gens ne peuvent pas s’empêcher de respirer, donc ils respirent malgré eux des pesticides de synthèse, […] et trouvent ça intolérable. […] À partir du moment, où le gouvernement français et le tribunal administratif me signifient, à travers les jugements, que je ne peux pas protéger mes habitants contre les pesticides de synthèses, je ne sais plus par quel bout prendre les choses, je vais tenter de gagner les procès que me fait l’État, pour leur dire qu’ils ne respectent pas la législation européenne. Et face à cette carence, j’essaye de réagir et de mettre en place des protections pour les habitants de la commune. 
–    Et comment cela a été accueilli par les agriculteurs chimiques de la commune ? 
–    Autant les agriculteurs bio ont sauté de joie, car ça protège aussi leurs enfants et leurs cultures, les agriculteurs conventionnels étaient très en colère.

–    Comptez-vous continuer dans ce sens, de protéger vos administrés au niveau des pesticides, des logements plus isolés bref, de faire des mesures écologiques ? 

–    Déjà, nous avons créé des logements sociaux très écologiques, qui sont faits en matériaux sains. Nous avons aussi travaillé sur l’air intérieur des maisons, car souvent quand on a des maisons bien isolées, si les gens amènent des produits toxiques, c’est catastrophique. Et là il y a des pesticides dans l’air dus à l’agriculture, les gens ne peuvent pas s’empêcher de respirer, donc ils respirent malgré eux des pesticides de synthèse, […] et trouvent ça intolérable. […] À partir du moment, où le gouvernement français et le tribunal administratif me signifient, à travers les jugements, que je ne peux pas protéger mes habitants contre les pesticides de synthèses, je ne sais plus par quel bout prendre les choses, je vais tenter de gagner les procès que me fait l’État, pour leur dire qu’ils ne respectent pas la législation européenne. Et face à cette carence, j’essaye de réagir et de mettre en place des protections pour les habitants de la commune. 
–    Depuis, de nombreuses communes ont déclaré être favorables à votre arrêté municipal et se sont ralliées, dont des petites communes rurales, mais aussi de grandes communes comme Paris. Que pensez-vous de ce soutien des grandes villes ? 
–    Ce soutien est extraordinaire car il montre que notre intention commune est d’attaquer les produits qui sont toxiques, qui ne devraient pas être en vente. On refuse d’attaquer les paysans, qui sont victimes des pesticides, on les a même formés à les utiliser en écoles d’agriculture, et maintenant on leur dit de les supprimer. C’est dur pour eux. Et les grandes villes n’ont pas de paysans, ce qui démontre que notre objectif est bien de sortir des pesticides, où qu’ils se trouvent, que ce soit dans les copropriétés qui épandent encore des pesticides ou la SNCF qui utilise encore du glyphosate pour entretenir les bas-côtés des lignes de chemins de fer. 

Les logements sociaux de Langouet

–    Depuis, de nombreuses communes ont déclaré être favorables à votre arrêté municipal et se sont ralliées, dont des petites communes rurales, mais aussi de grandes communes comme Paris. Que pensez-vous de ce soutien des grandes villes ? 
–    Ce soutien est extraordinaire car il montre que notre intention commune est d’attaquer les produits qui sont toxiques, qui ne devraient pas être en vente. On refuse d’attaquer les paysans, qui sont victimes des pesticides, on les a même formés à les utiliser en écoles d’agriculture, et maintenant on leur dit de les supprimer. C’est dur pour eux. Et les grandes villes n’ont pas de paysans, ce qui démontre que notre objectif est bien de sortir des pesticides, où qu’ils se trouvent, que ce soit dans les copropriétés qui épandent encore des pesticides ou la SNCF qui utilise encore du glyphosate pour entretenir les bas-côtés des lignes de chemins de fer. 
–    Avez-vous un message à leur adresser, à toutes ces communes qui vous ont rejoint ? 
–    On est déjà en contact, on s’entraide, chacun trouve des arguments pour le moment où nous passerons devant le tribunal pour convaincre les juges que nous avons raison de protéger notre population et que c’est d’ailleurs un principe de base de la constitution française, le principe de précaution. On doit l’appliquer à tous les niveaux, y compris au niveau des communes […]
–    Vous n’êtes pas le premier maire à avoir mis en place des mesures contre les pesticides. A votre avis, pourquoi votre village en particulier a fait du bruit ? 
–    Cette question, je me la pose aussi. Pourquoi ? […] Nous sommes considérés comme un village très avancé sur le plan écologique. En tout cas nous essayons et le fait que je prenne un arrêté interdisant les pesticides dans un rayon de 150 mètres autour des habitations a été considéré […] comme quelque chose de cohérent au niveau de la politique communale. Je crois que l’énorme sympathie autour de l’arrêté a été déclenché par le message envoyé par Madame la Préfète à la presse en signifiant que si l’arrêté n’était pas enlevé, elle me traînerait devant le tribunal administratif. Et le jour d’après, j’ai reçu des centaines de messages, des milliers, des dizaines de milliers, venant de partout, de France, d’Europe et même du Canada, me disant de tenir bon, mais la commune n’a jamais fait un seul communiqué de presse pour dire que nous avions pris cet arrêté. Ce message a été jugé insupportable : comment peut-on empêcher un maire de protéger sa population ?
–    J’imagine que vous allez continuer à appliquer votre arrêté, même sous la menace de la justice et celle d’Emmanuel Macron dans son interview post-G7 
–    Non, puisqu’à ce jour le tribunal administratif a suspendu mon arrêté, je ne peux plus le mettre en place […]

Interview recueillie par Alexis S.

Le glyphosate, pomme de discorde

Le glyphosate, pomme de discorde

Si l’on en croit le site internent de Bayer, le glyphosate est le sauveur de la nature. Accompagnés de photos idylliques de champs remplis de coquelicots, de primevères, les articles intitulés par exemple « le rôle du glyphosate dans la préservation de l’environnement et la biodiversité » expliquent que celui-ci protège les abeilles, préserve l’environnement et n’a aucun impact sur la santé, ni des consommateurices, ni des fermier·es qui l’utilisent. Pourtant, ce pesticide est accusé, en plus de détruire (malgré leur utilité connue) les écosystèmes qui se construisent autour des champs, de causer de nombreux cancers à celleux qui l’utilisent. Tentons ici de faire le point sur le glyphosate et tous ses effets. Tout d’abord, qu’est-ce que le glyphosate ? C’est une molécule, utilisée comme herbicide qui s’attaque à toutes les plantes du champ. Avec 25 % du marché des herbicides, c’est le plus utilisé au monde, principalement vendu dans le Roundup de Bayer-Monsanto. Selon Xavier Reboud, chercheur à l’institut national de la recherche agronomique (INRA), « le glyphosate doit sa notoriété à un certain nombre de propriétés. C’est un herbicide total, c’est-à-dire qu’il va détruire toutes les espèces végétales qui possèdent un même mécanisme que le glyphosate bloque » : en empêchant la production d’acides aminés indispensables à la photosynthèse, il fait mourir la plante. Cet herbicide, continue Xavier Reboud, est « très efficace pour désherber n’importe quelle situation », ce qui explique son usage dans les champs, sur la voirie ou dans des jardins particuliers. Les agriculteurices l’utilisent entre deux cultures pour éliminer les « mauvaise herbes » sans devoir recourir au labourage, ce qui est pour elleux un gain de temps et d’argent. Ces mauvaise herbes sont pourtant appréciées des abeilles et des autres pollinisateurs, et leur disparition est, comme l’assure Paul Schweitzer, du laboratoire d’analyse et d’écologie apicole « une menace pour la biodiversité végétale certes, mais également animale car de nombreuses espèces animales leurs sont inféodées ».

En plus de pouvoir détruire des plantes très résistantes – le glyphosate se répand même dans les parties les plus isolées de la plante, la détruisant complètement –, un des autres avantages apporté par cette molécule est qu’elle disparaît au bout de très peu de temps : il suffit de quelques jours entre l’usage de celui-ci et la plantation pour que cette nouvelle culture ne soit pas touchée.

Mais le glyphosate est présent jusque dans nos assiettes : une étude de 2015 de Génération futures a montré qu’il en reste des traces dans la moitié des 30 échantillons étudiés.

À l’instar de nombreux autres pesticides et engrais, le glyphosate ruisselle et on le retrouve dans de nombreux cours d’eau, dans les nappes phréatiques, et dans les eaux de pluie. Une étude américaine a étudié l’air et l’eau d’une région d’agriculture intensive : trois quarts des échantillons contiennent des traces de glyphosate. Pourtant, le glyphosate, comme on le disait tout à l’heure, n’est pas rémanent : il disparaît très rapidement, sa demie-vie (temps qu’une espèce chimique met pour perdre la moitié de ses effets) n’excède pas quelques mois. Cette fréquence est due à l’usage très important, voire excessif, du glyphosate par les agriculteurices.

Il est évident que le glyphosate est toxique pour les végétaux, mais, depuis son invention, des questions se posent quant à sa dangerosité pour les espèces animales et notamment l’humain. Autant il existe un consensus quant à la toxicité du glyphosate chez certains mammifères (comme chez certaines souris), chez qui le lien entre l’exposition au RoundUp et l’augmentation du risque de cancer est avéré, autant il n’existe pas de consensus scientifique sur la question de la toxicité du glyphosate chez l’humain. Cet herbicide est accusé de provoquer des lymphomes non hodgkinien, des cancers du sang très rares, mais il pourrait aussi être mutagène, c’est-à-dire qu’il s’attaque à l’ADN. Résumons les dernières études sur le sujet : en 2015, le Centre International de la Recherche sur le Cancer (CIRC), organisme de l’Organisation Mondiale de la Santé, classe le glyphosate comme cancérogène probable. En considérant qu’il y a un lien entre glyphosate et cancer, elle s’oppose à de très nombreuses agences de cancérologies nationales – une division due en partie à des différences d’évaluation et de méthodologie : « le CIRC évalue ce qu’on appelle des dangers, c’est-à-dire est-ce que dans l’absolu ce produit peut être cancérigène. Il ne tient pas compte de l’exposition réelle des populations. Il y a d’autres groupes d’experts donc le but est d’évaluer les risques : le danger d’une part, couplé à l’exposition. L’EFSA [et les autres agences] font des expertises, mais l’objectif [est] de savoir si le glyphosate contaminant l’alimentation pouvait poser un problème de toxicité chez l’homme » explique Robert Barouki, biochimiste à l’INSERM.

Les dernières études en date sur le glyphosate trouvent un lien entre la molécule et les LNH. La méta-analyse (analyse de plusieurs études statistiques) de cinq chercheurs américains est très intéressante, car elle se base sur des dizaines d’études statistiques du monde entier. Elle conclut que le risque de développer un LNH a augmenté de 41 % chez les travailleureuses qui utilisent du glyphosate. 3 des 5 auteurs de cette étude avaient participé en 2016 au travail de l’agence américaine EPA, qui avait conclu que le glyphosate n’est pas cancérogène. Mais elle critiquent la méthode de l’agence, qui a utilisé les chiffres fournis par Monsanto, s’opposant ainsi à une majorité de chercheureuses invité·es à participer au panel de l’EPA. Une autre étude, parue en mai dernier, et s’appuyant sur un immense panel de 315000 agriculteurices suivi·es pendant plus de dix ans, conclut à une très claire augmentation du risque de cancer. Contrairement à d’autre études réalisées sur des patient·es déjà atteint·es du cancer qui doivent rétrospectivement se souvenir des intrants chimiques utilisés et de leur quantité, ce qui apporte de la précision à l’étude. Cette étude, qui reste pourtant décriée par d’autres chercheureuses, conclut que le glyphosate entraîne des sur-risques de 36 % de développer des LNH.

Aux États-Unis, plus de 11000 malades ont engagé une proédure judiciaire contre Monsanto. La justice américaine a donné raison aux victimes lors des deux procès qui ont eu lieu, accusant Monsanto de « malveillance », et l’entreprise doit payer 2200 millions de dollars au jardinier Dewayne Johnson et à deux particuliers américains, les époux Pilliod.

Monsanto mène d’importantes actions de lobbying, en tentant de convaincre les scientifiques des agences de cancérologie mais aussi le grand public. Les Monsanto Papers, révélés notamment par le journal Le Monde, montrent cette stratégie de propagande, et détaillent comment certains rapports d’agences de cancérologie sont en partie des copiés-collés de rapport et d’arguments de l’entreprise. Monsanto s’inquiète d’ailleurs beaucoup dans des notes internes de la dangerosité de ses produits.

Que dit la loi aujourd’hui ?

Depuis le 1er janvier 2019, le glyphosate destiné à un usage par des particulier·es est interdit.
Pour les professionnel·les, l’État s’est engagé à supprimer le glyphosate d’ici 2021. Néanmoins, il existera des dérogations pour certains usages du glyphosate (ces termes étant très flous) jusqu’en 2023.

Discours de politique d’Édouard Philippe

Discours de politique d’Édouard Philippe

Édouard Philippe a parlé de nous lors de sa déclaration de politique générale le 12 juin : « urgence écologique, comme le crient les jeunes Français à l’encontre des gouvernements et des entreprises qui n’en font pas assez », dit-il dans les premières phrases de sa prise de parole. Belle remise en question pour le premier ministre, qui, tout au long de son discours, a appelé à consacrer « les douzes prochains mois [à] l’accélération écologique », annonçant sa volonté « d’en finir » avec la (non-)politique écologique menée lors de “l’acte I” du quinquennat. La raison de cette brusque “rupture” ? « J’ai mis du temps […], à considérer que ces enjeux étaient aussi urgents que la défense de l’emploi ou la sécurité. » Mais le premier ministre a-t-il réellement compris l’urgence du dérèglement climatique et les mesures annoncées sont-elles à la hauteur pour y faire face ?

« “Accélération écologique”, c’est déjà un peu étrange de le dire comme ça, car en réalité, on n’a pas commencé. l’année 2018, a été, à l’échelle mondiale, la pire de l’histoire de l’humanité en terme d’émissions de CO2 ; donc donner l’impression qu’on est dans la bonne direction mais qu’il faut accélérer est un mensonge », estime Aurélien Barreau, astrophysicien et philosophe – notamment auteur en 2018 d’une tribune qui demande un sursaut écologique -, sur le plateau de 28 minutes, émission d’Arte. Il rappelle par ailleurs que cet engagement écologique a été promis en leurs temps par Jacques Chirac ou Nicolas Sarkozy.

Le premier ministre a divisé son “plan de bataille ” en deux grandes parties : la diminution du gaspillage et remise à plat des aides à la rénovation énergétique. « J’ai annoncé notre volonté d’en finir avec cette pratique scandaleuse qui consiste à jeter ce qui ne peut être vendu », déclare le premier ministre. Dans sa ligne de mire, le plastique, qui sera désormais totalement recyclé – « nous fixons l’objectif de 100% de plastique recyclé […] et d’étudier la mise en place d’une consigne sur certains emballages »-, et qui sera supprimé des administrations.

     L’objectif du deuxième point est de reconstruire les aides à la rénovations qui « profitent aux plus riches », avec l’idée de mobiliser des fonds privés. Le premier ministre a par ailleurs rappelé sa volonté de fermer la centrale nucléaire de Fessenheim « avant fin 2020 » et les 4 dernières centrales électriques à charbon d’ici 2022. L’objectif est de diminuer « la part du nucléaire à 50% d’ici 2035, avec le développement massif du renouvelable ». Augmentation de l’usage de l’éolien en mer et « nouvelle orientation [de la] politique hydroélectrique » seront au programme pour atteindre ce but. Le dernier point soulevé par le numéro 2 de l’exécutif est celui de l’alimentation. « Nous devons produire et manger mieux », pose-t-il. Pourtant, tout en soulignant l’efficacité très contestée du nutriscore et en appelant à réformer la Politique Agricole Commune (PAC), il n’a pas une seule fois parlé de l’agriculture biologique. Édouard Philippe a pour finir rappelé l’importance qu’il attache à deux nouvelles lois, qu’il souhaite voir votées d’ici les vacances parlementaires, qui commenceront le 30 juin.

     La première, c’est la Loi d’Orientation des Mobilités (LOM), qui porte des mesures fortes, comme l’interdiction de la vente en 2040 des voitures fonctionnant avec des énergies fossiles soit 97% des voitures aujourd’hui vendues. Cette mesure suscite la colère de certains syndicats, notamment FO qui craint la suppression de 340 000 emplois. La LOM va aussi obliger les loueu·r·ses de véhicules à renforcer leur flotte de voitures électriques. Iels devront louer 20% de voitures électriques en 2022. En outre, la LOM présente de nombreuses autres mesures dont le but est de faciliter la mobilité des Françai·ses, la gratuité du permis de conduire, l’ouverture à la concurence des lignes de bus de la RATP. Le deuxième projet de loi, qui concerne l’énergie et le climat, devant être une petite loi sans grande mesure écologique, a été transformé lors du travail en commission des député·es, à la suite du discours de politique générale d’Édouard Phillipe : il inscrit dans le du Code de l’énergie la volonté du gouvernement d’atteindre la neutralité carbone en 2050, comme le préconise le GIEC pour limiter le réchauffement climatique à 1,5°C. Les projets de loi de finance, qui définissent chaque année le budget de l’État devront désormais être accompagnés d’un rapport expliquant ses « incidences positives ou négative […] sur le réchauffement climatique ». Il fixe aussi les prérogatives du haut conseil pour le climat, composé de 12 scientifiques et acteurices de la transition écologique. Sera garanti dans la loi leur totale indépendance et l’interdiction aux lobbies d’agir auprès d’eux. Ce haut conseil sera chargé de publier chaque année plusieurs rapports, notamment sur « l’efficacité des politiques […] décidées par l’État et les collectivités territoriales pour réduire les émissions de gaz à effet de serre », les comparer avec celles des autres pays et réfléchit aux mesures qui pourraient êtres mises en oeuvre. Le projet de loi met aussi en place des mesures pour permettre aux salarié·es des centrales thermiques et nucléaires amenées à fermer de suivre des formations spéciales, une mesure pour tenter de rassurer les organisations syndicales de Fassenheim ou des dernières centrales à charbon. À partir de 2022, pour tenter d’éradiquer l’épineux problème des passoires thermiques (les logements consommant plus de 3 310 kilowattheures par mètre carré) un audit sur les travaux à faire pour réduire la consommation d’énergie devra être réalisé lors de la vente. Le gouvernement a refusé des mesures proposées par les député·es pour interdire après 2025 la location de ces habitats et pour financer les travaux de rénovation si le propriétaire n’est pas en mesure d’avancer l’argent. Le projet de loi énergie climat prévoit la simplification des procédures pour les projets d’énergies renouvelables. Il autorise aussi le gouvernement à transposer en droit français par ordonnances le contenu des lois européennes « Une énergie propre pour tou·tes les Européen·nes ». Ces mesures sont jugées insuffisantes pour permettre la neutralité carbone en 2050 par certains député·es, dont celleux du groupe écologiste de l’Assemblée.

Le Développement Durable : un oxymore ?

Le Développement Durable : un oxymore ?

Qu’est-ce que le développement durable ?

 

     Le développement durable est un concept apparu dans le rapport Brundtland en 1987, il propose de concilier 3 aspects : le social, l’économique, et l’environnemental. Selon ce rapport « Le développement durable est un mode de développement qui répond aux besoins des générations présentes sans compromettre la capacité des générations futures de répondre aux leurs. ». L’idée est alors que l’on peut trouver un modèle économique conciliant croissance économique et respect des limites naturelles et des droits de l’homme. Cependant la présence du “développement” dans cette notion pose question.

 

Un développement peut-il être durable ?

 

     En 2009, dans une interview au magazine Terra Eco Nicolas Hulot dénonce l’abus que l’on fait de ce terme et a « l’impression qu’il ne s’agit plus que d’une camomille mielleuse destinée à nous faire ingérer nos excès ». Ainsi, aujourd’hui les États, les entreprises, en passant par les institutions internationales, tout le monde récupère ce concept devenu à la mode, n’est-ce pas suspect ?

     Selon Bertrand Méheust, auteur du livre La politique de l’oxymore « le développement durable est un oxymore. Si on prend ce terme au pied de la lettre, il contient sa contradiction. Le développement est pensé comme infini alors que nous vivons dans un monde fini. ». L’idée sous-jacente de croissance économique est clairement présente alors que c’est ce même objectif qui nous a amené à la suite de ce qu’appelle Gras la mutation thermo industrielle à exercer une prédation sur notre environnement et provoquer un réchauffement global de la planète Terre et toutes les conséquences qui vont avec (augmentation du niveau de la mer, acidification des océans, sécheresses, intensification des évènements extrêmes, déplacement de populations….). Méheust remet en cause également la croissance verte, d’après lui « Le slogan du développement durable peut devenir un outil de propagande. Il sert à maintenir les esprits captifs de l’illusion que la société peut continuer dans la voie dans laquelle elle est engagée, avec seulement des retouches, même importantes. C’est l’illusion de « la croissance verte » ». Les post développementistes blâment également ce concept, pour eux l’utilisation du qualificatif durable est avantageux pour ses partisans car il nous faire croire que le développement peut être inscrit dans la durabilité. Son utilisation est aussi une manière de rassurer les citoyens, leur donner l’illusion d’un changement, alors que très peu voire rien n’est fait, si ce n’est de beaux slogans ( « Make Our Planet Great Again » ) , des alertes ( « Notre maison brûle et nous regardons ailleurs » ), ou encore des trophées. Le constat est frappant : depuis l’apparition de ce concept, les émissions de Gaz à effet de serre mondiales ne cessent d’augmenter, la pollution atmosphérique croît inexorablement, et les inégalités sociales atteignent des niveaux records notamment dans les pays « émergents » ou « en voie de développement » comme en Chine ou en Inde, pays dans lesquelles la croissance économique a parfois été à deux chiffres. C’est aujourd’hui 2,2 milliards de personnes qui sont concernées par la pauvreté ou en passe de l’être, 815 millions de personnes souffrant de malnutrition. De fait, ces gens paraissent exclus du développement économique global, le démantèlement des services publics et de l’État providence n’aidant pas à améliorer leurs conditions.

     Par ailleurs l’acceptabilité du développement durable par les multinationales met en doute la fiabilité de celui-ci.

Un concept au service des multinationales et du greenwashing ?

 

     TOTAL, qui figure parmi les 20 plus gros émetteurs de Gaz à effet de serre de la planète se targue de placer ses « engagements environnementaux et sociétaux au coeur de notre stratégie […] agir de manière durable au quotidien. C’est tout cela être engagé pour une énergie meilleure ». Dans cette stratégie figure le fait de « Développer des biocarburants pour un transport plus durable ». Pourtant ce biocarburant n’aurait rien de durable car composé largement d’huile de palme selon une étude de Reporterre, culture soit dit en passant grandement responsable de la déforestation et par conséquent de la séquestration des puits de carbone que sont les forêts. Le développement durable est de ce fait véritablement au service des multinationales, celles-ci pouvant se consacrer à des opérations de greenwashing ou « marketing vert » visant à leur donner une bonne image sociale et environnementale. En outre cette notion est souvent associée aux énergies propres, renouvelables, bas carbone. Les énergies dites renouvelables sont aujourd’hui plébiscitées par les pouvoirs publics et les entreprises, toutefois bien que ces énergies pourraient permettre une moindre consommation de combustibles fossiles, leur construction nécessitent l’extraction de métaux souvent difficiles à recycler. L’utilisation de la voiture électrique est également critiquée du fait de la fabrication de sa batterie et sa consommation électrique parfois liée aux centrales à charbon. Si pour beaucoup la transition écologique passe par l’innovation et les nouvelles technologies, certains vont à l’encontre de cela en promouvant la sobriété énergétique, particulièrement les partisans des low-tech comme Philippe Bihouix qui précise que « Plus on va vers des objets technologiquement enrichis, avec de l’électronique intégrée, des alliages de métaux ou des matériaux composites moins facilement recyclables, plus on s’éloigne de l’économie circulaire, ce qui est le but d’une économie plus low-tech ». Ce concept va à l’encontre du high-tech et vise à utiliser des produits plus simples, plus sobres, réparables et construits localement. L’intégration du développement durable dans l’éducation est aussi une menace, l’Unesco a été chargé par les Nations unies de promouvoir le développement durable dans tous les systèmes éducatifs mondiaux. Lucie Sauvé (titulaire de la chaire de recherche du Canada en éducation relative à l’environnement) critique le fait qu’en « adoptant une posture instrumentale, l’éducation devient ainsi un outil au service du programme politico-économique mondial de développement durable », il est présenté naïvement comme « la pierre philosophale pour résoudre tous les problèmes, la clé d’un nouvel Eden ». Dans les programmes de géographie au collège ou au lycée, le développement durable est exposé comme le sauveur de populations et territoires autrefois délaissées ou maltraitées, l’exemple de Madagascar est souvent pris. En économie, les notions de soutenabilité faible et forte sont abordées, l’économie classique basée sur les théories d’Adam Smith est majoritaire dans l’enseignement universitaire mais aucun autre concept alternatif n’est évoqué, la décroissance est par exemple souvent caricaturée et jugée comme une idée utopique. Nous voyons là que l’objectif est clairement de donner aux jeunes citoyens un paradigme de croissance, de développement, de progrès. Pourtant, dans un contexte actuel d’urgence climatique, social et écologique, il serait plus judicieux de mettre en avant des modes de vie et des modèles économiques vraiment durables.

 

La décroissance, favoriser la sobriété pour un monde durable ?

 

En 1972 le rapport du Club de Rome « Halte à la croissance » a alerté sur les effets néfastes de la croissance économique amenant à un effondrement en 2030 de nos sociétés industrielles.

Un modèle tranchant vraiment avec le fonctionnement de nos sociétés contemporaines est la décroissance. Il part du principe qu’« une croissance infinie est incompatible avec une planète finie » . L’objectif est d’abord de décoloniser notre imaginaire d’un idéal de croissance, de développement, de progrès etc… Des mots toxiques selon Ivan Illich. Pour Serge Latouche l’économie de croissance est fondée sur une triple illimation : de la production, de la consommation, et donc des déchets et de la pollution. Cette économie ne serait donc pas durable. L’alternative prônée est la décroissance, cela reviendrait à transformer radicalement le fonctionnement de la société en changeant les esprits, c’est à dire décoloniser notre imaginaire. L’objectif étant de limiter la catastrophe écologique. C’est à travers des idées mais aussi des initiatives concrètes que le changement se fera. Certaines actions se développent déjà tel que le bio, les monnaies parallèles favorisant le circuit-court, le végétarisme, les low-tech etc…

Une économie de croissance ne peut plus durer, le développement durable par ses effets pervers, son inefficacité et le fait qu’ils entretienne le système économique en place ne peut être la solution, pourquoi ne pas passer à un modèle plus respectueux de la nature, des animaux, mais aussi de l’humain ?

Petite histoire d’inertie climatique

Petite histoire d’inertie climatique

La révolution industrielle
Lorsqu’on pense à la Révolution industrielle, on a l’image du charbon, des usines crachant des fumées grises, des cheminées noires de suie… Tout commence avec la découverte au milieu du XIXe siècle d’une nouvelle énergie, la vapeur, produite grâce au charbon. Cela entraîne une mécanisation massive et une révolution des transports. Cependant, cela marque également les débuts du capitalisme tel qu‘on le connaît, de la mondialisation et de la pollution. Ces phénomènes s’accélèrent encore lorsqu’à la fin du siècle on découvre deux nouvelles énergies : les hydrocarbures et l’électricité. Le système boursier se met en place (à Londres historiquement) et le système actionnaire conduit à la création des grandes banques banques internationales. Lors de cette période, on voit naître de nombreux appareils et procédés, notamment les ampoules, la radio, les fibres synthétiques, les voitures… De nouvelles méthodes de production sont mises en place : il faut produire plus vite, mieux et moins cher (travail à la chaîne chez Ford par exemple). C’est également la période où la publicité se multiplie. Les transports étant plus fiables et rapides (bateaux, trains, automobiles…), l’échange de marchandises devient plus facile et cela participe grandement au début de la mondialisation.

Vous l’aurez compris, la révolution industrielle est un peu le ciment de notre société moderne. Beaucoup de procédés inventés pendant cette période servent encore aujourd’hui. Malheureusement, ils ne devraient plus être d’actualité : depuis que l’on fait un usage massif des hydrocarbures, le taux de CO2 dans l’air a véritablement explosé. D’un point de vue écologique, c’est une véritable catastrophe, mais les enjeux sociaux ne sont pas ménagés non plus : 85% des richesses sont détenues par 1% de la population, à cause du système qui continue d’enrichir les plus aisé·es et qui finira par tuer les plus modestes. Car ne nous leurrons pas : quand en 2050, il y aura 40% d’eau potable en moins pour 30% de la population en plus, seul·es les grand·es chef·fes d’entreprise auront les moyens de se payer ce luxe” pourtant vital. Mais en France autant qu’ailleurs, nous serons forcément touché·es par le réchauffement climatique. Il est temps d’abandonner ces pratiques maintenant obsolètes et de se tourner vers un nouveau système. Il ne suffit pas de soutenir ce changement, il faut le provoquer !

Vous aviez quatre heures, il ne vous en reste plus qu’une…

Le climat est un sujet révoltant, démoralisant, angoissant à raison. L’horloge tourne et rien ne semble aller assez vite. Le pire finit trop souvent par sembler irrémédiable. Et pour cause. Cela fait 100 ans maintenant que des individu·es et des groupes sonnent l’alerte, qu’iels s’époumonent au milieu d’un désert sourd et endormi. Mais au prix d’efforts et de détermination, les quelques graines qu’iels ont réussi à semer ici ou là commencent aujourd’hui à germer.

Il ne nous reste plus qu’une heure, mais nous avons en main de nombreuses clés pour agir et mettre en place toustes ensemble des sociétés respectueuses de la terre et de l’humain, capables de faire face au réchauffement climatique. Aucune de ces clés ne se suffit à elle seule, elles doivent se compléter, s’additionner, former un tout immense capable de changer la tendance. Depuis ces 60 dernières années, l’acte le plus récurrent a été un acte individuel et intime, celui de changer sa manière de vivre et de consommer. Cet acte ne changera pas le monde, mais c’est une manière de vivre selon ses convictions, en accord avec soi-même. Commencer par se changer est d’ailleurs plus simple aujourd’hui, où les démarches alternatives et collectives se multiplient et deviennent plus accessibles (maraîchage bio, pistes cyclables, etc).

La deuxième grande clé est celle de la sensibilisation. C’est-à-dire parler et débattre autour de soi des questions climatiques. Poster un fait brut sur les réseaux sociaux, diffuser un documentaire, conseiller un livre, animer des ateliers… Tout cela dans le but que le plus de personnes possible prennent conscience des changements actuels et à venir.

La clé suivante est plus complexe. Durant les trois premières heures de ce grand combat climatique, de nombreux courants de pensée se sont formés et avec eux des mouvements et des associations. Il nous reste énormément à faire, mais beaucoup de choses ont déjà été théorisées, écrites et mises en place. Et tous ces essais climatiques, ajoutés un à un nous montrent la voie vers une manière plus collective d’agir et de changer la tendance. Ils mettent en évidence les deux dernières grandes clés de ce combat climatique.

Tout d’abord les États et les grandes entreprises étant les principaux coupables, c’est à eux de changer rapidement la tendance, en prenant des décisions à la hauteur de l’urgence climatique. C’est ainsi que se sont succédées les COP, pour essayer de trouver des solutions.

Cependant, ces derniers ne se bougeront pas si nous, citoyen·nes, ne réagissons pas en masse aux prévisions toujours plus alarmantes des scientifiques, si nous n’établissons pas de rapport de force. Et c’est ce qu’ont essayé de fait de nombreuxses activistes depuis bien longtemps maintenant. C’est ce qu’ont réussi Extinction Rebellion en avril : après onze jours de mobilisation à Londres, le parlement a voté la très symbolique « urgence climatique ». Et c’est ce que tentent et réussissent chaque jour des particuliers et des collectifs en amenant devant la justice des gouvernements et des grandes entreprises comme Bayer-Monsanto. C’est ce que nous faisons lors des grèves pour le climat en rassemblant depuis le début de l’année toustes celles et ceux qui ne veulent plus rester inactifs face au réchauffement climatique.

Les politiques incompétents

Malgré les cris d’alarme et les preuves accablantes prouvant que notre planète va mal, nos dirigeants font la sourde-oreille. L’indifférence de nos soi-disant représentants, leaders du greenwashing et de la croissance verte face à l’urgence climatique a donc poussé quelques associations à mener des actions, comme celle de « Bloquons la République des Pollueurs », afin de leur rendre l’audition. Cette mobilisation jamais vue auparavant dé »nonce très clairement l’incompétence et le désintérêt que portent ces entreprises concernant toutes les mesures pouvant être prises en faveur de l’environnement. Tant d’un point de vue énergétique que d’un point de vue économique et agronomique, nos politiques agissent toustes en faveur des multinationales, voire sous leur ordres, en permettant par exemple à Monsanto-Bayer de rédiger certains de nos amendements. Notre société, basée sur une croissance infinie sur une planète aux ressources limitées n’est plus viable. Un pas en avant avec une petite mesure prise par le gouvernement, pour trois pas en arrière avec ce que l’État autorise ou cautionne, voilà dans quelle société capitaliste nous sommes contraint·es de vivre aujourd’hui. Pendant ce temps, le « jour du dépassement » survient de plus en plus tôt, d’année en année. Pendant ce temps, les forêts sont rasées, la banquise fond, les espèces disparaissent. Pendant ce temps, nous sommes tout simplement en train de nous détruire nous-même. Mais pendant ce temps, tu peux, je peux, nous pouvons toustes accomplir des gestes au quotidien pour sauver notre avenir, et celui de l’humanité. Rebellons-nous contre l’inaction politique face à l’urgence climatique !

 

Les grands freins à la transition écologique

De nos jours, la transition écologique est totalement cadenassée de l’intérieur. Parlons tout d’abord de l’aspect énergétique. Chaque jour, des quantités astronomiques d’énergie sont consommées, comme si nos ressources étaient inépuisables. Elles sont principalement produites par le charbon, le pétrole et le gaz, des énergies fossiles, donc en quantité limitée, qui représentent 92 % de notre consommation mondiale. Il va alors falloir apprendre à devenir autonome au plus vite, car en cas de pénurie énergétique, nous sommes mort·es. L’attention est aujourd’hui tournée sur les énergies renouvelables. Malheureusement, les panneaux solaires sont très énergivores lors de leur construction, tout comme les éoliennes. Les batteries des voitures électriques contiennent du lithium, et des terres rares, ressources minières épuisables rapidement, au même titre que le pétrole.

Tout ça pour une mise en place longue, coûteuse, et avec un faible rendement énergétique, qui ne peut tout simplement pas s’adapter au problème mondial actuel. Une des énergies les plus décarbonées, le tristement célèbre nucléaire, produit par contre des déchets radioactifs : nous sommes dos au mur. Il faudra accepter de vivre dans un monde en décroissance, et cesser d’entretenir un système qui nous détruit peu à peu. Qui dit décroissance dit fin de la consommation, et cela ne va absolument pas de pair avec notre modèle capitaliste, à la recherche continuelle d’un nouveau moyen de faire des profits. Les multinationales dominent quant à elles l’économie et le système capitaliste de notre monde. Très polluantes, elles freinent la transition écologique, qui ne sert absolument pas leurs intérêts primordiaux : le pouvoir et l’argent.

Au niveau international, il faut aussi se rendre compte que les pays en cours de développement, premiers touchés par les catastrophes naturelles, n’ont plus la possibilité de se construire comme nous autres, au vu de la situation actuelle. Les pays développés doivent alors les aider dans leur transition écologique, économique et énergétique, afin qu’ils ne reproduisent pas les mêmes erreurs que nos pays occidentaux. Nous avons toustes notre rôle à jouer. Mangeons bio, local, de saison et plus végétal, cessons de surconsommer, boycottons les produits à base d’huile de palme, faisons nos petits trajets à vélo… N’oublions pas que c’est petits gestes, qui ne sont évidemment pas suffisants à eux seuls, participent à reconstruire peu à peu notre mode de vie qui changera irrémédiablement. Afin d’agir de manière plus offensive, n’hésitez pas à rejoindre des associations, des manifestations, ou mêmes des mouvements de désobéissance civile, afin de réclamer la justice climatique et sociale !


Situation actuelle

Situation actuelle

L’humanité fait la forte tête.  Face à ce que l’on peut appeler aujourd’hui la sixième extinction de masse, avec une disparition des espèces 1000 fois supérieure à la normale, citer des chiffres ne suffit pas pour faire réagir. Les changements vitaux pour notre survie sont sans cesse reportés au lendemain. Comme si l’on ne manquait pas déjà de temps. Mais maintenant, le changement est pressant. Il est vital depuis bien trop longtemps.

Chaque seconde, la fonte des glaces en Antarctique entraîne une perte d’environ huit tonnes de sa masse, soit 8,7 millions de litres d’eau déversés par seconde dans les océans. La fonte totale des glaces de l’Antartique entraînerait une élévation du niveau des océans d’environ 57 mètres. Je vous laisse essayer d’imaginer la catastrophe sur les îles et les littoraux.

Chaque minute, près de neuf millions de tonnes de déchets plastiques pénètrent dans les océans. Quelle ironie du sort, quand on sait que plus de 50% de notre oxygène y sont directement liés. Chaque heure, environ trois espèces disparaissent définitivement. de nos jours, plus de la moitié des animaux a disparu, avec plus d’un tiers des oiseaux sur le territoire français, favorisant la prolifération des insectes invasifs qui détruisent nos récoltes.

Et ça ne s’arrête pas là.

À vous qui nous lisez aujourd’hui, pensez-vous réellement que vivre dans cette société consommatrice, consommable, factice et non-durable vaille le coup, si cela implique d’annihiler toute chance de survie à l’humanité, à vous-même comme à vos enfants ?

Changeons aujourd’hui, afin d’apercevoir un nouvel horizon, moins sombre.

Demain, il sera trop tard.

Ce n’est pas la planète qu’il faut sauver, mais nous-mêmes.

Augmentation des températures…

Tic, tac, tic, tac… c’est cuit !

Quand on parle climat, la montée des températures est sur toutes les lèvres.
Mais qui dirait non à un été plus long et plus chaud, pour se la couler douce un peu plus longtemps à la plage ? Sauf que lorsque nous nous attardons sur le sujet, cela laisse penser qu’il faudrait peut-être aller ranger ses sandales et s’activer, pour sortir le monde de la fournaise dans laquelle nous l’avons plongé. Car il pourrait bien être en train de cramer.

Si dans 10 ans, nous n’avons pas réduit de 45% les émissions de CO2 au niveau mondial, et de 100% d’ici 2050, le scénario le plus positif, celui des +1,2°C par rapport à l’ère pré-industrielle, qui sera largement dépassée. Avec ce scénario, qui reste le meilleurd’entre tous, les zones les plus prospères des États-Unis se transformeraient en désert, même si l’adaptation serait toujours possible pour la plupart d’entre nous. Sachant que nous sommùes déjà actuellement à +1,25°C environ, cela ne nous laisse que très peu de marge de manœuvre.

Mais nous sommes dans la réalité, et même si tous les pays ayant signé l’accord de la COP21 respectaient leurs engagements, il faudrait s’attendre à être confronté à une élévation de +3 à +4°C en 2100. Je vous vois venir, mais sachez que le changement climatique n’attendra pas jusqu’au 31 décembre 2099 pour se manifester. Il est déjà là. Vous rappelez-vous de l’été caniculaire de 2003, responsable de 15000 morts en France ? Cela deviendrait un phénomène.. habituel. De nombreuses grandes villes, comme New York, seraient rayées de la carte, au même titre que quasiment toutes les îles du Pacifique. Un climat chaud qui n’a pas existé depuis près de trois millions d’années, voilà dans quoi nous sommes en train de nous enfoncer, dès maintenant. Les plus grands fleuves du monde s’assècheraient, tandis que la forêt amazonienne, symbole de la vie et poumon de notre planète, ne serait plus qu’une vaste étendue désolée et aride.

Et attention, le scénario ci-dessus est encore bien positif. Compte tenu de notre trajectoire actuelle, nous fonçons tout droit vers une augmentation de la température de 5°C ! C’est l’amplitude qui nous sépare de l’âge glaciaire, mais cette fois-ci en sens inverse. Avec 5 degrés de plus, la machine terrestre se brisera. L’humanité pourrait être totalement anéantie.

Un monde apocalytptique se dessine. Et cette fois-ci, ce n’est pas une fiction. Vous le savez désormais, l’enjeu n’est pas uniquement de sauver les fleurs et les abeilles. Mais nous avons aujourd’hui toutes les clés en main pour limiter la casse. Nous sommes de plus en plus à nous rendre compte de l’urgence climatique, à nous rebeller. Car chaque millième de degré en moins sur le thermomètre planétaire représente un espoir énorme, pour limiter la hauteur de notre chute.

Dès maintenant, cessons alors d’entretenir le pouvoir capitaliste qui nous vend un soi-disant “progrès”, tout en déchirant notre avenir.

Dès maintenant, c’est à nous de faire monter la pression, de provoquer le changement.

À nous de choisir entre la survie de l’humanité et son extinction.

À nous de lancer l’alerte !

Sources :

– Les chiffres alarmants de WWF sur la pollution des océans par les plastiques, Atlantico
– Disparition d’espèces dans le monde, Planétoscope
– Fonte des glaces en Antartique, Planétoscope
– Climat : l’illusion démobilisatrice du scénario à 1,5°C, Libération
– Climat : les trois scénarios du réchauffement de la planète, Le Journal du Dimanche
– Avec 3°C de plus, l’emballement climatique irréversible, Médiapart
– Climat : vers 4 à 5 degrés de plus à la fin du siècle à Paris, Le Monde
– Comment tout va s’effondrer, Julien Wosnitza